‹ L'âme et le système nerveux, hygiène et pathologieChapitre 16 sur 77 · PSYCHOLOGIE (SCIENCE DE L AMB · texte numérisé non relu

PSYCHOLOGIE (SCIENCE DE L AMB

sont innés et instinctifs chez Thomme normal. Celui qui n*en

possède pas trace est un monslie, un idiot moral, un criminel-né. Certains théoriciens ont voulu bAlir l'éthique sur les intérêts de Tégoïsme pur. C'est là une grave erreur. Jamais une raison pure, dénuée de tout sentiment, ne pourra conduire à une morale sociale juste. Mais il est tout aussi faux, qnoi(|ue fort usuel, de prétendre que Tégolsme, c'est-à-dire la somme des sentiments (jui se; rapportent au moi, constitue une antinomie de l'altruisme, c'est-à-dire des sentiments élhi(iiics ou de sympathie. Un être social idéal devrait au contraire présenter l'harmonie la plus complète entre Tégoisme et les sentiments de sympathie, c'est-à-dire que chez lui tout membre de la communauté devrait éprouver la plus haute jouissance, en satisfaisant celle des autres et de toute la société. C'est ce que nous observons dans les communautés des fourmis et des abeilles. Si une jouissance sociale aussi complète et bien adaptée existait chez Thomme, il y a longtemps que nous aurions le paradis sur la terre. Nous n'aurions besoin ni de lois, ni de gouvernements, ni de châtiments. Malheureusement, les sentiments moraux des hommes sont très incomplets. La bête féroce ancestrale qui jouit «le la douleur des autres, ou qui tout au moins satisfait son égoisme aux dépens de ces derniers, est encore bien trop vivante en nous. Le seul commandement moral d'une humanité sociale et idéale serait : « Aime ton prochain comme toi-même et l'humanité, surtout nos descendants, plus que ioi-môme ou que tout autre individu. » Mais si l'on y ajoute : « Aime tes ennemis et bénis ceux (jui te persécutent », nous^sommes obliges de répondre : " Tant qu'il y aura des ennemis parmi les hommes, une éthique pure el spontanée sera impossible et Ton sera obligé d'user d'expédients artificiels. » Il y a donc deux sentiments combinés dans les sentiments éthiques : l'amour ou sympathie, qui est un pur sentiment de plaisir, et la conscience morale. La conscience morale consiste en une série de sentiments pénibles (sentiments de déplaisir), qui prennent naissance lorsque

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B8TBÉTIQUK

nous faisons du tort à d'autres, lorsque nous désirons ou faisons quelque chose de mauvais ou d'antisocial, et qui nous poussent & éviter' d'accomplir de mauvaises actions et au coq*

traire à en exécuter de bonnes, c'est-à-dire de sociales ou altruistes. La conscience s'éveille aussi lorsque nous n'accomplissons pas une action bonne et sociale que nous pourrions et devrions faire, parce qu'en la négligeant le mal se produit. La conscience morale exige de nous qu'au mépris des appétits égoïstes qui nous poussent à jouir, nous fassions ce que nous appelons notre devoir, c'est-à-dire ce que nous croyons devoir faire pour le bien des autres et de la société, et que nous nous abstenions de faire ce qui léserait notre devoir. On voit donc que si nous voulons faire notre devoir

selon notre conscience, nous avons à accomplir des combinaisons de représentations, de sentimenta finement nuancés et de volitions. Or, tandis que le sentiment du devoir luimême est en majeure partie héréditaire et inné, ses objets sont à un haut degré appris et sont déterminés en grande partie par les mœurs, la convention et Thabitude. Mais il existe des hommes qui dans leur caractère héréditaire n'ont que très peu ou pas de conscience, c'est-à-dire qu'ils n'éprouvent pas de sympathie ni de sentiment du devoir envers les autres, ni envers la société. Chez ces individus, dits amoraux, l'accomplissement du devoir ne peut être que plus ou moins appris par Diabitude, et il ne se fixe jamais solidement chez eux. Chez beaucoup d'autres, la sympatiiie et le sentiment du devoir existent, mais sont exclusifs, bornés à certains individus auxquels tout est sacrifié: le moi comme le reste des hommes. C'est là ce qu'on a appelé l'égolsme à deux ou à quelques-uns (altruisme de mauvaises familles ou de clique).

11. Esthétique. — Le sentiment esthétique est le sentiment du beau. L'art se base sur l'imagination esthétique. Nous n'avons pas à nous en occuper ici. Remarquons néanmoins qu'à son origine Fart s'est surtout développé à l'aide de l'es-

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