I.E JOUR DES 1UOKT.S. I
S'amortir l'impradenle flamme Qu'alimente un espoir trop vain?...
Quand un souvenir nous retrace Ceux dont nous suivîmes la trace Jusques aux portes du saint lieu , Le cœur retombé sur lui-même, Dans ses pleurs , dans son trouble extrême , Qui ne s'écria pas : « Mon Dieu!.,. »
Ail! qu'il vienne, un instant, ignoré de la foule, Celui qui pleura seul , que le monde refoule ,
Que sécha le feu des désirs; Qu'il vienne sur ces croix exhaler ses soupirs; Et son âme , semblable à la tige flétrie Qui se penche et renaît sous un souffle nouveau , S'étonnera bientôt de se trouver nourrie
Des larmes qu'on verse au toml)eau.
C'est la jeune fille qui plie Ses deux genoux sur le gazon , Et qui de ses regards supplie [/aurore d'ini aulrc horizon ;
18S i.i; JOlli DES MOliTS.
('est !e vioillard doiil la voix loiiihe,
Qui tremble et demande à la tombe
Ses enfants tous morts avant lui,
Et qui , las de marcher encore ,
Dit , dans l'ennui qui le dévore :
« N'est-ce point mon tour aujourd'liui? »
C'est le pauvre de la vallée, Fatigué du poids de ses ans , Qui , sur une tombe isolée,
S'assied et lui parle long-temps
C'est celle que le cœur d'un père N'a pas le pouvoir d'apaiser, Qui s'incline et dit : « O ma mère ! » Donne encore un dernier baiser! «
C'est un frère, un ami dont l'œil fixe révèle L'abîme que creusa le premier lendemain ; C'est une épouse, hélas! toujours aussi fidèle, Qui s'avance en tenant son enfant par la main :.. . — Va , lui dit-elle, va!.,. Vois-tu l)ien cette jiierre. H est làî... Qu'il l'ainiail !... Remplis la mission..