L'ORPHELIN
LORPUELIN.
J'ai froid, j'ai peur! qui plaindra ma misère? Depuis trois jours sans un morceau de pain !
Errant et nu Oh! je souflVe, ma mère!
Ma mère, ô ciel 1 je ne sens plus ta main.
I/ORPUELIN.
Quoi! si petit, et tout seul dans le monde !... Seul! quels sentiers vais-je donc parcourir? J'avais bien vu ta tristesse profonde , Mais je croyais que nous devions mourir.
Mourir tous deux!.., aller tous deux ensemble Toujours, toujours!... Tout le long du chemin Tu me disais que le bon Dieu rassemble , Quand il lui plaît, le père et l'orphelin.
Mon père, hélas!... jamais dans cette plaine Je ne l'ai vu s'asseoir auprès de toi ; C'était pour moi que tu tissais la laine : Quand tu pleurais, c'était seule avec moi.
JjC soir, lassée au seuil de la chaumière , Tu déposais ta besace en tremblant ; Et tous les deux, faisant notre prière, Tu me disais : « Pense à lui , mon entant ! »
lit j'y pensais — — Je pensais en moi-même 2 Il esl là-haut ujoins mallieureux qu<' n(»us;
I/OnPHEI.IN.
Mais t'écoiilant me dire : o Oh ! que je t'aime ! » Je m'endormais calme sur tes genoux.
Et maintenant , plus d'ami , plus d'asile , Plus de sommeil!.,. Ma mère , m'entends-tu?... Mon Dieu, mon Dieu, que sa tombe est tranquille ! Ah î par pitié, que je te sois rendu !
Offobic |S5-^. .