ÉTHIQUE
naire^ on emploie souvent à tort les termes de raison et d'intelligence Fun pour l'autre.
10. Éthique. — Par éLhi(|iie ou moiale on iw devrait pas entendre certains enseignements dogmatiques histori(jues ou religieux comme les dix commandements de Moïse. L'éthique appartient au domaine du sentiment et se développe sur la base de sentiments instinctifs ou d*émotions de sympathie et de commisération. Ce sont bien, au contraire, les règles de Téthique vraiequisont dérivées des sentiments altruistes naturels de l'homme. Par sa nature, Tiiomme est, en partie du moins, un être social qui ressent de la sympathie pour ses proches, la femme pour son mari et ses enfants, l'homme pour sa femme et ses enfants, les enfants pour leurs parents et leurs trères et sœurs. Ce qui fait plaisir à Tun réjouit les autres, et ce qui lui fait mal leur fait de la peine. De là résulte le sentiment mixte du devoir ou conscience morale qui constitue la lutte entre la sympalhie et tous ses déi ivés d'une part, et les sentiments égoïstes de la conservation du moi de l'autre. Le triomphe de Tallruisme, c'est-à-dire l'abnégation, le sacrifice du moi aux objets de la sympathie (directe oudérivée), procure la satisfaction du devoir accompli. Les sentiments de sympatliie s'étendent des proches aux amis, des amis au lieu natal, <iu lieu natal à la patrie, de la patrie à l'humanité, souvent môme aux animaux, aux plantes et aux objets auquels on s'attache.
On peut ressentir le sentiment de devoir envers des êtres qui vous sont antipathiques. En effet, en étendant les sentiments de sympathie des proches à la patrie et à Thumanité, on les
généralise. El en subordonnant les sympathies individuelles à la sympalhie générale pour la patrie, la science, l'humanité, on en arrive nécessairement à surmonter de ce chel les antipathies et les sympathies individuelles dans Fintérél général ou dans celui d'un principe ressenti comme moral (idée religieuse, solidarité sociale, etc.). Ces sentiments altruistes de devoir