PSYCHOSES FONCTIONNELLES OU VESANIES
cution conserve le caractère du possible et se combine avec une obsession maladive à se croire lésés dans leurs droits. Cette obsession les pousse à poursuivre avec une ténacité inimaginable ce qu'ils considèrent comme leur droit, devant toutes les instances des tribunaux. Leur vie se passe ainsi en procès interminables, dans lesquels ils se ruinent en calomniant les autres. Parfois leur délire a pour point de départ quelque petite injustice réelle qu'ils ont subie. Par le terme de paranoïa originaire, on désigne l'état d'individus plus ou moins disposés dès leur enfance au délire de la persécution et des grandeurs. Cette dernière forme aurait pu tout aussi bien èlre traitée dans notre second groupe, auquel elle fait passage. Certaines sortes d'individus plus ou moins anormaux, désignés souvent dans le public du terme d'originaux, sont parents du paranoïa originaire. Il y a en effet des variétés de paranoia dont les délires se singularisent et perdent plus ou moins le caractère des persécutions ou des grandeurs.
Démence aiguë acquise ou démence précoce ( Kraepelin). — Il existe une quantité considérable de maladiesmentalesacquises qui présentent dès leur début des symptômes alarmants, tels qu'hallucinations, idées délirantes, souvenirs illusoires, dissociations, catalepsie, etc. Accompagnées ou non de dépression ou d'exaltation du sentiment, elles développent bientôt souvent des symptômes de stéréotypie et de négativisme. Après un cours plus ou moins prolongé, elles conduisent le plus souvent à une démence profonde et incurable. Les cas de ce genre remplissent les asiles d'aliénés. Kahlbaum, Hecker et Kraepelin ont distingué dans ce groupe, bien caractérisé par le dernier de ces auteurs :
hliébéphrënie (désuétude rapide et démence profonde chez des adolescents) ; la catatonie (forme présentant surtout des phénomènes de catalepsie, de négativisme, de stéréotypie et de perturbation mentale) ; la démence aiguë simple et la démence paranoïde, maladie qui présente des délires analogues à ceux du paranoia, mais qui conduit rapidement à la pertur-
Dation mentale et à la démence, etc. 11 y a cependant certain cas, surtout de catatonie, qui se guérissent, et d'autres qu l'ont transition aux deux premiers groupes de formes indiqué sous la lettre B.
Névroses fonctionnelles. — Il existe une série de maladies dou lou reuses et de troubles moteurs, de nature purement fonction nelle, sans affection mentale, et dépendant néanmoins en i<> ou en majeure partie du grand cerveau. Tels sont les migraine et bien d'autres maux de tête, d'autres névralgies et douleur telles que la sciatique, le lumbago, le torticolis, l'akinesi algera. On pourrait désigner plusieurs d'entre elles du term de pseudo-rhumatisme. Dans le domaine moteur, on peut nommer ici le blépharospasme, la crampe de l'écrivain, le bégaiement, la danse de Saint-Guy ou chorée, l'athétose (une forme particulière du tremblement, qui repose souvent du reste sur une affection organique des centres nerveux . la tétanie (attaques de crampes toniques;, l'apraxie, l'astasieabasie, etc. La constipation, les troubles fonctionnels des règles, l'impuissance psychique, les perversions sexuelles,rénurèse, etc., troubles qui peuvent être produits ou, au contraire, guéris par la suggestion ou l'autosuggestion, sont bel et bien, et quoi qu'on en dise, des névroses fonctionnelles cérébrales. Le nombre des névroses fonctionnelles dans le domaine de la sensation (de la douleur) et du mouvement est considérable. Elles reposent le plus souvent sur des irritations du grand cerveau, et c'est par la suggestion hypnotique seule, soij directe. soif indirecte (provoquée par les procédés thérapeutiques les plus divers, tels que l'électrothérapie, le massage, etc., agissant suggestivement), qu'on peul les faire disparaître. Mais ce n'es! pas toujours le <;i-. Elles son! souvent très tenaces, et il esl fréquemment luit difficile de découvrir le joinl par lequel elles ont été déclanchées. Le point «le dépari de l'irritation peut se trouver à la périphérie du corps. Il 3 a par exemple des migraines provoquées par une anomalie de la forme de la cornée (astigmatisme), le trouble visuel surine-'
nant les nerfs sensibles et moteurs de l'œil et irritant ainsi par voie réflexe le trijumeau, qui est le nerf sensible du visage. En sens inverse, des émotions, l'effroi, des autosuggestions, etc., peuvent parla voie centrale, c'est-à «lire parle grand cerveau, provoquer des migraines identiques ou d'autres troubles nerveux. Les psychoses purement fonctionnelles (les cataclysmes neurocymiques généraux du grand cerveau) évoquent de même souvent, par voie réflexe, des troubles nerveux localisés, et, inversement, quoique plus rarement, sont provoquées par eux.
