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CHAPITRE IV

La physiologie est l'étude des fonctions ou de la vie des organes des êtres animés. Comme autrefois on connaissait fort mal la structure du cerveau, on s'est occupé principalement de la physiologie des nerfs périphériques, qui ne trahit pourtant que les phénomènes les plus élémentaires de la vie nerveuse. Nous voulons essayer d'esquisser les notions physiologiques les plus importantes pour nous.

1 . Le muscle. — Les cellules musculaires ont la forme de fibres et sont composées de petites parties régulières alternant avec d'autres de consistance différente dans les muscles dits striés (ceux qui sont sous les ordres directs du cerveau et de la moelle épinière), ce qui leur permet de se contracter très rapidement. Lorsqu'on excite mécaniquement avec une aiguille, ou chimiquement avec un acide, un muscle frais séparé du corps, il se contracte, c'est-à-dire qu'il devient plus court et plus épais, sans changer notablement de volume total. Dès que l'irritation cesse, il se relâche de nouveau. Mais si, après l'avoir coupé sur son parcours, on laisse le nerf moteur qui vient se ramifier dans le muscle en connexion avec ce dernier, et si l'on excite son tronyon périphérique comme il vient d'être dit, le muscle frais se contracte de la même

façon. Donc, sans se mouvoir lui-même d'une façon visible,

le nerf esl capable de transmettre une irritation aux muscles.

Il est cependant certain que l'irritation directe du muscle, sans l'intermédiaire du nerf, suffit pour provoquer sa contraction. On peut, en effet, faire contracter le muscle à l'aide d'ammoniaque, substance qui n'excite pas le nerf. Le curare (un poison) paralyse les nerfs moteurs sans paralyser le muscle, qui demeure excitable malgré son action. Excité «le la façon que nous venons de dire, le nerf ne peut communiquer au muscle que l'irritation grossière générale que nous lui avons donnée. Mais nous avons vu (anatomie) que chaque neurofibrille vient s'épanouir isolément dans différentes parties du muscle, ce qui permet une combinaison harmonique extraordinairement fine d'irritations nerveuses de diverse intensité dans les neurofibrilles et faisceaux de neurofibrilles, et par conséquent une combinaison harmonique correspondante des contractions musculaires destinées à mettre en moine ment les os et les cartilages. Nos grossières irritations expérimentales ne peuvent imiter le jeu infini de l'harmonie complexe des neurocymes cérébraux sur les muscles.

Lorsqu'on coupe, chez l'homme ou l'animal vivant, le nerf qui innerve un muscle, son tronçon périphérique, puis i<muscle tout entier meurent. Le muscle s'atrophie alors peu à peu sous forme d'une cicatrice inerte. Ce simple fait prouve à quel point la vie du muscle dépend de celle du nerf.

2. Le nerf et le neurocyme. — Ce qui vient d'èlre «lit, joint au fait de la transmission des sensations au cerveau par les nerfs, prouve qu'une onde moléculaire doil parcourir le cylindre-axe du nerf vivant, c'est-à-dire le prolongement nerveux des cellules ganglionnaires. Nous avons nommé neurocyme cette onde qui se transmet avec une grande rapidité. à raison d'environ 3o mètres par seconde, dans le nerf moteur La rapidité de la transmission dans le nerf sensible est très difficile à mesurer ; les données varient entre 26 el > '."> nulles

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