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reils conventionnels tels que les horloges, le mètre, le télescope, etc. L'odorat au contraire, grâce à sa position cachée au fond des fosses nasales et à l'immobilité de celles-ci, ne peut nous donner presque aucune connaissance de l'espace. Mais j'ai prouvé que l'organe olfactif, situé à l'extrémité d'antennes très mobiles, chez certains insectes,, donne à ces derniers une connaissance fort exacte de l'espace, tant au contait qu'à une faible distance, et j'ai appelé ce sens odorat topochimique et odorat au contact. Or il nous est impossible île nous représenter un pareil odorat topochimique nous donnant une carte géographique odorante des objets qui nous entourent, sans modification de l'énergie spéciale, c'est-à-dire de la qualité subjective, synthétique, de notre odorathumain. Si la vue nous donne une connaissance extrêmement exacte des espaces éloignés du monde extérieur, c'est parce que l'image des objets qui le remplissent se rapetisse et se photographie sur la rétine de l'oeil en conservant exactement ses formes, el parce que, grâce aux mouvements des deux yeux, notre rétine tâte pour ainsi dire perpétuellement les images lumineuses colorées du monde extérieur. Si le toucher nous donne une connaissance exacte de l'espace le plus rapproché, c'est parce que notre peau peut tâter d'une façon très exacte les différentes portions des objets qui nous entourent.
11 m'est impossible d'entrer ici dans le détail compliqué de la physiologie des organes des sens. J'esquisserai seulement celle de l'homme, dont les sens se retrouvent du reste en pailie chez la plupart des animaux. Beaucoup de ces derniers ne possèdent cependant pas d'ouïe, plusieurs n'ont pas d'yeux, et nous venons de voir que l'énergie spéciale d'un sens varie très probablement suivant les variations de sa structure. Il n'est pas prouvé qu'un sens surnuméraire, différent des nôtres et rigoureusement différencié, existe chez un animal quelconque, mais ce n'est pas impossible. Toutes les expériences dirigées dans ce Sens ont eu des résultats négatifs, surtout celles qui recherchaient un sens spécial de la direction. Il
BIBUOTriuCA
ion PHYSIOLOGIE DU SYSTEME NERVEUX
n'est pas impossible que certains poissons (torpille, gymnote), qui donnent des décharges électriques à laide d'un organe centrifuge spécial, ne possèdent, en rapport avec lui. quelque sensation spéciale.
Vue. — Le nerf optique se trouve à la base du cerveau, où ses libres se croisent en partie sur la ligne médiane chez l'homme, en se bifurquant (fig. 7). 11 vient s'étaler au fond de l'œil en formant la membrane dite rétine. Dans la rétine se trouvent les cellules ganglionnaires de ses neurones. L'image du monde extérieur, recueillie par le cristallin et le corps vitré de l'œil qui réfractent et concentrent les rayons lumineux, vient se projeter sur la rétine, donl les neurones la transmettent à un centre cérébral subordonné, le corps genouillé externe, par l'intermédiaire' des cylindres-axes du nerf optique. A l'endroit où les deux nerfs optiques se croisent, une partie de leurs fibres se bifurquent, l'une des branches se rendant à l'hémisphère cérébral du même côté et l'autre à l'autre, pour aller se ramifier à la surface des cellules du corps genouillé externe. Ces dernières transmettent de nouveau l'image visuelle, probablement plus ou moins modifiée par elles, à l'écorce cérébrale du côté interne du lobe occipital vue, fig. 10), à l'aide du faisceau nerveux de leur- fibres. La région bleue vue, 6g. 10) de l'écorce constitue donc la localisation de la vue mentale (engrammes visuel- . Alais à l'aide d'appareils réflexes situés dans les tubercules quadrijumeaux, les neurones de la rétine se trouvent aussi en rapporl avec les muscles qui mettent en mouvementrœil el la pupille. La vue nous l'ail connaître les couleurs, les formes el les mouvements des objets. En outre, la vue binoculaire avec les deux yeux à la fois) nous l'ait distinguer les distances, c'est-àdire la troisième dimension, ou profondeur, grâce à la superposition stéréoscopique des images. Chez aucun au Ire organe des sens on ne peut donner une aussi belle preuve (voirchap. I que les sensations onl besoin d'être préalablemenl exercées el travaillées par le grand cerveau, avant de pouvoir devenir dés
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perceptions d'objets. Nulle part on ne peut aussi nettement prouver que nos images .psychologiques des irritations sensorielles ne sont plus du tout ce que le nerf nous a transmis primordialement, mais bien le produit, peu à peu élaboré, d'un travail cérébral combiné, considérable et fréquemment répété. L'aveugle-né, auquel on rend subitement la vue par l'opération de la cataracte, ne voit d'abord qu'un kaléidoscope de couleurs et ne se rend aucun compte de leurs rapports avec les objets qu'il connaît par le toucher. 11 lui faut un longexercice pour apprendre à voir les objets.