C. Intoxications du système nerveux. — Nous pouvons désigner du terme d'aliments toutes les substances qui, absorbées par le corps, se combinent chimiquement avec le protoplasma vivant et contribuent, soit à le construire, soit à fournir l'énergie nécessaire à ses fonctions. On avait autrefois érigé en dogme qu'une partie des aliments ne faisaient que brûler dans le corps pour produire de l'énergie, sans devenir jamais, même passagèrement, partie intégrante du proloplasma vivant. Plus nous avançons dans la connaissance de la vie, plus ce dogme semble être erroné, car on peut démontrer partout les produits de décomposition du protoplasma, ainsi que l'emploi des aliments à sa composition, tandis qu'on ne peut prouver nulle part qu'une simple combustion se passe, sans que les substances br.ûlées (oxydées aient été employées précédemment comme matériel cellulaire (Kassowitz). Ce qui est en tout cas certain, c'est qu'une substance ne peut être décorée du titre d'aliment si, en brûlant, elle lèse ou détériore du même coup d'une façon quelconque le protoplasma vivant. Toute substance qui brûle dans le protoplasma et, lui nuit en même temps, est ce qu'on appelle un poison. Il existe des poisons qui viennent du dehors. Les expériences récentes ont montré qu'en outre d'autres poisons appelés toxines se forment dans le corps luimême par l'accumulation de produits de décomposition des
cellules. La chimie des tissus animaux n'a pu néanmoins nous livrer jusqu'ici que des corps composés que nous tirons des tissus morts ou que des produits de décomposition des cellules (excrétions ou sécrétions). La chimie de la vie est encore pour nous une énigme, pour la solution de laquelle nous ne possédons que des hypothèses fort douteuses. 11 s'ensuit que nous n'avons pas d'autre définilion exacte de ce que c'est qu'un aliment, que celle qui résulte de ses effets pratiques et qu'on peut formuler comme suit :
Les aliments sont toutes les substances servant à bâtir les éléments du corps humain et à entretenir leurs fonctions, dès qu'elles se sont montrées propres à ce but par suite d'une longue adaptation phylogénique, l'expérience ayant prouvé qu'elles font prospérer la vie et la santé du corps, sans y provoquer d'effets toxiques. Parmi les aliments, nous devons compter avant tout l'eau, la plupart des corps protéiques, l'amidon, la graisse, le sucre, les sels végétaux, la chlorophylle, etc., tels qu'ils sont contenus dans les fruits, les légumes, les racines, les céréales, le lait, la viande, etc. L'affirmation qu'un poison peut être en même temps un aliment, n'est qu'un jeu sur les mots. Certains poisons, la plupart même, peuvent sans doute, par leur décomposition dans le corps, y développer des calories, parfois de la graisse et quelques autres etï'ets analogues à ceux des aliments. Mais du moment qu'ils lèsent passagèrement ou dune façon durable les fonctions vitales ou la structure anatomique du proloplasma, on n'a plus le droit de 1rs décorer du titre d'aliments, car le mal qu'ils font au corps dépasse de beaucoup leur utilité, et rien n'est plus facile que de les remplacer par de véritables aliments qui n'offrent aucun danger. Le phosphore et l'arsenic poussent à la graisse, et la glycérine brûle dans nos tissus, ce qui ne donne pourtant aucun droit d'attribuer à ces gubstances toxiques le titre de matières alimentaires. D'autre part, sans doute, plusieurs «les meilleurs aliments peuvent produire dra
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toxines et agir ainsi indirectement d'une façon toxique, lorsqu'on les prend en trop grande quantité et qu'on en sature ainsi nos tissus. Mais il s'agit là d'une chose à laquelle il est facile de se soustraire en évitant la gloutonnerie et en prenant un exercice musculaire suffisant. Certains corps chimiques sont en outre toxiques pour certains animaux et pas pour d'autres. Ici, l'on pourrait encore penser à la possibilité d'une adaptation graduelle. Mais ce n'est jamais le cas des substances qui, comme l'acool, agissent sur tous les organismes vivants comme poisons protoplasmiques. Quelles sont donc les substances que l'expérience nous prouve être les poisons principaux du système nerveux ?
