‹ L'ame et le systáeme nerveuxChapitre 43 sur 82 · IMBÉCILLITÉ OU FAIBLESSE D’ESPRIT · texte numérisé non relu

IMBÉCILLITÉ OU FAIBLESSE D’ESPRIT

variées, et du reste équilibrées, se dissocient avec une facilité maladive. Il en résulte que le neurocyue de chaque représentation dissociée devient capable de s accumuler puissamment et de provoquer en conséquence des inhibitions et des décharges ou fraiemenls extraordinaires. C’est ainsi que des représentations et des sentiments isolés peuvent provoquer, même d’une façon durable, diverses paralysies, convulsions, anesthésies, hyperesthésies, douleurs et toute sorte d’autres phénomènes morbides, tels qu’anomalies sexuelles, accès de fureur, inhibition ou agitation violente, crimes, intrigues, mais inversement aussi la guérison de tous ces symptômes maladifs, l’enthousiasme pour le bien, le dévouement, les actions héroïques et même des productions de génie, en un mot tout ce que le cerveau humain est capable de produire ou au contraire d’inhiber. L’hystérie constitue donc pour ainsi dire, en tant que disposition héréditaire du cerveau, une épée à deux tranchants. Elle crée beaucoup de mal et beaucoup de malentendus, déchaîne une foule de passions, et bien peu de médecins la comprennent entièrement. Mal dirigés ou doués d’autres mauvaises qualités, les hommes hystériques peuvent devenir de véritables diables. Bien dirigés ou doués d’instincts nobles, ils peuvent devenir des anges ou des héros, tels que Jeanned’Arc. L’hystérieest presque un mondespécial. Malheureusement, elle se combine très ordinairement avec beaucoup des autres anomalies que nous avons décrites et devient alors une véritable plaie pour l’entourage du malade, plus encore que pour le malade lui -même. L’hygiène des hystériques consiste en une utilisation rationnelle de leur dissociabilité ou suggestibilité pathologique pour le bien. Mais, pour la mettre en pratique, il ne faut pas se méprendre sur le vrai caractère de l’hystérie, et ne pas désigner de ce terme, comme on le fait si souvent, une foule d'afl'ections mentales constitutionnelles qui n’ont rien ou n’ont que très peu de chose de commun avec elle.

Comme on le voit, toutes les anomalies mentales héré-

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ditaires font plus ou moins transition à l'état normal. Ce qui est incurable chez toutes, c'est la disposition elle-même. Cette disposition n’est cependant d’ordinaire pas assez forte pour ne pouvoir être en partie combattue, endiguée, affaiblie ou dirigée dans de meilleures voies par de bonnes habitudes exercées en sens inverse. Quand il s’agit d'un symptôme négatif, d’un défaut de disposition, il faut au contraire fortifier et exercer ce côté faible. Parfois même — spécialement dans l’hystérie — on peut utiliser le symptôme morbide pour suggérerau malade l'accomplissement d’œuvres sociales utiles et même grandioses. La psychothérapie ou thérapeutique suggestive, c'est-à-dire l’action directe sur les fonctions du cerveau, remplace donc ici l’hygiène du système nerveux, ou plutôt elle est l’agent thérapeutique souverain, dont l'hygiène subséquente ne devient plus que le complément.

Il existe aussi des faiblesses constitutionnelles héréditaires ou au contraire des étals d’excitation héréditaires dans les organes des sens, dans la moelle épinière, etc. ; tels la faiblesse visuelleet autres anomalies constitutionnelles de l’œil, les tics, l’irritabilité spinale (de la moelle épinière) avec secousses musculaires, les troubles constitutionnels des réflexes tels que le blépharospasme, etc. Ces troubles fonctionnels des centres inférieurs s’allient du reste souvent avec des anomalies des fonctions cérébrales.

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