L'ouïe de l'homme a son siège dans ce qu'on appelle le limaçon de l'oreille interne. C'est là que s'épanouit le nerf auditif. Les ondes sonores sont communiquées au limaçon par les ébranlements de la membrane du tympan et d'une chaîne de petits osselets tendue dans la cavité dite du tympan, de celle membrane à la fenêtre du limaçon. Le nerf auditif se rend du limaçon à la moelle allongée, où il forme d'abord ud ganglion plein de cellules nerveuses dont les fibres centripètes se mettent en rapport avec le lobe temporal du grand cerveau, probablement au moyen des neurones du corps genou illé interne. Il a aussi des connexions avec le tubercule acoustique de la moelle allongée. A l'aide d'une extirpation bien réussie chez le lapin, j'ai démontré les vrais noyaux du nerf acoustique en i885. Ses connexions sont extrêmement complexes et encore en partie obscures (fig. 7 et 9). .
Sens de l'équilibre. — Le nerf dit du vestibule est collé au nerf auditif et se termine dans les canaux semi-circulaires du \estibule de l'oreille interne. Mach a prouvé d'une façon assez certaine que ce nerf sert à la sensation subconsciente de l'équilibre du corps, ainsi que de l'accélération et du ralentissement de ses mouvement et de son pivotement sur luimême. 11 se rend directement vers la base du cervelet. Une partie du moins de ses fibres proviennent du cylindreaxe de cellules ganglionnaires situées dans la région dorsale du ',' ventricule, sous le noyau denté du cervelet,
tandis qu'une autre partie de ses neurones forment un ganglion clans l'os du rocher, où. est l'oreille interne (labyrinthe).
L'odorat est placé tout en haut, caché au fond de la cavité nasale, sur sa muqueuse, et tort rapproché des bulbes olfactifs du grand cerveau, dont les neurones se relient à la muqueuse olfactive «à l'aide de fibres nerveuses très courtes qui traversent un os fort mince. Le bulbe olfactif (fig. 7 esl relié de son côté par un faisceau de fibres 'tract, olfactif, fig. 7 à la pointe extrême du lobe temporal du grand cerveau, où il se met en rapport avec une portion transformée et fort spéciale de l'écorce cérébrale, appelée corne d'Ammon, et qui représente le centre olfactif cortical fig. 7 et 10 Od). Les particules chimiques des corps odorants contenus dans l'air irritent les terminaisons du nerf olfactif de cent façons différentes, procurant chacune une qualité psychologique propre.
Le nerf olfactif est le seul qui soit en rapport direct avec le grand cerveau. Ceci s'explique du fait que. chez les vertébrés les plus inférieurs, ce dernier organe, encore à peine développé, est d'abord sorti du nerf olfactif sous forme d'expansion, pour en arriver finalement, chez les vertébrés plus élevés, à devenir le centre principal du système nerveux. A son origine, le grand cerveau fut le cerveau olfactif, comme le cerveau moyen tubercules quadrijumeaux futle cerveau optique.
Le sens du goût, dont les terminaisons se trouvent dans le palais et à la base de la langue, nous fait connaître quelques qualités chimiques (le sucré, l'acide, le salé, l'amer et le métallique de certaines substances qui sedissolvent dans la salive. Tout le reste de ce que nous appelons par erreur goût dans les aliments, a'esl que leur odeur qui moule au nez par la cavité postérieure de cel organe, derrière le voile <Iu palais. Le nerf gustatif ressemble ;uix nerfs du toucher el a le même parcours qu'eux. Il possède un ganglion spinal et se termine dans la partie de la moelle allongée qui continue les cornes postérieures de la moelle épinière. Son centre cortical est encore mal connu.