Il existe deux sortes d'intoxication : a) celle par les poisons facilement solubles ou décomposables qui disparaissent bientôt du corps. L'action de ces poisons peut néanmoins provoquer des lésions durables et même irréparables par sa répétition. Ils occasionnent donc deux sortes d'intoxication, premièrement l'intoxication aiguë (c'est-à-dire subite, plus ou moins violente, mais passagère) lorsqu'on les prend en une seule fois, et secondement l'intoxication chronique (c'est-àdire lente, tenace, souvent incurable, causée par une accumulation de résidus et d'effets non corrigés). 6) La seconde sorte d'intoxication est celle par les poisons difficilement solubles et non décomposables, tels que surtout les métaux, poisons dont l'action est d'emblée très chronique et lentement progressive.
a) Poisons facilement solubles. — Citons d'abord une série le poisons qui agissent plus ou moins rarement sur nous par suite d'accident ou d'erreur, tels que les gaz toxiques (oxyde de carbone et gaz à éclairage, certains champignons, etc.), et dont la plupart provoquent, soit une paralysie fonctionnelle, soit une excitation, soit plus rarement une action destructive sur le système nerveux. Leur effet ne se répète pour ainsi dire jamais, car on les évite dès qu'on les aperçoit. On les emploie souvent aussi pour assassiner ou se sui-
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cidef, el l'on meurt ou l'on se guérit de l'empoisonnement aigu qu'ils provoquent. Il est rare qu'on en ressente un elïet durable. Tout au plus certaines paralysies <>u psychoses (la plupart du temps des états comateux ou îles perturbations mentales, qui durent quelques semaines se développent-elles parfois à la suite de leurs effets immédiats. Leur importance est fort médiocre, le- cas étant rares, car l'homme en a très peur et les évite avec le plus grand -oin.
Les poisons narcotiques sont par contre d'une importance capitale, et c'est tout particulièrement le cas de ceux dont l'usage habituel s'est développé au point d'entrer dans les mœurs des peuples. Les plus terribles sont l'alcool, l'opium, la morphine, le hachisch, l'éther et la cocaïne. Tous provoquent d'emblée une intoxication cérébrale dont l'effet est agréable, parce qu'elle paralyse, c'est-à-dire rend obtuses. les sensations douloureuses, parce qu'elle fournit ainsi l'illusion du bonheur, excite au début plus ou moins légèrement l'action motrice, chatouille agréablement les sensations el les appétits inférieurs, et entrave les associations mentales complexes, le jugement, la réflexion, l'accomplissement des résolutions sérieuses, et enfin les sentiments moraux et est hétiques. L'homme ressent agréablement tout ce qui émousse l'activité «le -on cerveau. Tous ces poisons ont en outre la particularité commune de développer à la longue une passion plus ou moins forte, c'est-à-dire un désir pathologique, plus ou moins accentué selon les individus, de s'intoxiquer ii nouveau el à dose plus forte. Illusionnant ainsi l'homme sur lui-même et l'attirant comme une sirène, l'action de ces poisons sur son cerveau tend perpétuellement à répandre leur usage dan- la société humaine et à accentuer leur effet sur un nombre toujours croissant de ses membres. Ils entraînent de véritables épidémies ou endémies toxiques des peuples. En même temps leur usage répété provoque une dégénération lente du système nerveux central ainsi que d'autres tissu-, et par là un dépérissement graduel.
