HYGIÈNE NERVEUSE DE LA CONCEPTION ET DE [/HÉRÉDITÉ
nombre des enfants par égoïsme ou par amour de la jouis sance el de l'argent. Nous voulons simplement régler à leur aise les procréations et améliorer leur qualité, parce que c'esl là un devoir sacré vis-à-vis de nos enfants. Sans doute, les mari- égoïstes, les femmes coquettes el légères, etc., emploient de pareils moyens par simple paresse el commodité, pour conserver leurs aises ou leur beauté, ou encore parce qu'ils n'aiment pas les enfants. Le résultai de la chose esl que ces messieurs el ces dame- se reproduisent moins ou ne se reproduisent pas, ce qui n'es! guère dommage. Le- gens capables, bons el heureux de vivre, qui aimenl [es enfants el se réjouissenl d'en avoir, n'ont qu'à lire le chapitre suivant pour être encouragés à en procréer. Quand on donne à ses enfants comme dot, en les mettant au monde, de bonne- dispositions héréditaires, cela vaut bien plus pour eux que la richesse et le luxe, qui ne l'ont que les faire dégénérer. Les natures bonnes, saine- el capables se tirent d'affaire dans la vie, même lorsqu'elles naissenl dans la pauvreté. Je déclare encore ici qu'à pari les règlements concernanl les aliénés et les criminels récidivistes avérés, je n'attends rien de lois el de mesures coercitives, mais tout de l'instruction du peuple et de mœurs saines dans le domaine qui nous occupe.
En terminant, je renvoie au chapitre VIII pour ce qui concerne l'action blastophthorique des poisons et en particulier de l'alcool. Dans l'hygiène de la conception, ce poinl esl de toute première importance. Ce soûl surtout les natures criminelles (récidivistes), les intrigants, les processifs el d'autres produits malfaisants, méchants et profondémenl psychopathes, véritable peste de la société, qui devraient être mis hors d'état de procréer «le- enfants. Il eu est de même de tous les hommes antisociaux, des exploiteurs passionnés, par exemple, car ce -<>iil eux qui répandent le plus de maux dans leur entourage. Il esl triste de voir tant de personnes
bonne- el capables de noire société cultiver ;icluel|e. être
HYGIÈNE NERVEUSE DE LA CONCEPTION ET DE l'hÉRÉDITÉ 2y3
mises par les autres à contribution au point de n'avoir plus le temps ni l'occasion de se marier et de procréer des enfants, tandis que ce sont précisément elles, par exemple les bons domestiques, qui devraient se reproduire le plus. Je ne veux pas entamer ici la question de notre monogamie, qui est bien plus une étiquette menteuse qu'une vérité, car la polygamie, même chez les mahométans, est certainement moins mauvaise que notre prostitution. La monogamie devrait reposer sur un véritable amour et une vraie fidélité, et non sur des paragraphes de codes et sur l'hypocrisie des contrats. Il faudrait mettre l'accent aigu des lois sur les devoirs de tout procréateur des deux sexes envers les enfants qu'il procrée, et faciliter le divorce pour corriger les erreurs du mariage. Le formalisme hypocrite avec lequel on stigmatise et montre au doigt les enfants dits illégitimes et leurs mères, ainsi que l'infériorité de leur position légale, sont une honte pour une société civilisée qui reconnaît légalement la prostitution. Nous laissons de coté toute une série de questions, autour desquelles on fait beaucoup de bruit, et que je considère comme sans importance, ou sur lesquelles nous ne savons rien du tout. Je nomme les soi-disant moyens permettant de procréer à volonté des garçons ou des filles, la prétendue influence moyenne plus considérable du germe paternel ou du germe maternel sur les descendants, celle de l'état du sentiment et les sensations des procréateurs au moment de la procréation, etc. Il suffit d'observer avec un peu de soin et sans parti pris la manière dont les frères et sœurs diffèrent entre eux, pour se convaincre de l'inanité de la deuxième de ces questions. Quiconque a compris les conditions de la conception telles que la science les a élucidées (voir chap. V) et s'efforce de se libérer du préjugé de la foi d'autorité, sera par là seul mis en état de distinguer par lui-même ce qui est absurde ou improbable de ce qui est logique et probable. Pour tout ce qui n'est pas prouvé et demeure douteux, il attendra les preuves. Il est certainement dangereux depro-
FOHEL. 18