CHAPITRE X
HYGIENE NERVEUSE DE LA CONCEPTION ET DE L HEREDITE (HYGIÈNE DES DISPOSITIONS HÉRÉDITAIRES)
En tant qu'éléments de notre propre corps, les ovules et les spermatozoïdes sont incapables de pourvoir à leur propre hygiène. On dit par plaisanterie qu'on ne peut jamais être assez prudent dans le choix de ses parents. Or, on ne peut pas les choisir. Il résulte de ces simples réflexions que toute femme ou tout homme, arrivé à l'âge de raison, a le devoir social sacré de pourvoir à la santé de sa progéniture. Il est extrêmement commode de prétendre que nous ne devons pas tenter le destin et que c'est l'affaire delà « nature » (toujours la nature !) de se charger de notre sélection. Les animaux le font sans doute avec un certain succès, car ils ne font pas de médecine, ne portent pas de lunettes, ne s'habillent pas, ne s'inquiètent nullement de leurs malades ni de leurs éclopés, ou ne s'en inquiètent que pour les achever, de sorte que la mort se charge de leur sélection. Mais l'homme soigne les malades, hospitalise les éclopés, fait tuer les bien portants à la guerre, et rend les unions sexuelles naturelles toujours plus difficiles par l'organisation de la prostitution avec ses satellites, les maladies vénériennes, et par le service militaire de longue durée ; il paralyse la sélection sexuelle normale par les mariages d'argent et de classe, et, en général, par l'omnipotence de l'argent; enfin il cultive soigneusement