HYGIÈNE NERVEUSE DE LA CONCEPTION ET DE L’HÉRÉDITÉ
mises par les autres à contribution au point de n’avoir plus le temps ni l’occasion de se marier et de procréer des enfants, tandis que ce sont précisément elles, par exemple les bons domestiques, qui devraient se reproduire le plus. Je ne veux pas entamer ici la question de notre monogamie, qui est bien plus une étiquette menteuse qu’une vérité, car la polygamie, même chez les mahométans, est certainement moins mauvaise que notre prostitution. La monogamie devrait reposer sur un véritable amour et une vraie fidélité, et non sur des paragraphes de codes et sur l'hypocrisie des contrats. . Il faudrait mettre l’accent aigu des lois sur les devoirs de tout procréateur des deux sexes envers les enfants qu’il procrée, et faciliter le divorce pour corriger les erreurs du mariage. Le formalisme hypocrite avec lequel on stigmatise et montre au doigt les enfants dits illégitimes et leurs mères, ainsi que l’infériorité de leur position légale, sont une honte pour une société civilisée qui reconnaît légalement la prostitution. Nous laissons de côté toute une série de questions, autour desquelles on fait beaucoup de bruit, et que je considère comme sans importance, ou sur lesquelles nous ne savons rien du tout. Je nomme les soi-disant moyens permettant de procréer à volonté des garçons ou des tilles, la prétendue influence moyenne plus considérable du germe paternel ou du germe maternel sur les descendants, celle de l’étal du sentiment et les sensations des procréateurs au moment de la procréation, etc. Il suffit d’observer avec un peu de soin et sans parti pris la manière dont les frères et sœurs diffèrent entre eux, pour se convaincre de l'inanité de la deuxième de ces questions. Quiconque a compris les conditions de la conception telles que la science les a élucidées (voir chap. V)et s'efforce de se libérer du préjugé de la foi d'autorité, sera parla seul mis en état de distinguer par lui-même ce qui est absurde ou improbable de ce qui est logique et probable. Pour tout ce qui n'est pas prouvé et demeure douteux, il attendra les preuves. Il est certainement dangereux depro-
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créer des enfants pendant qu'on est malade, épuisé ou très mal nourri, car les glandes sexuelles souffrent sans aucun doute de pareils états; mais il est difficile de faire des statistiques à cet égard. Le manque de passion dans les rapports sexuels suivis de conception, les sensations que l’un ou l’autre des procréateurs ou tous les deux ont ou n'ont pas à ce moment-là, n’ont, la chose est certaine, pas la moindre influence sur la qualité du produit. Nous n’avons aucun indice scientifique quelconque qui soit en étal d'appuyer tous les # on-dit, tous les contes de nourrices, toutes les superstitions qui se perpétuent à cet égard.
l’ar contre, l’âge des procréateurs semble pour de bonnes raisons ne pas être indifférent. Les enfants de parents très vieux sont en général faibles, peu viables et souvent mal développés au point de vue mental. En sens inverse, ceux d'individus trop jeunes et mal mûrs sont très petits et semblent aussi être un peu mal constitués ; mais nos procréations modernes souffrent sans aucun doute bien plus du trop grand âge que de la trop grande jeunesse des procréateurs. La mère de Goethe avait environ 17 ans lors de la conception du grand poète et penseur et 18 ans à sa naissance. Le meilleur âge pour procréer est, nous le pensons, de 18 ans à 3o ans chez la femme et de 25 à 45 ans chez l’homme, car le développement de ce dernier est positivement plus lent et plus tardif. Néanmoins, une prolongation jusqu'à 4o ans chez la femme et jusqu’à 5o ans chez l’homme, et même un peu au delà, ne semble pas être dangereuse. On a prétendu que les enfants avaient une tendance à ressembler plutôt au plus âgé des deux procréateurs. Mais le fait n'est nullement prouvé. Admettons comme norme pour des époux sains et capables que la mère doive se reposer au moins un an après chaque accouchement, avant de concevoir à nouveau. Ainsi, une femme mariée à 18 ans pourra procréer au maximum, si tout va bien, de dix à douze enfants, à moins que des jumeaux ne viennent en augmenter le nombre. Nous calculons ici
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la chose au point de vue de l'hygiène nerveuse. 11 va sans dire que les autres circonstances hygiéniques du corps doivent aussi entrer en ligne de compte. Il est clair que le maximum indiqué ne se rapporte qu’aux plus heureuses constitutions de santé des deux parents, et je n’ai pas besoin de rappeler les raisons qui indiqueront des restrictions. Avec ce qui vient d’ôtre dit, les expériences journalières delà vie, nous prouvent qu’il est tout à fait normal et recommandable que le mari soit de cinq à dix ans plus âgé que sa femme, tandis que le rapport inverse est aussi anormal qu’inoportun. On a trop souvent, et à tort, peur de voir les jeunes filles se marier trop jeunes. Cela vient en partie de ce que par fausse honte on les laisse dans l’ignorance des rapports sexuels, de sorte qu'elles deviennent facilement la proie de toute sorte d’abus et d’exploitations. En réalité, et par elles-mêmes, la plupart des jeunes filles sont parfaitement mûres au point de vue sexuel dès l'âge de 17 ans, et souvent plus tôt.