AU CIMETIÈRE
Par la simplicité.... C'est depuis bien long-temps Qu'une mère, sans doute, y posa ses présents; Ces roses, ce collier, cette fleur d'immortelle. Hélas! tout est flétri 1... Mais peut-être avec elle Dieu t'aura réuni! Pourtant je ne vois pas Tout autour le gazon moins épais sous mes pas ; Mais qu'importe ? ce lieu n'est pas ton seul asile : L'homme peut le souiller et le rendre stérile ; 11 en est un qui règne à l'abri de sa main , Qu'il ignore aujourd'hui, jnais qu'il verra demain.
Levons-nous, parcourons ce coteau de silence ;
Combien il a grandi!... Comme une mer immense
Qui gagne flot à flot le rivage habité ,
Bientôt il étreindra sa géante cilé ,
Et lui fera râler sa dernière agonie.
Paris, ah! c'est ici que ta gloire est finie.!
Ici tu n'es plus rien... Malgré tes vains eflbrts.
Ton nom disparaîtra dans la cendre des morts! —
Et pourquoi , non content de sa paix qui m'inonde, Yais-je jeter mon nom aux périls de cette onde
DU 1>ÉRE LACUAISE. 2.11
Qui le ballottera dans ses flots écumeux? Peut-être, plus obscur, j'eusse été plus heureux ! Mais j'entends une voix qui me crie en mon âme : v Parle, parle toujours;... laisse échapper la flamme )) Qui te brûle, et dis-leur, du fond de ton néant, y> Que l'homme t'a menti, que ton Dieu seul estgrand!»
aoMi.i i835.
LE RETOUR