‹ L'âme et le système nerveux, hygiène et pathologieChapitre 55 sur 77 · C. Causes acquises. — i** Causes purement corporelles et · texte numérisé non relu

C. Causes acquises. — i** Causes purement corporelles et

MATÉRiEi.LEs. — Telles sont :

a) Toutes les intoxications (.'^' groupe G du chapitre VU)- Dans ce groupe la forme de la maladie dépend directement de sa cause, c'est-à-dire du genre d'empoisonnement. Nous ne

(i) Paris, G. Steinheil, igo5, V édition 1906. (a) Genève, Kiindig, igoa.

o iyui^cd by Googl

CAUSES ACQUIbiiii 20^

jiarloiiN nahin'ileiiu'nl pas ici des troiildcs nuMilaux cl nerveux tléU'i'iiiiiié.s imlirecteineiil chez les (lesceiKlaiils d'alcooliques par la blastophlhoric dont nous venons de parler, mais seulement de l'intoxicaliun dirocle ilii système nerveux, surtout parFalcool, la morphinevOtc. ainsi que par les auto- intoxications. Nous avons déjà signalé riinpoi lanrc de ce j^roupe.

Al Infci lion /mr (les mirr'x/rf/ tiiiy.nics. — La syphilis, la (lèvre L)ph()i<lc, le choléra, la grippe, la rage, les bacléries sepliques, la tuberculose, etc., peuvent tous s'attaquer au système nerveux, en particulier au cerveau, et provoquer ainsi des maladies mentales et nerveuses parfois mortelles, fort souvent chroniques et curables, parfois aussi incurables. Nous rappelons riniporlatice de la |)aral}sie progressive cL de Talaxie loconiolrice, dues à la syphilis.

c) Troubles spéciaux de la nulrilion, — Je ne signale ici que pour mémoire la goutte, le myxœdème (crétinisme), etc., d<^jà mentionnés comme i^roupe nosologique.

d Un genre de vie anormal, Tisolenienl dans de mauvais locaux, les occupations malsaines, les mauvais lojJi^ements, ralimentation insuffisante, bref, tout ce qui fait dépérir la santé générale de l'homme et trouble sa nutrition, rend aussi le cerveau moins résistant et prédispose par là indirectement aux troubles mentaux et nerveux. Ce sont néanmoins encore ici les gens larés d'hcrédilé nerveuse qui succondtcid le plus souvent, landis <pi<' les autres dépérissent el nu*urenl bien plutôt à la suite de lésions d autres organes. On peut coniprendre sous le présent chef les psychoses par épuisement (voir chap. Vil).

e) Toutes les blessures directes et les maladies organiques locales du cerveau, les comniolioiis, les déchirures du lissu cérébral, les tumeurs, les apoplexies, etc., font, il vàsaus dire, partie des causes immédiates de psychoses acquises. Mais les blessures fortuites du cerveau n'ont aucune action héréditaire quelconques ni ordinaire ni blastophthorique. Elles n*ont aucune action sur les germes, ni par con>écpienl sar les dcsiûis:.L. i\

cendants du malade, pas plus qu'elles ne sont elles-mêmes causées par des tares anceslrales.

/) Cerlains troubh's nerveux qui resseiuhlenl à Thyslérie, (larlois inènu' à la pîn';il v>i(' liviuTale, mais (jui soni l'ctTol direct de blessures graves cl se pruduiscnl eu particulier à la suite d accidents de chemin de fer, méritent une mention spéciale. On les appelle névroses et psychoses (raumaHques, et la question des dédommagements à payer par les sociétés d'assurauees conire les accideuls joue souvent un ij^rand rôle dans leurs conscquences ; elle inllueuce uièuie parfois séricu sèment leur cours. Du reste, il s'agit là quelquclois de cas très graves, et l'on accuse souvent fort injustement le malade de simuler. Gela n^infirme naturellement pas la contre-partie.

Dans les cas légers surtout, les malades examinèrent souvent et simulent uiènie à dessein eerlains symplôuics, pour obtenir une plus forte prime de dédommagement. Ce qui est plus fréquent néanmoins, c'est que les névroses traumatiques s'aggravent inconsciemment par autosuggestion, le malade se frappant sur son état et s'apîloyant sur lui-même.

Les névroses et psychoses traumatiques se produisent (issez souvent par simple eoniniolion, sans (pTil y ail d hémorragie ni de lésion analomiipie visilde du cerveau. Mais d'autres fois elles sont dues à des déchirures et à des hémorragies du tissu nerveux produites par contre-coup.

