‹ L'âme et le système nerveuxChapitre 28 sur 78 · AUTOMATISMES HÉRITES · texte numérisé non relu

AUTOMATISMES HÉRITES

tive de plusieurs groupes de neurones. Néanmoins, le réflexe coordonné se produit fatalement et toujours de la même façon sous l'influence de la môme irritation, ce qui lui donne un caractère évident de nécessité mécanique.

4. Automatismes (1) hérités. — Ce qu'on entend par instinct ou automatisme hérité constitue un degré plus élevé encore de la coordination des mouvements. Il ne s'agit plus seulement ici de réflexes combinés dans un but, mais encore de tout un enchaînement de réflexes coordonnés qui se suivent en série, en un certain laps de temps, et en se déclanchant les uns au moyen des autres. De cette façon, les centres nerveux n'accomplissent plus un seul mouvement utile, mais une série d'actions qui poursuivent un but déterminé. Lorsqu'on coupe la tète (donc le cerveau) à un grillon mâle, et qu'on place sa femelle sous lui, il s'accouple dans toutes les règles et accomplit par conséquent une série de mouvements coordonnés dans un but spécial, jusqu'au parachèvement de l'acte. Lorsqu'on enlève le grand cerveau à un pigeon et qu'on le jette ensuite en l'air, il vole parfaitement bien jusqu'au premier objet qu'il rencontre et sur lequel il se perche en équilibre. Le même pigeon avale aussi dans toutes les règles les grains qu'on lui place dans le bec. Il se laisse, par contre, mourir de faim, lorsqu'on le laisse seul avec une provision de maïs, car il n'est pas en état d'associer l'irritation

(1) On m'a reproché d'avoir employé le terme d'automatisme pour l'instinct, au lieu de le réserver exclusivement à l'habitude. Je l'ai fait et je le fais intentionnellement. Automatisme vient de auTojxato; (spontané). Par automate on entend une machine qui imite un être vivant, ou un être vivant dont les mouvements sont machinaux, comme déclanchés par un ressort, et se" déchaînent toujours de la même façon. Le terme d'automatisme ne s'applique donc pas à la cause des mouvements, niais à la façon dont ils se manifestent. Il exprime, par conséquent, aussi bien que possible, le fait que les mêmes manifestations motrices peuvent se produife par hérédité, sous forme d'instinct, ou par habitude individuellement acquise (voir plus bas Mnème).

que produisent les grains de maïs sur ses yeux ou sur son odorat avec la faim qu'il ressent. Lorsqu'on enferme ensemble des pigeons mâles et femelles privés de leur grand cerveau, ils donnent des signes non équivoques de rut, mais ils ne s'accouplent pas, faute de pouvoir associer ce qu'ils voient et sentent avec les impulsions volontaires nécessaires à la salisfaction de leur appétit sexuel. Nous avons donc dans chacun de ces cas deux enchaînements d'automatismes, enchaînements qui ne sont plus coordonnés entre eux deux, évidemment parce que l'organe qui les associe d'ordinaire l'ait défaut. On devra m'accorder que le pas du réflexe à l'automatisme est considérable. Il faut donc distinguer trois degrés : i° la simple secousse réflexe : 20 le mouvement réflexe coordonné simple; 3° la séquence d'actions automatiques complexes, enchaînées entre elles en vue de l'accomplissement d'actes compliqués dans un but déterminé. .Malgré cela, les physiologistes n'hésitent pas à faire dériver le compliqué du simple et à admettre que les automatismes sont des combinaisons de réflexes. Ce qui est commun à tous ces phénomènes, c'est le déclanchement régulier et fatal des actes compliqués au moyen d'irritations sensorielles et par l'intermédiaire d'appareils complexes du système nerveux central. Ces appareils peuvent être indépendants du grand cerveau ; cependant, il existe aussi des réflexes et des automatismes dits corticaux, ou du grand cerveau.

Ici se pose une question à laquelle nous avons déjà touché à propos de l'insensibilité du grand cerveau à toute lésion de sa substance : en quoi consiste la différence des fonctions du grand cerveau d'avec celles de la moelle épinière el decentres cérébraux subordonnés? A mon avis, c'est la physiologie comparée qui nous donne ici la clé de l'énigme, el le physiologiste Isidore Steiher a résolu la question au moyen d'une expérience. Nous comprendrons la chose entièrement quand nous parlerons de la phylogénie. Chez l'homme, les mammifères et les oiseaux, le grand cerveau l'emporte de

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