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Tant que leur usage demeure modéré, l'effet de leur action chronique est si difficile à reconnaître et les troubles durables qu'ils provoquent sont si peu apparents, que la société s'y habitue et ne s'aperçoit pas à quel point sa valeur mentale générale en diminue. Lorsque, par contre, les doses employées sont plus forles, l'intoxication chronique transforme le caractère au point de provoquer des psychoses complètes et même la démence. Les narcotisés chroniques (alcooliques, morphinomanes, opiophages, éthéromanes, etc.) deviennent, selon la nature du poison qui les passionne, plus ou moins lâches, brutaux, amoraux, somnolents, etc., tandis que l'intoxication aiguë ou ivresse ressemble plutôt à un accès passager de folie. Le pire de tout est néanmoins le fait qu'en particulier lintoxication alcoolique aiguë et chronique détériore aussi les glandes sexuelles et les germes qu'elles contiennent, de sorte que la descendance en dégénère par blastophthorie sur une échelle plus ou moins considérable selon le degré social de lintoxication (voir plus bas). C'est là un fait aujourd'hui absolument démontré. Une grande partie des maladies et anomalies du système nerveux décrites dans les groupes I, II et III sont sans aucun doute le produit indirect de l'intoxication aiguë et surtout chronique des germes de nos ancêtres. On peut prouver la chose d'une façon éclatante pour l'idiotisme et l'épilepsie, mais aussi pour le groupe des psychoses et des névroses héréditaires. Dans le monde civilisé, c'est l'alcool qui joue ici de beaucoup le rôle le plus important, sauf en Chine et en Inde, où c'est l'opium.
L'intoxication alcoolique aiguë s'appelle ivresse, l'intoxication chronique alcoolisme chronique. Le délire alcoolique est une psychose intercurrente qui se déclare souvent dans le cours de l'alcoolisme chronique. Il existe aussi une épilepsie alcoolique, des paralysies alcooliques, des névralgies, atrophies du nerf optique, mélancolies, manies, délires systématisés et même des atrophies cérébrales suivies de démence, à la suite de l'intoxication alcoolique. Une poly-
névrite inflammation mulliple des nerfs) accompagnée d'une psychose grave, dite psychose de Korsakov, se développe presque toujours sur une base alcoolique. Au moins la moitié des crimes et délits (plus des trois quarts des crimes contre les personnes, en particulier des délits sexuels), se perpètrent sous L'influence de l'alcool. L'alcoolisme occasionne souvent des anomalies, de l'appétit sexuel. Dans les quinze plus grandes villes de la Suisse, un tiers des suicides et plus d'un dixième des cas «le mort chez les hommes au-dessus de vingt ans, sont «lus directement ou
indirectement à l'action de l'alcool. De 20 à 35 p. 1 les
admissions masculines dans les asiles suisses d'aliéné.» sont des cas d'alcoolisme. Dans une statistique reposant sur un nombre limité, mais bien étudié de cas, le docteur Jung a trouvé, parmi les recrues suisses dont plus de 5o p. 100 ont dû être renvoyées pour inaptitude au service militaire, 9 p. 100 d'imbéciles, et, chez les réformés provisoirement, revenant entre 20 et 3o ans à l'examen médical, 12,9p. 100 d'alcooliques. C'est le même composé chimique, l'alcool éthylique, qui donne à l'eau-de-vie, .111 vin, .'1 la bière cl au cidre leur action toxique et qui provoque le» effets pathologiques d'intoxication sociale que nous venons de résumer en deux mots. Jusqu'ici, on n'a guère su faire officiellement autre chose que de prêcher la modération cl la tempérance cl de laisser s'exercer du plus.au moins l'intempérance, au lieu de faire la seule chose rationnelle, c'est-à-dire de lutter pour obtenir la suppression radicale «le l'usage de ce poison social. Dès que l'homme se laisse aller à l'usage d'un narcotique, il en esl malheureusement ébloui; il demeure dans l'illusion, cl la dégénérescence générale lui reste en grande partie voilée, parce que chaque individu ne l'observe le plus souvent sur lui-même que lorsqu'il en ressent fortement les effets sur sa santé, et parce qu'il ne ressent pareil» effets que quand ils sont déjà fort avancés ; il est alors le plu» souvenl trop tard pour les guérir. Un singulier cercle vicieux se forme eut h-
l'alcoolisme et les psychopathies constitutionnelles (la disposition héréditaire aux maladies nerveuses et mentales de notre groupe II) : ces dernières sont créées à un haut degré par l'hérédité blastophthorique du premier; mais en même temps le psychopathe constitutionnel a une forte tendance à l'ivrognerie, c'est-à-dire à se passionner de l'alcool, et tombe dans l'alcoolisme plus facilement que l'homme normal. Voilà pourquoi les gens s'imaginent que, parce que les psychopathes supportent moins bien l'alcool que les autres, l'ivrognerie n'est que « le vice de quelques ratés ou déséquilibrés! » Le cerveau de l'homme normal est relativement plus résistant, et d'autres organes internes, tels que le cœur, le foie et les glandes sexuelles, sont ordinairement alcoolisés avant lui ; le malade meurt alors souvent d'alcoolisme sans être devenu ce qu'on appelle communément un ivrogne, parce qu'il n'a pas fourni les symptômes de l'ivresse grossière, mais il n'en fait pour cela pas moins dégénérer la race. Tous ces faits, le public les ignore, les oublie ou s'en moque.