2» Causes purement psychiques (neubocymiques). — \ous avons [injuvé au cliapilrc III (pi'il n'(\\isle l'ien de |)iircmeni psychique. Ce qu ou entend par causes psychiques^ ce sont des agents irritaleurs qui provoquent dans le cerveau des orages neurocymiques fonctionnels, parce qu'ils sont associés aux pensées, soit directement, soit à l'aide des symboles des sens, et (ju'ils peuvent ainsi déclancher des émotions jjrolondes ou de lontç'ue durcc. Je «lis à dessein <les émoliom^ car les activités purement intellectuelles ou voloulaires n*agissent presque jamais ou seulement très exceptionnellement comme causes concomitantes directes d afleclioos

mentales ou nerveuses. Ounud <'lles atifissenl, c'est en provoquaaldes élats émoLionnels. Les seaLimenls et les étuolious jouent donc ici le grand rôle. Les causes dites psychiques ajpssent d*une façon purement dynamique, c'est-à-dire neurocymique, par irritation nerveuse. Il s'ensuit c{u'elles ne peuvent provoquer d'emblée que des troubles fonctionnels t'I non des troubles organiques dans le sens inditpié plus haut. Quiconque a saisi la portée des chapitres précédents comprendra en môme temps comment de pareilles causes dites psychiques peuvent faire éclore des psychoses ou des névroses.

Je renvoie tout d'abord à ce (|uc j ai dit au clia|)itre I sur h suggestion. La suggestion et Tautosuggeslion jouent eu effet ici un rôle énorme, car, grâce à la dissociation et au mo* noidéisme qu^elies produisent, lafflux émotif, associé à une représentation quelconque, est capable de s'enfler d'une façon formidable et non seulement de provoquer ainsi des effets durables, mais encore de diMueujcr sous l'ornu» de trace indé- '«'bile et latente, c'est-à-dire d engramme puissant pendant 1''^ années (sous le seuil de la conscience), dans le cerveau où il constitue une « blessure toujours ouverte ou plaie psy^ chique » (plaie de Tâme). Exemple : Un enfant se promenant au créjïuscule est épouvanté par un farceur qui se présente à Attisons forme de i'anlùiue ou de diable. L'etVroi associé à la représentation du fantôme demeure comme engramme dans ia mémoire du pauvre petit, réapparaissant avec elle dans ses rêves. Plus tard, l'enrant est pris de frissons d'eiTroi ou de terreurs convulsives chaque fois que le plus léger indice ou i événement le plus banal vinil éveilb'r à nouveau ce souvenir et rouvrir ainsi la plaie. A la suite de pareilles blessures psychiques, on voit se [)roduire des hallucinations, ^es obsessions, des phobies, des crises hystériques, etc. La vie entière, surtout celle du sentiment, peut devenir malheureuse et Thumenr empoisonnée à la stiile d'un seul fait de ce genre. Les rapports sexuels, eu particulier les utlcutats sexuels

el l'excilalîon de 1 imagination érolique sont une cause très fréquente de pareilles blessures du sentiment, surtout chez les enfants et les jeunes filles. De simples réflexes digestifs

peuvent agir d'une faron semblable. Une indigestion survenue h la suite de Tabu^ d'un Iruil ou d'un mets, surtuuL dans Tenianee, peut produin* un tel ell'et, que la simple odeur ou môme la vue dudit fruit ou mets provoque dès ce moment, et parfois pendant de nombreuses années, un dégoût profond ou môme des nausées. Les prédispositions individuelles héréditaires à l'autosuggestion (la suggestibililé exagérée, en un mol) jouent encore ici mi grand rôle, comme le montrent pour la plupart les cas suivants que j'ai observés moi-même :

Un homme marié devient aliéné (paralytique général à la suite de syphilis). Un érotisme dément le pousse au début de

sa maladie à l'aire une lenlalivede viol sur sa fille de quatorze ans. L'cnfîint encore innocente n'y comprend rien el ne s'en fait guère de souci. La mère, par contre, s'en excite violem* ment ; son émotion est telle qu'encore six ans après elle* souffre de graves insomnies, d'excitation mentale violente e d'émotions profondément déprimantes à la suite de cette aventure, tandis que la jeune lille, devenue adulte dans Tintervalle, est demeurée complètement tranquille et gaie, el s'efforce de tran(|uilliser sa mère. Ce curieux contraste entre la mère et la fille s'explique par deux raisons : a) au moment oii Tacte en question se passa, la mère en comprit la portée, la fille pas, ce qui explique l'émotion violente de la première seule ; b) la lille est de j>ar son caractère plus normale que ba mère et possède un meilleur équilibre mental.

A la suite de l'idée de ne pouvoir dormir et de l'effort anxieux fait pour s*endormir activement (une cause fréquente de Tinsomnie), une jeune ouvrière souffrit pendant un an et demi d*insomnie totale. Je réussis à la guérir, à Taide de la suggestion hypnotitjue.

