‹ L'âme et le système nerveuxChapitre 62 sur 78 · REMARQUES GENERALES · texte numérisé non relu

REMARQUES GENERALES

besoins bons et utiles des mauvais désirs qui ne deviennent qu'artificiellement des besoins. Mauvais sont tous les besoins matériels qui asservissent l'homme et le rendent dépendant, donc tous ceux qui en reviennent à la passion des narcotiques, de la jouissance, du luxe, du jeu, de la parure, etc. Bons, au contraire, sont tous ceux qui poussent au travail utile et surtout social de rame et des muscles. Qu'on soit donc aussi simple et modeste que possible dans ses vêtements, dans son alimentation, dans son logement, etc., sans cependant négliger l'esthétique ni les objels instructifs, et qu'en revanche on exige beaucoup de soi-même, en développant son intelligence, ses sentiments altruistes et sa persévérance, ainsi que ses habiletés techniques.

l'appelons enfin ce que nous disions au commencement, c'est que l'hygiène, comme telle, n'est là que pour prévenir les maladies par un genre de vie approprié, et non pour remplacer le médecin lorsque la maladie est là. Quiconque aura lu nos chapitres Vil et Mil y aura remarqué la variété des maladies mentales et nerveuses dont notre petit livre n'a pu donner qu'une esquisse très succincte. Il comprendra doncque, pour pouvoir en faire le diagnostic, le pronostic et le traitement, il est nécessaire d'être psychiatre ou psychologiste expérimenté. La difficulté consistera alors à trouver et à bien choisir son médecin. Qu'on se garde surtout des arrivistes et des médecins qui sont trop forts financiers, pour ne pas parler des charlatans, patentés ou sans patente, qui malheureusement forment légion. On ne devrait plus de nos jours devoir dire à un homme raisonnable que tous les héros de la réclame, qui étalent leurs résultats thérapeutiques dans les journaux et dans des prospectus tapageurs, qui prétendent avoir découvert des remèdes à toutes les maladies, qui promettent de donner l'énergie et la volonté à ceux qui en manquent contre l'envoi de 7 ou S francs, ne sont du premier au dernier que des charlatans ou des escrocs, dont le seul but est d'exploiter la crédulité du public. On devrait enfin cesser

l><)'l GÉNÉRALITÉS SUR L'HYGIÈNE Dl SYSTÈME NERVEUX

d'avoir si peur des asiles publics d'aliénés. Je parle du moins de la Suisse, où nos asiles publies sont assez petits et où le nombre des médecins esl suffisant pour permettre un traitement rationnel et individualisé. Le directeur à traitement Bxe d'un asile d'Etat est perpétuellement exposé aux attaques et aux calomnies, grâce aux idées délirantes mensongères d'aliénés à demi ou pas du tout guéris qui sortent des asile-. Précisément par suite de celle situation épineuse, il offre certainement beaucoup de sécurité, car le terrain volcanique sur lequel il vit est peu propre à développer chez lui la charlalanerie. Ses connaissance- des anomalies de l'âme humaine lui donnent une expérience que les autres médecins n'ont pas, Beaucoup de névrologistes qui ne vivent que dans le^ sanatoriums, et dont les études préalables se sont soin eut bornées à la moelle épinière et aux nerfs périphériques, ont le grand défaut de connaître trop peu et souvent fort mal le centre même du domaine de leur spécialité, c'est-à-dire le cerveau et les maladies mentales.

Il serait d'une importance capitale d'accorder à la psychiatrie une plus haute position dans les facultés de médecine, et de donner ainsi à l'aliéniste l'occasion d'étendre son expérience extra muros, c'est-à-dire hors des murs de son asile, à toutes les maladies nerveuses, au lieu de séparer en deux personnes le névrologiste de l'aliéniste, ce qui est une erreur de principe. C'est facile à comprendre : Où faut-il appliquer le scalpel dans le cerveau pour séparer les maladies mentales des maladies nerveuses, la psychiatrie de la neurologie? Poser cette question, c'est la résoudre dan- le sens de l'unité.

Dan- le doute et en cas pressant, on fera toujours bien d'appeler un modeste et honnête médecin praticien qui connaisse le malade et sa famille. <'.e scia lui qui donnera le meilleur conseil provisoire et qui sera le plus capable d indiquer un spécialiste approprié au cas.

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