Les chiffres suivants montrent mieux que tout le rôle direct de l'alcool dans les maladies du système nerveux. De 1870 à 1900, 7.720 aliénés ont été internés à l'asile de Burghôlzli à Zurich, dont 972 intoxications du système nerveux (femmes comprises). Dans 925 cas (95,2 p. 100 des 972, ou 12 p. 100 de toutes les admissions), il s'agissait d'alcoolisme, et dans 38 cas (3,9 p. 100 des 972) d'intoxications morphiniques. Ajoutons 3 cas d'intoxication saturnine (plomb), 1 cas de bromisme, 1 cas de cocaïnisme, i cas de chloralisme, 1 cas d'éthéromanie, 1 cas d'intoxication par l'oxyde de carbone et 1 cas d'intoxication par le gaz d'éclairage, qui constituent entre eux tous le 0,9 p. 100 restant des intoxications du cerveau. Quant aux intoxications par la nicotine (tabac), le thé et le café, dont on bavarde tant pour faire croire au public que les anti-alcoolistes font preuve d'un exclusivisme fanatique, aucun cas n'en a été observé,
quoique L'usage de ces substances soit très répandu en Suisse et que nous soyons les premiers à déconseiller à tout le inonde au moins l'usage du tabac. En 1900, les asiles suisses d'aliénés ont admis Ions ensemble i-424 hommes (admissions masculines seules), d'après la statistique fédérale. Sur ce nombre 294 (20 p. 100) étaienl atteints de psychoses alcooliques, et 9 cas seulement concernaient d'autres psychoses par intoxication, surtout la morphinomanie. On ne sentira toide l'importance de ces chiffres que quand on aura suffisamment compris qu'une proportion, impossible à fixer par la statistique, de- autres aliénés doivent leur maladie non pas à leur propre intoxication, mais à celle de leurs ancêtres, et que beaucoup d'autres facteurs d'aliénation mentale, et de névroses (en particulier la syphilis) s'acquièrent avant toul pendant l'ivresse alcoolique.
Lorsqu'on enlève leur poison (surtout la morphine, mais aussi d'autres) aux narcotisés chroniques, ils souffrent d'abord cruellement de ce qu'on appelle les phénomènes d'abstinence. Et pourtant la suppression absolue de l'usage du poison constitue leur seule possibilité de guérison. La santé et la force normale ne leur reviennent que lorsqu'ils ont surmonté les souffrances initiales de l'abstinence. Néanmoins un reste ou déficit chronique incurable demeure fréquemment. De toutes les intoxications narcotique- connues en médecine, c'est l'alcoolisme qui présente le moins de symptômes d'abstinence. On peut supprimer subitement l'usage de l'alcool, sans que le malade en souffre en général d'une façon notable. Quiconque a une tendance à la passion d'un des narcotiques indiqués, succombe facilement aussi à l'un des autres. Donc la seule règle d'hygiène qui lui convienne est l'abstinence de tous les narcotiques. Cette règle devrai! du reste être celle de chacun.
/- Poison& difficilement solubles et demeurant dans Vorganisme. C'esl surtout le plomb en particulier chez les pein-