‹ L'âme et la solitudeChapitre 25 sur 41 · L'ORPHELIN · texte numérisé non relu

L'ORPHELIN

LORPUELIN.

J'ai froid, j'ai peur! qui plaindra ma misère? Depuis trois jours sans un morceau de pain !

Errant et nu Oh! je souflVe, ma mère!

Ma mère, ô ciel 1 je ne sens plus ta main.

I/ORPUELIN.

Quoi! si petit, et tout seul dans le monde !... Seul! quels sentiers vais-je donc parcourir? J'avais bien vu ta tristesse profonde , Mais je croyais que nous devions mourir.

Mourir tous deux!.., aller tous deux ensemble Toujours, toujours!... Tout le long du chemin Tu me disais que le bon Dieu rassemble , Quand il lui plaît, le père et l'orphelin.

Mon père, hélas!... jamais dans cette plaine Je ne l'ai vu s'asseoir auprès de toi ; C'était pour moi que tu tissais la laine : Quand tu pleurais, c'était seule avec moi.

JjC soir, lassée au seuil de la chaumière , Tu déposais ta besace en tremblant ; Et tous les deux, faisant notre prière, Tu me disais : « Pense à lui , mon entant ! »

lit j'y pensais — — Je pensais en moi-même 2 Il esl là-haut ujoins mallieureux qu<' n(»us;

I/OnPHEI.IN.

Mais t'écoiilant me dire : o Oh ! que je t'aime ! » Je m'endormais calme sur tes genoux.

Et maintenant , plus d'ami , plus d'asile , Plus de sommeil!.,. Ma mère , m'entends-tu?... Mon Dieu, mon Dieu, que sa tombe est tranquille ! Ah î par pitié, que je te sois rendu !

Offobic |S5-^. .

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