‹ L'âme et le système nerveuxChapitre 54 sur 78 · INFECTIONS DU SYSTÈME NERVEUX 1C · texte numérisé non relu

INFECTIONS DU SYSTÈME NERVEUX 1C

très en bâtiment) qui détermine des intoxications chroniques du cerveau, de la moelle épinière et même des nerfs périphériques, intoxications qui provoquent des atrophies du tissu nerveux, puis des paralysies graves et même l'aliénation mentale chronique. En somme, ces cas ne sont pas extrêmement fréquents. Plus rares encore sont les intoxications par le mercure et l'argent. Les poisons métalliques ne provoquent aucune passion. Ils affectent- les personnes occupées dans certains métiers, lorsqu'on ne prend pas les précautions nécessaires.

D. Infections du système nerveux. — Les bactéries et d'autres microbesprovoquent,onle sait, beaucoup de graves maladies. et le système nerveux peut aussi souffrir de leurs atteintes. On observe des psychoses, dont le pronostic est en général mauvais, après la fièvre typhoïde, à la suite de l'invasion du cerveau par le bacille typhoïde; il en est de même après la vraie grippe infectieuse, la malaria, la fièvre jaune, le choléra, la variole, etc. La plus grave des infections du système nerveux central est due à la syphilis. Cette maladie peut déterminer directement toute sorte d'inflammations, de néoplasmes, d'ulcérations, d'atrophies, etc., dans le cerveau, la moelle épinière et les nerfs, affections qui donnent lieu à des paralysies, des douleurs, des convulsions, des psychoses, etc. D'autre part, et c'est là de beaucoup le pire, on voit éclore de cinq à vingt-cinq ans après l'infection syphilitique, sur le terrain morbide qu'elle crée dans le corps humain, mais à une époque où on la croit généralement guérie, la perfide et mortelle ataxie locomotrice (tabès dorsalis) et la paralysie progressive des aliénés, maladie plus terrible encore. Toutes deux (nous ne parlons pas de maladies plus ou moins analogues qu'on a souvent confondues avec elles) ne se produisent que chez les syphilitiques, mais elles paraissent être plutôt des effets secondaires d'atrophie que des produits directs de la syphilis. Le cerveau des paralytiques généraux s'atrophie

1Q2 MALADIES Oi: ANOMALIES MENTALES ET NERVEUSES

;i un tel point que toutes les fonctions nerveuses et mentales tombent petit à petit dans un état complet de désagrégation organique et que les malades présentent finalement l'image La plus affreuse de la décomposition de l'être humain. Il est curieux d'observer que chez les peuplades abstinentes, en particulier chez les islamites, la syphilis ne produit presque jamais la paralysie générale, mais bien plutôt la destruction de la peau et des os, tandis que chez les peuplades qui boivent, l'ataxie locomotrice et la paralysie générale sont très fréquentes. Le fait vient probablement de ce que la syphilis s'attaque surtout aux organes malmenés et affaiblis; l'Européen malmène et alcoolise son cerveau: l'Arabe et le Turc, au contraire, le laissent dans un doux repos et malmènent d'autant plus leur peau et leurs os. C'est dans la paralysie générale qu'on peut le mieux observer les dissociations organiques de tout genre, de la pensée, des sentiments, tic la volonté et du mouvement ; c'est aussi là que l'on peut le mieux toucher du doigt le monisme psychophysiologique et observer pas à pas l'identité de l'àme et du neurocyme.

La lèpre développe particulièrement des tumeurs des nerfs périphériques, tumeurs appelées neuromes,et qui provoquent des anesthésies et des paralysies locales. En Italie, l'usage exclusif d'un maïs j,ràlé délei mine souvent l'explosion de la pellagre, maladie mentale grave, accompagnée d'un dépérissement de tout le corps. Dans les pays tropicaux, il existe encore diverses infections, dont plusieurs s'attaquent aussi au système nerveux, (liions la maladie africaine (lu sommeil, due à une larve de mouche, la fièvre dengue de l'Extrême- Orient, etc.

E. Psychoses et autres affections nerveuses accompagnant les foyers cérébraux. — Toute affection organique circonscrite du tissu cérébral, spinal el nerveux eu général, détermine d'abord des symptômes <\\\< locaux, dépendant de la lésion, c'est-à-dire de l'irritation ou de la destruction de la

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