‹ L' âme et la solitude (volume 2)Chapitre 3 sur 46 · LE BONHEUR · texte numérisé non relu

LE BONHEUR

Hélas ! que d’inse'nsés sont bercés par ce songe ,

De trouver ici-bas une tranquille paix !

Le plaisir le plus doux est un ptlis doux mensonge Que nous payons toujours par de cuisants regrets^ Déroulerai-je encor cette jhonteuse image D’un, monde où Se ternit, l’aurore de mes ans , Qu’abhocre le chrétien , que méprise le sage ,

Et qui ne se repaît que d’impurs aliments?

Oui^ parais à nos -yeux, idole mensongère, *

Qui câches tes lambeaux soùs des vêtements d’or ; Squs l’air de la grandeur dérobe la misère,

De tputes-'tes faveurs épuise le trésor ;

Eh bien! qu’apportes-tu pour contenter notre âme?

Sorit-ce tes ris, ta gloire et tes ppmpeux honneurs? < . • ; . - Est-ce de tes plaisirs la pétillante flamme

Qui s’éteint d’elle-même en flétrissant nos cœurs! Ab! c’est bien vainement qù’écoufant te.s promesses, M.ous cherchons Je bonheur en marchant surfes pas; iMous, trouvons la misère au Jieu de tes richesses, -

Un squetette hideux au lieu de tes appas. '

].E-SO\iiElB.

Malheur à qui boira de cette source impie Qui ne laisse couler qu’amerturner-, et. que fiel ! Du c al ioe - trompeur il sentira, la lie , •

Sans avoir pu- trouver «ne goutte de miel U •

Cependant si notre âme, en sortant d’esclavage

Rougit d’avoir souffert ces indignes liens , '• Perdra-t-elle- l’espoir,, au printemps de son âge , D’arriver au bonheur par de nq« veaux chemins

Non. Cet ardent désir qui naquit avec elle Ne lui permettra point un tranquille loisir;

De ce (lambeau divin cq compagnon fidèle S'enflamme à sa luifiière et ne saurait périr*; ~

Il lui faut à tout . prix une heureuse «carrière. ’ ,

C’est en vain que du temps' les bras dévastateur

Entassent de vaut -lai poussière sur poussière ; Au miHèüdes débris. il rêve les grandeurs. . ' Ainsi, lorsqu’abüsé par une. image vaine, "• •' .T’ai subi le remords de coupables erreurs^

M' BOKHFXft.

Quelque cruel qûe-ftH le sujet de nia peine ,•

Toujours un vague espoir -se mêlait à mes pleur*. , Etait-.ce un de» rayons. dé ces jours d’inriooence ' ■ Qui perçait à travers cés ténèbre» d’hforcéur? : • • :

D’un jour calme et serein était-*;e l’apparence ?

Ou d’était-ce plutôt* qu’une fausse lueur?

AhI je mVsens pressé de savourer les charmes.

D’une vie à l’abri des flbts tumultueux ! *. . ; ' *

Bois , rochers , solitude exempte des alarmes , Entourez de votre omhré un désir plus heureux ! *-

-Que l’aimable printemps , réveil- dé la nature, Ramène avec les fleurs des attraits 'toüt nouveaux;

Qu 'imita rît le ruisseau protégé de-Verdure Mes jours purs:, ignorés, couledt comme ses eauxt .Je hâterai mes pas au lever de l’aurore,

Sur ce* coteaux riants , tout*rougis .de ses feux»;.'

Seul , âvec le Tepos qui partout règne encore , - ’ «

J)’u« hymne matinal je sarlûrai les cieuxt •

Je verrai te ruisseau qui ooule dans la pj aine , Dégager son Cristal des nocturnes vapeurs»; . • *

LE BtfftHElR.

Du folâtre zéphir la caressante haleine * >

Disperser les parfums' quelle dérobe aux fleurs;

Les perle» de la nuit sur la' tige inclinée .

Rayonnant, et J'oiseâu qtii s’arrache au sommeil- •

Par des -accents plus doux que ceux de la journée,

Annoncer aux forêts son paisible soni'meih •

Tout prend une âme alors au sein de la nature ;

Le laboureur content comihénce ses travaux;

Le fleuve a ses filets, le guéret sa culture,

Le’ pâtre sa chanson - , la plaine ses troupeaux;

Et moi, je trouverai l’asile solitaire

Où des soins innocents mêlés à mes plaisirs, *

> * Sans peine se ferdnt une part salutaire

De jours exempts d’éclat comme de repentirs.

Si je voulais encor, pour embellir ma vie ,

Je pourrais à l’hymen demander ses laveurs;

Seule à seul au désêrt. ... le regard d'une aiqie •

Est un baome'si doux à toutes nos laijgueùrs-l ‘ /

» Aux, feux ardents du jour ensemble sous l’ombrage. Au coucher du soleil ensemble au bord des mers , Prenant pour confidents les vagues, le feuillage, .. Je vaudrais avec elle oublier l’univers.

Mais q^e vois-je? et quel est ce fantôme-livide Qui se lève hideux du fond d’un noir cercueil? C’est'la Mort , agitapt une faux homicide , , .

Qui couvre ce tableau d'une teinte de deuil;

En vain , pour ranimer une folle espérance.

Je tâche d’écarter ce spectacle effrayant; . - Le spectre à pas prèssés devant mes yeux s'avance y Et tous ces vains secours rentrent dans; le néant. Ainsi lorsque des bois la feuille verdoyante Sent un souffle au midi qui la fait frissonner, . . Adieu fontaine, adieu zéphir, fleur odorante,

• On la voit s’agiter, pâlir et se faner. . .

Fuyez donc loiu de moi , décevantes chimères., Cessez enfin de tendre un' piège à pOt.re coeur; .

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Cherchant le rocher tutélaire ’r y. /

.". V : x ' Où le flot se brise à mes pieds , ..

. • Dans le lieu le plus solitaire • . i .

■ / Tristement je m'assieds, i . . '

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