Un monsieur se suggère petit à petit que toute émotion lui

occasionne la diarrhée, et la chose devient pour lui une vraie torture ; il n'ose plus aller en chemin de fer, etc. Pour empêcher la chose, il prend journellement de Topium. L'opium

n'anrlc, en ivalil<'', que Icinporairemenl In «liai i ht''e par paralysie d<* rinU'slin, cl, tjuand on l'emploie loiiglcinps, il linil par déranger la digostion et par provoquer mi^mo des selles liquides. Je guéris entièrement et définitivement le malade en combinant la suppression de Topium avec des suggestions appropriées contre la diarrhée. D'autres personnes s'autosugg^rent, au coiilraire, la conslipatifui cl ronlrelionnenf en employant pcrpôLueileraeuL des purgalils qui déshabituent le système nerveux central de déclancher Tinnervation normale nécessaire à la défécation.

Beaucoup de troubles des menstrues, de douleurs de la matrice, d'afTaiblissements de la puissance sexuelle masculine, d'allaijuos h\ slci'iqnes et mcnie de psychoses conqjlcles, sont le résultat de simples aulosuggeslions. Toute une série de troubles nerveux se guérissent par voie suggestive, de même qu'ils se sont, sans aucun doute, produits par suggestion ou autosuggestion. Citons ici une foule de cas d'incontinence de l'urine (enfanls qui se monilicnl ), (jn'on altribue souvent à tort à la mauvaise volonté, l'ne bonne partie de la véritable éducation pédagogique repose sur la suggestion bien corn prise et exercée au bon endroit ; elle constitue le meilleur remède aux mauvais plis des enfants, mais elle n'est efficace qu'associée k la sympathie et à la confiance, tandis que tout ce qui provotpie rantipathie rempéclie.

Un monsieur me lut amené à l'asile des aliénés parce qu'il avait brisé dans son hôlel toutes sortes d'objets, sur l'ordre que lui avaient donné des voix (hallucinations). Il me déclara être poursuivi par des esprits (jui lui donnaient des ordres absurdes, entre autres celui de détruire dePinnocenle vaisselle, etc. 11 coiivcnail (b^ l'absnrdih'* de ses actes, mais déclai'ait <Mrc oblige (icies accomplir pour que les es[)rits le laissassent tranquille, ii raconta qu'aux États-Unis il avait été dans une société despi-

rîtes et y avait a j) pris h voir et à entendre des esprits. Comme

son jugement ('lait, du n*sle, forl sain, nous en ronrli'lnics que ce qui paraissait (Hre iln délire de persé<'uti(in lui availété simplement sujjfgérc par les représentations spiriles et s était ensuite flxé par l'habitude dans son cerveau. Je le fis venir à mon cours d'hypnotisme, et j^hypnotisai devant lui nombre de personnes pour l'impressionner. Finalement, je Thypnotisai lui même, lui déclarant avec autorité (pie je chassais les esprits de son cerveau, que ma puissani e était plus grande que la leur, et que, dès maintenant, il n'entendrait plus jamais de voix et demeurerait en santé. Profondément frappé de ce qu ii m'avait vu faire, il tomba immédiatement en somnambulisme et fut guéri en une seule séance (ce qui, soit dit en passant, esttrès exceptionnel).

C'est surtout chez les hystériques qu'on voit des psychoses complètes éclore par suggestion et autosuggestion et se guérir par la même voie. J'en ai observé de nombreux cas.

Le docteur S. Freud, de Vienne, a fondé toute une doctrine et toute une méthode thérapeutiques sur IVffet autosuggeslif des émotions. Il désitcne l'elVet persévérant et latent ou subconscient d'une émotion violente, cause de blessure psychique (voir ci-dessus) du terme d' « émotion enserrée » {eingeklemmter Affekt), Il prétend que les malades ont la plupart du temps oublié l'émotion qui fut la cause primitive du niîd. et il croit devoir la chercher dans toute sorte de cas où le malade ne se souvient de rien, en lui donnant dans l'hypnose des suggestions appropriées, en cherchant à reproduire la situation primitive, à la faire rêver à nouveau, et à la supprimer ainsi par suggestion tranquillisante. J'accorde pleinement la lésion due aux « émotions enserrées », tuais je prétends que le malade s'en souvient le plus souvent à l'état de veille; que Freud, en exagérant énormément cette cause de maux nerveux et surtout en la généralisant aux cas où le malade ne se souvient de rien, suggère lui-même souvent à ses malades toute sorte de choses

