ATTENTION
Elles forment néanmoins par l'exercice des agrégats très complexes qui sont à la base de toutes les habiletés techniques.
Nous voyons donc par les phénomènes de mémoire, plus distinctement peut-être que par tout autre phénomène psychique, que ce qui nous apparaît introspectivement comme état d'âme ou de conscience, n'est que le reflet interne d'énergies et d'activités de notre cerveau, activités qui nous demeurent en grande partie voilées en dessous du seuil de notre conscience la plus claire.
Une bonne mémoire conserve nettement et fidèlement beaucoup d'engrammes, les évoque (eephore) facilement par association et les reconnaît aussi sans difficulté.
6. Attention. — Quand nous pensons, il ne nous est guère possible d'avoir conscience en même temps de choses bien diverses. Je ne puis pas en même temps lire avec attention et écouter une conversation. Je ne puis pas non plus me représenter tout le contenu du livre que je lis en même temps. Le champ de mon activité consciente est donc à chaque instant rétréci, tant dans l'espace que dans le temps, et concentré sur quelque pensée spéciale. Plus ma pensée se concentre avec intensité sur quelque chose, plus étroit est le champ de ma conscience. On appelle attention ou aperception cet état fortement concentré, et en même temps rétréci, de l'activité psychique. Lorsque l'attention est puissante, elle s'associe à un sentiment de tension ou à une sensation d'effort intérieur. Si je laisse, par contre, agir une série d'impressions sur mes sens sans me concentrer sur l'une d'elles et sans y associer de réflexions serrées, je puis avoir conscience simultanément <le plusieurs impressions. Leur nombre est néanmoins limité. Dans ce cas, l'attention est plus faible et son champ plus large. Pareil état s'appelle distraction. Le langage populaire désigne à tort du terme de distraction l'inattention portée aux choses accessoires, lorsque l'attention est puissamment
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concentrée sur un objet. Nous pon\ < m- admettre, la chose n'est pas douteuse, que les différentes impressions de nos sens et les impulsions aux mouvements de nos divers muscles, ont lieu dans des portions différentes du cerveau, c'est-à-dire dans des neurones différents. Il s'ensuit que nous devons considérer l'attention comme un maximum à la fois mobile et concentré de l'activité cérébrale, maximum qui se trouve perpétuellement dévié ou transporté d'un point du cerveau à l'autre par l'intensité variable des activités associantes ou dissociantes. C'est donc l'attention qui évoque ou eephore sur tout les engrammes, en les revivifiant par son activité concen trée.
Nous voyons donc que le jeu de la pensée, des sentiments et des volitions dans noire vie psychique, se règle principalement par l'association des engrammes au moyen de l'attention, qui travaille perpétuellement à trier le faux du vrai à l'aide de conclusions ou jugements conscients ou subconscients, raisonnes ou instinctifs. Il faut dire ici que notre psychologie introspective, c'est-à-dire l'observation subjective intérieure de notre activité psychique, ne nous laisse reconnaître directement qu'une petite partie de^ associations qui se passent en réalité dans notre cerveau. La plus grande partie du travail cérébral qui associe et dissocie nos engrammes, a lieu dans la profonde obscurité de notre activité subconsciente, qui nous paraît inconsciente voir plus bas). Lorsque, parvenu au sommet d'une montagne, je n'ai momentanément conscience que du magnifique panorama qui se déploie autour de moi, mon cerveau-âme sait subconsciemment que mon corps se trouve perché à côté d'un précipice à pic et qu'il ne doit pas perdre son équilibre, que je n'ai à ma disposition qu'un temps très court pour rentrer chez moi, que j'ai faim cl soif, qu'à la maison ma femme, mes enfants et de nombreuses affaires m'attendent. Tous ces engrammes, subconsciemment associés dans mon cerveau à la \ ne du panorama, m'empêchenl par exemple «le faire un