GENÈSE INDIVIDUELLE OU ONTOGÉNIE 10C
ce qui décide du sexe de l'embryon. Dans le premier cas, elles deviennent spermatozoïdes et constituent le testicule ; dans le second cas, elles deviennent ovules et constituent l'ovaire. Donc les glandes germinatrices de chaque sexe proviennent des mêmes cellules embryonnaires. Une fois que la différenciation a eu lieu, tout le développement ultérieur de l'individu, dans toutes les parties de son corps, prend, selon le cas, les caractères du mâle ou ceux de la femelle, ce qui, chez certains animaux où les sexes sont très différents l'un de l'autre (cerfs, paons, fourmis, etc.), provoque une différenciation énorme (polymorphisme sexuel) de tout le corps. Cependant cette différenciation demeure parfois incomplète, ce qui donne lieu à un hermaphrodisme plus ou moins partiel. Le système nerveux sort du feuillet embryonnaire externe ou ectoderme, le même qui donne naissance à la peau et aux organes des sens. Sur la ligne médiane du dos, une partie de l'ectoderme s'invaginc à l'intérieur en forme de gouttière. Puis la gouttière devient un cylindre, en se séparant du reste de l'ectoderme, et se transforme plus tard en moelle épinière et cerveau. D'abord les cellules de ce système nerveux central embryonnaire se mettent à proliférer énormément et à constituer des expansions correspondant aux différentes parties de la substance grise. Ce n'est que bien plus tard que les cylindres-axes ou fibres nerveuses se mettent à bourgeonner et à croître, en partant de chaque cellule, et plus tard encore, en partie après la naissance de l'enfant, que chaque fibre s'entoure d'une gaine de myéline. A l'origine, le cylindre médullaire de l'ectoderme, qui constitue le système nerveux primitif de l'embryon, se distend à son extrémité antérieure sous forme de vésicules, qui deviennent plus tard les différentes partiesdu cerveau. jNous avons déjà parlé au chapitre II du rapport des éléments nerveux de l'embryon avec ceux de l'adulte. His a prouvé le premier que les fibres nerveuses bourgeonnent directement de leurs cellules d'origine, dont elles ne sont donc que le prolongement. L'élément com-
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pliqué cellule-fibre qui en résulte constitue le « neurone ». A la naissance, le cerveau est déjà fort gros. Chez l'embryon humain, sa grosseur esl même disproportionnée. Ce fait montre à quelle époque hâtive de l'embryon se forme l'ébauche déjà toute prèle de l'organe de notre pensée, de nos sentiments, de notre volonté ei <le nos mouvements. Mais chez l'en fan I nouveau-né une grande partie des neurone- du grand cerveau sont encore gris, sans gaine médullaire et incapables de fonctionner. Ce n'est que peu à peu, pendant la première année de la vie libre, que se développent les gaines médullaires. Dès qu'elles se forment, le neurone commence à fonctionner. Ce simple fait montre (si une observation attentive ne nous l'avait pas déjà fail connaître que ce que l'on désigne chez le petit enfant comme produit de l'éducation, n'est fort souvent pas du tout appris. Ce sont en réalité en grande partie des instincts hérités tout d'une pièce, qui ne peuvent commencer à fonctionner que lorsque leur organe est complètement développé. Les appareils réflexes de la moelle épinière cl des centres cérébraux subordonnés fonctionnent les premiers, ainsi que les automatismes lois que la succion du nourrisson. Puis les impressions du monde extérienr commencent à agir sur le tact, la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût, etc., d'une façon plastique, c'est-à-dire qu'elles sont peu à peu transmises dans les neurones du grand cerveau. qui commencent à fonctionner l'un après l'autre. Le papier de ces derniers, blanc jusqu'ici, commence alors à se recouvrir d'engrammes qu'j grave le monde extérieur.
Kussmaul et Preyër ont entrepris une étude extrêmemenl intéressante, celle de l'observation du développement pro* gressif de l'activité psychique chez le petit enfant. Nous renvoyons à leurs travaux car le sujet nous mènerait trop loin. \n début, l'enfant île peu! encore adapter ses mouvements à ses perception- sensorielles. Il n'a. du reste, pas encore de perceptions complètes; mais seulement des mélanges confus de sensations. Ce sobl d'abord Celles du loucher qui s'asso-