Effets de l'extirpation du grand cerveau. — Ce fut le
physiologiste Flourens qui enleva le premier le grand cerveau en entier ù des pigeons et maintint ces animaux en vie.
Plus tard, Goltz réussit à l’enlever à des chiens à l'exception de portions accessoires des centres olfactifs. Grâce à un habile gardien, il put garder l’un de ces chiens, dix-huit mois en vie et en bonne santé. On dut d’abord le nourrir artificiellement, mais il apprit petit à petit à attraper des morceaux de viande, à mâcher et à avaler normalement et même à laper du lait. Il fallait bien lui mettre les aliments dans la gueule, car il ne flairait plus. Il crachait cependant une solution de quinine, tandis qu’il avalait avec voracité ses aliments normaux. Si l'on négligeait longtemps de l'alimenter, il devenait inquiet; s’il avait, au contraire suffisamment mangé, il cessait d’avaler. Il dormait comme les chiens normaux, mais moins longtemps et ne. rêvait pas comme eux ; mais on pouvait le réveiller par des bruits ou en le pinçant. Dans ce dernier cas, il aboyait et cherchait à mordre, mais presque toujours dans une fausse direction. Ouoiqu'une partie des nerfs optiques fât conservée, il ne réagissait nullement aux impressions optiques. Par contre, il pouvait bien marcher. Il ne se souvenait de rien, grognait et mordait chaque fois qu’on voulait lui donner à manger. Il n’était capable que de réactions instantanées et il était donc mentalement encore plus incapable que le pigeon sans cerveau. Il possédait néanmoins des automatismes compliqués, essuyait par exemple une goutte d’acide versée sur son dos, â l’aide de ses pattes de derrière. Seuls, les soins assidus et extrêmement habiles de son gardien purent le conserver en vie. Les fourmis et les grillons auxquels on eidéve le grand cerveau (les corps pédoncules), se conduisent d'une façon tout analogue à celle du chien de Goltz.
On a vu aussi des enfants acéphales ( nés sans grand cer-