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Les sens de la peau ont été confondus autrefois entre eux, parce qu'ils sont dispersés sur toute la surface du corps. C'est surtout von Frey qui a réussi dansées derniers temps à prouver clairement que les localités cutanées qui reçoivent les impressions de chaleur, de froid, de douleur et de pression se trouvent dans des portions différentes, quoique très voisines, de la peau. Il faut donc distinguer le sens du toucher du sens de la chaleur, de celui du froid et de celui de la douleur. Il existe même certaines portions de la peau chez lesquelles l'un ou l'autre de ces sens fait défaut. Ainsi la cornée de l'œil ne ressent que la douleur. Les terminaisons nerveuses de la peau sont de diverse nature. On distingue les corpuscules dePacini ou de Yater, ceux de Meissner (fig\ 6), les massues de Krause et certaines terminaisons libres entre les cellules de la peau. Ces dernières servent évidemment au sens de la douleur, les corpuscules de Meissner au toucher, et les massues de Krause, d'après Frey, au sens de la chaleur et du froid. Mais tout cela n'est pas encore fort certain. Les centres corticaux du grand cerveau pour les sensations cutanées sont presque les mêmes que ceux de la motilité (fig.c^J^B^V1). Knlin des recherches récentes ont prouvé que les voies qui conduisent les sensationsde douleur et de froid dans la moelle épinière sont autres que celles de la sensibilité tactile.
Sens mal ou non différenciés. — Nous avons vu que nos sens se sont évidemment différenciés peu à peu d'un sens général obscur des animaux inférieurs. Or, nous possédons nousmêmes encore toute une série de sensations obscures, indéfinies et mal localisées, que nous avons désignées au chapitre 1 du terme de sensations viscérales. Nous disions même qu'elles forment la transition du domaine de la connaissance ;'i celui «lu sentiment. Ces sensations nous sont certainement transmises par des terminaisons nerveuses intérieures, dont l'irritation provoque dans le champ de notre conscience des qualités sensorielles plus ou moins distinctes ou indistinctes, qu'il est impossible de différencier nettement les unes des
autres comme sens. Signalons les sensations de faim, de soif, d'angoisse, de volupté sexuelle, <lu besoin d'uriner ou d'aller à la selle, «le démangeaison, de chatouillement, «le fourmillement . «le réplétion, elc.
Sens musculaire. — On s'est beaucoup disputé sur la question du sens musculaire ou de la sensation des mouvements. On a aussi désigné ce -eus du terme de sens de l'espace. Il est certain que nous sentons nos mouvements, et que nous les localisons dans la partie du corps où ils ont lieu. Nous sentons le mouvement actif et passif des muscles, la position du membre mû, le degré de l'effort musculaire, la fatigue qui s'ensuit, le poids et la résistance des objets, etc. Ces sensations nous sont-elles transmises par des terminaisons nerveuses spéciales du muscle? Certaines expériences semblenl le montrer. Ou s'ag-it-il simplement d'une forme d'irritation spéciale des nerfs tactiles ordinaires ?
Nous voyous donc que depuis longtemps on ne peut plus se contenter dc> cinq sens classiques. La chose est plus compliquée. Nous pe revenons pas sur la façon dont les impressions sensorielles sont travaillées par le grand cerveau.
Les quelques indications qui précèdent suffisent pour nous montrer que la physiologie des centres nerveux cérébro-spinaux cerveau et moelle épinière) est un véritable monde, dont la connaissance laisse encore énormément à désirer. Ce monde commence seulement à s'ouvrir m non-. Disons encore qu'il existe dans le corps beaucoup de neurones disséminés qui mènent une vie assez indépendante et analogue à celle des organismes animaux inférieurs. Ils président à de petites fonctions locales et automatiques, dilatent ou contractent certains petits vaisseaux ou certaines glandes dont il- provoquent la sécrétion, etc. Parmi les plus importants, citons les neurones du muscle du cœur, qui président a ses contractions régulières et automatiques. Le grand cerveau ne peul pas s'ingérer partout avec la même sûreté et avec la même force dans l'activité de ces neurones
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disséminés ; cela dépend des connexions qu'il a avec eux à laide de branches collatérales des nerfs ganglionnaires, ainsi que de la puissance avec laquelle les neurocymes cérébraux sont projetés dans ces appareils périphériques. Ainsi s'expliquent les effets presque incroyables de la suggestion chez certains somnambules, comme par exemple les stigmates qui se mettent à saigner, la cessation de l'hémorragie dans les plaies, réclusion de vésicules sur la peau, etc. Autrefois on considérait des choses pareilles, selon l'opinion suggestive dont on était soi-même hanté, comme des miracles ou comme des escroqueries. Il ne s'agit ni de l'un, ni de l'autre, mais simplement d'une aptitude spéciale du grand cerveau à projeter isolément par fraiement des irritations puissantes sur la périphérie du corps, en triomphant de toutes les résisfances opposées grâce à la faiblesse desrameauxnerveux communiquants, ou au contraire à inhiber les fonctions des appareils nerveux périphériques en question par une puissance analogue, mais inverse, de son action.