ESTHÉTIQUE
nous faisons du tort à d’autres, lorsque nous désirons ou faisons quelque chose de mauvais ou d'antisocial, et qui nous poussent à éviter d'accomplir de mauvaises actions et au contraire à en exécuter de bonnes, c'est-à-dire de sociales ou altruistes. La conscience s'éveille aussi lorsque nous n'accomplissons pas une action bonne et sociale que nous pourrions et devrions faire, parce qu’en la négligeant le mal se produit. La conscience morale exige de nous qu’au mépris des appétits égoïstes qui nous poussent à jouir, nous fassions ce que nous appelons notre devoir, c’est-à-dire ce que nous croyons devoir faire pour le bien des autres et de la société, et que nous nous abstenions de faire ce qui léserait notre devoir. On voit donc que si nous voulons faire notre devoir selon notre conscience, nous avons à accomplir des combinaisons de représentations, de sentiments finement nuancés et de voûtions. Or, tandis que le sentiment du devoir luimi'mc est en majeure partie héréditaire et inné, ses objets sont à un haut degré appris et sont déterminés en grande partie par les mœurs, la convention et l’habitude. Mais il existe des hommes qui dans leur caractère héréditaire n'ont que très peu ou pas de conscience, c’est-à-dire qu’ils n'éprouvent pas de sympathie ni de sentiment du devoir envers les autres, ni envers la société. Chez ces individus, dits amoraux, l’accomplissement du devoir ne peut être que plus ou moins appris par l’habitude, et il ne se fixe jamais solidement chez eux. Chez beaucoup d'autres, la sympathie et le sentiment du devoir existent, mais sont exclusifs, bornés à certains individus auxquels tout est sacrifié: le moi comme le reste des hommes. C'est là ce qu'on a appelé l’égoïsme à deux ou à quelques-uns (altruisme de mauvaises familles ou de clique).
11. Esthétique. — Le sentiment esthétique est le sentiment du beau. L’art se base sur l'imagination esthétique. Nous n'avons pas à nous en occuper ici. Remarquons néanmoins qu’à son origine l’art s’est surtout développé à l aide de l’es-