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LE NERF ET LE NEUROCYME

par seconde. Chez les animaux intérieurs, la transmission du neurocyme est plus lente et très variable. Les expériences des physiologistes ont prouvé que le même nerf peut transmettre toute irritation dans les deux sens. Mais, d'ordinaire, le neurocyme des nerfs moteurs a une direction centrifuge, et celui des nerfs sensibles une direction centripète.

Il est certain que toute fibre nerveuse conduit le neurocvme isolément à la façon d'un fil télégraphique, sans quoi les irritations finement isolées des fibres musculaires et la conductibilité tout aussi distincte des différentes impressions sensorielles, seraient d'une impossibilité manifeste. Nous devons même admettre que les neurofibrilles contenues dans le cylindre-axe d'une fibre nerveuse possèdent une conductibilité relativement isolée, car on ne pourrait sans cela s'expliquer le jeu si délié et si infini de la vie nerveuse ni la raison d'être de la dissociation arborescente si fine de toute fibre nerveuse, à ses deux extrémités, en ses neurofibrilles élémentaires.

Quelle est la nature du neurocyme, de l'onde nerveuse qui se propage dans les neurofibrilles ?

Il est certain que la force vive (irritation mécanique) du monde extérieur qui atteint nos sens, se transforme finalement, par l'intermédiaire du neurocyme, en force latente ou tension à l'intérieur des centres cérébraux où elle s'accumule (engrammes, etc.). Il est tout aussi indubitable qu'inversement les tensions ou forces latentes (énergies) du système nerveux central se transforment de nouveau et par le même intermédiaire en mouvement musculaire. Le neurocyme ne peut être une simple onde physique, comme l'électricité, la lumière ou le son. Si c'était le cas, ses ondes les plus fines et les plus faibles s'épuiseraient sans provoquer les puissantes décharges quelles déterminent en réalité dans le cerveau et, par l'intermédiaire du cerveau, dans les muscles. Il faut donc admettre que, dans son trajet à travers les neurones, le neurocyme provoque la décharge d'autres énergies, accumulées «Tu ne façon latente, ce qui ne peut guère s'expliquer qu'à

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l'aide de phénomènes chimiques dans les neurones vivants. On peut penser ainsi, avec Spencer el d'autres, qu'une décomposition chimique produite par l'irritation dans le nerf se recompose immédiatement après, mais qu'elle provoque, tout le long du cylindre-axe, une déeomposition passagère subséquente qui se propage ainsi sous forme d'onde. Selon l'état moléculaire dynamique que cette onde chimique rencontre aux extrémités d'un neurone, c'est-à-dire soit dans la cellule nerveuse, soit à l'exl rémité des arborescences, elle peut provoquer, soit un arrêt, soit un renforcement de son action irritative. Ce ne sont là que des hypothèses, car nous ne savons rien de la nature du neurocyme, mais c'est sans doute avec raison que, dans son manuel de physiologie (premier volume), von Bunge dit ce qui suit : « Seule la connexion la plus intime de la mécanique avec la chimie peut nous rapprocher de la solution de l'énigme. La mécanique des éléments chimiques, voilà la physique de l'avenir (en physiologie). » C'est aussi bien le cas du neurocyme «pie de la physiologie du muscle, et les paroles de von Bunge concordent avec l'opinion que j'ai émise en 1894, dans ma conférence sur le cerveau el l'âme (1).

Avouons avant tout que nous ne savons absolument rien de la chimie et de la mécanique supposées de la vie elle-même, c'est-à-dire de la vie du protoplasma. Nous observons des faits. c'est-à-dire «le-- phénomènes, et nous cherchons leurs lois. Mais en fait de chimie vitale nous ne connaissons que celle des corps inertes qui constituent les aliments avant leur assimilation aux tissus vivants, ainsi que les excrétions el les sécrétions aprè- leur sortie «lu protoplasma cellulaire. Le livre de Richard Semon sur la mnème(voir chap. Y. />) eons-

titue un progrès essentiel dansnotrec préhension des phé

nomènes de la vie organique, en particulier de ceux du sys tème nerveux. Nous avons déjà vu au chapitre I mémoire

(1) Bonn, chez Em. Strauss.

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