GENÈSE INDIVIDUELLE OU ONTOGENIE IO
conjugués ou chromatine se partage de telle façon que chaque cellule de l'embryon se compose à peu près exactement d'une moitié de substance paternelle et d'une moitié de substance maternelle. En croissant, l'embryon subit toute sorte de curieuses transformations qui reproduisent l'une après l'autre, en partie du moins, l'esquisse des formes ancestrales de son espèce. Je cite par exemple la chenille (vermiforme) ou embryon du papillon, qui correspond au ver, ancêtre du papillon ; puis les dents caduques de l'embryon de la baleine, qui disparaissent ultérieurement et sont remplacées par les fanons, car la baleine adulte n'a pas de dents. Les dents de l'embryon de la baleine ne servent à rien ; elles constituent un témoin résidual des ancêtres dentés de ce cétacé. Citons encore les arcs branchiaux de l'embryon humain, qui proviennent de notre ancêtre poisson. Nous ne pouvons étudier ici la nature des énergies héréditaires, qui déterminent les transformations de chaque espèce animale ou végétale (voir cependant plus bas Mnème). Leur origine primordiale est encore une énigme, mais les lois de leur déchaînement s'éclaircissent peu à peu. Retenons néanmoins ce qui suit :
i° Pour qu'un embryon se développe normalement, il faut que les deux cellules germinatives conjuguées dont il sort soient normales, que rien ne vienne déranger son développement ultérieur, et que son alimentation soit saine et appropriée ;
20 L'embryon représente une combinaison des caractères paternels et maternels, et chez lui ce sont tantôt les énergies de la lignée paternelle, tantôt celles de la lignée maternelle qui prédominent i selon la puissance de leur ecphorie ;
3° La fécondation de tel œuf par tel spermatozoïde, c'eslà-dire la conjugaison, représente un immense jeu où le hasard est pour beaucoup. En etfet, dans les glandes sexuelles du père, se trouvent des millions de spermatozoïdes, et dans relies de la mère de nombreux ovules, alors qu'un seul sper-
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matozoïde a la chanee de se conjuguer avec un œuf. Or nous devons certainement admettre que la substance de chaque spermatozoïde possède une combinaison déterminée d'énergies de ses ancêtres ilill'érente de celle des autres, ses collègues. Il en est de même de chaque ovule. En effet. Ions les frères et sœurs sont différents les uns des autres et présentent des atavismes variés. On voit par là que les caractères héréditaires de l'individu qui sort de leur conjugaison sont déterminés par la combinaison d'énergies anceslrales possédée par le spermatozoïde et par l'œuf qui viennent précisément à se conjuguer. Il s'y ajoute encore la prépondérance de l'un ou de l'autre des deux germes dans l'ecphorie des dits caractères pour chaque cas particulier, ce qui fait que le produit ressemble plutôt soit à la lignée paternelle, soit à la lignée maternelle.
Les circonstances de la nutrition dans le corps maternel sont sans doute importantes pour le développement normal et pour la santé de l'embryon. Mais elles ne déterminent nullement ses caractères individuels. Cela ressort déjà du fait bien connu que, par ses caractères, l'enfant lient en moyenne autant du côté paternel que du côté maternel, malgré la petitesse du spermatozoïde et les circonstances qui font «pie, dès la conjugaison île ce dernier avec l'œuf, il ne subit plus que le- influences maternelles, en particulier celles de la nutrition. Ajoutons encore que chez les poissons, où la fécondation se passe dans l'eau, hors du corps de la mère, et où les embryons -ont libres, ce qui supprime toute prépondérance de l'action maternelle dès la conjugaison; les produits ne ressemblent pour cela pas plus au père qu'à la mère.
Chaque embryon garde en réserve une petite provision <l«' cellules embryonnaires indifférenciées, qui deviennent plus tard la glande sexuelle ou germinative mâle ou femelle. A
l'origine, ces cellules ne sonl ni mâles, ni femelles, et semblent être neutres. Mais à une certaine période embryonnaire elles se différencient et deviennenl inàles ou femelles,