HYGIENE NERVEUSE DE LA CONCEPTION ET DE L HEREDITE 2J
précisément l'une des causes principales de notre dégénérescence, je suis au contraire partisan décidé d'une lutte énergique contre toutes ces perversités sociales. Nous avons expliqué plus haut à quel point on a tort de repousser les produits de notre culture, qui peuvent soulager et corriger nos nombreuses misères, en les stigmatisant des termes d' « artificiel » etde« contre nature ». Lorsque de malheureux éclo- ])és de corps ou (rame, qui ne devraient pas se multiplier. deviennent amoureux et veulent absolument se marier, il ne faut pas les on empêcher, mais simplement exiger d'eux qu'ils renoncent à procréer eux-mêmes des enfants, et que, s'ils en veulent absolument, ils adoptent ceux des autres. On les instruira simplement sur les moyens à employer pour empêcher, définitivement ou non, les conceptions Ci).
Ces moyens servent en même temps dans le mariage à empêcher les procréations d'enfants trop rapides ou accumulées, permettant ainsi à la mère de se reposer entre ses grossesses, tout en n'exposant pas le père, par l'imposition d'une abstention prolongée, à la tentation de devenir infidèle à sa femme, • le troubler ainsi la paix du ménage, et même peut-être d'y apporter du dehors des maladies vénériennes, qui risquent d'empoisonner à la fois lui, sa femme et sa progéniture.
On a écrit beaucoup de sottises sur les moyens anticonceptionnels que nous signalons, et l'on a prétendu qu'ils sont nuisibles ou dangereux, ce qui est absolument faux. Il est tout aussi ridicule de déclarer la chose immorale, alors qu'en réalité ces moyens poursuivent avec succès le but de supprimer les excroissances les plus abominables de l'immoralité, de la maladie, de l'infidélité et de la procréation de descendants dégénérés.
Il faut donc qu'on nous comprenne bien ; les moyens néo-malthusiens ne doivent nullement servir à restreindre le
(l) .te renvoie les personnes qui s'intéressent à cette question à mon livre sur la Question sexuelle, -r édition, Paris, G. Steinheil. 1906.