CAUSES ACQUISES 2l5

plii<5 nuisibles qu'utiles, surtout dans le domaine sexuel. Le iiKcaiii-iiiK' (le ces ras n'est pas si simple. Chaque cas dilïère des autres. Il faul individualiser soigneusemenl, si Ton veut découvrir les conditions psychologiques souvent si complexes et si embrouillées de pareilles aflections. Ce qui est certain* c'est f(ue si Ton conquiert peu A peu la confiance entière de Pfireils mnladcs. on finit d'or»lin;iiir pur ap|>ren<lre la vraie rniisc de leur trouble nerveux ou psycliitiue. On découvre alors souvent qu'il sagil, on efl'et, de Taclion suggeslive ou autosuggestive puissante d'anciennes émotions, surtout d'émotions pénibles qui se sont nichées et fixées dans le cerveau, influençant et troublant plus ou moins tontes ses fonclions ou du moins plusieurs d'entre elles. Mais on aurait tort (le s y trop appesantir cl surtout d'y faire s'appesantir le malade, car alors on renforce TefTet nocif, au lieu de le combattre.

On entend pai- infection psychique quelque chose qui en revient à une variété de la sup^gestion. Beaucoup d'aliénés sont souvonl si j)uissannnent fanatisés cl enlraîné> par leur délire .systématisé, et en même temps si bien doués ou si énergiques, et si suggestifs dans toute leur personne, qu'ils réussissent à inoculer, c'est-à-dire à suggérer leurs idées délirantes à toute une série de personnes saines d'esprit, en particulier à leurs proches. C'est ainsi qu'on voit des gens jusqu'ici raisonnaldes iHrc contaminés à tel point par les idées délirantes d(î leur époux, de leur mère, de leur p» re. de leur frère aliéné, qu'ils croient aveuglément à toutes les absurdités que ceux-ci débitent, en font l'apologie, se mettent à la suite du malade et finissent par se conduire d'une façon aussi folle et aussi inaccessible à toute raison (pie lui. Dans plusieurs <le ces cas, surtout lorsqu'il s'agit de frères et de s<eurs, il est dillicile de distinguer si les psychoses survenues subséquemment à celle du premier malade doivent être attribuées plutôt à une infection psychi({ne mutuelle, ou si la cause principale ne gft pas plutôt dans les l acines communes d'une tare héréditaire fami-

lialc. En géniTal alors, les deux facteurs agissent ensemble et se provoquent Tun Tautrc. Les cas dans lesquels le mari contamine sa femme ou la femme son mari, sont, par conlre, plus Ivpitpies el i cposiMil iii(lul)il;il)l<Mn<'nl sur une action suggestive. Ils no sont pas si rares qu'on ne serait tenté de W croire, el l individu suggéré nVsl pas toujours curable. 11 est curieux d'observer à quel point Tinfeclé ou les infectés croient, pensent, parlent et agissent sans volonté [)ropre, imitan^ comme des phonograplies les absurdités les pins atroces. La séparation la plus eomplét** et In plus tlurabie, ({ui est, le seul remède, ne guérit nialheureusemenl pas toujours les victimes de l'infection. 11 faut certainement posséder un degré assez fort de prédisposition héréditaire pour pouvoir être infecté de la sorte. On a nommé ces cas « folie à deux, à trois, à quatre, ete.

lîeaurouj) de maladies nerveuses j)Ouvenl se propager ainsi par infection on imitation. C'est, en particulier, le cas des attaques hystériques, de la chorée, des maux de tète, des troubles de menstruation, etc. II. se produit ainsi parfois de véritables épidémies d'affections de ce genre dans certains internats, dans certaines écoles, dan< ccriaines familles, dans certaines villes, etc. Enlin, on voit de t<'mps à autre des popu lations entières être suggérées et entraînées par des aliénés, qui se considèrent eux-mêmes comme les prophètes d'une nouvelle religion. Tel fut dernièrement le cas à Kekskemét,en Hongrie, où un fou entraîna h sa suite une foule de femmes, en leur snfifgérant les aj>})arilions «lu Sainl-Ksprit ({u'il voyait dans la fumée de leurs habits brûlés dans un fourneau. Les émotions intenses, même gaies, peuvent produire directement et immédiatement des psychoses chez les prédisposés. Plus d'une personne est devenue folle en gagnant le gros lot ou en voyant revenir nn tils on un éponx qu'elle avait cru morl. Mais c'(^sl bien ]dns souvent le décès d'un être chéri, une perte subite de l'orlime, un incendie, etc., qui risquent de déterminer l'éclosion d'une psychose. En somme, néanmoins,

tous ces cas soni plul(M rares, ol si l'on on parle beaucoup, cesl parce (priU pruduist'iit ( liatjiK' Un> une puissante impression. Lorsqu un les examine soigne useinenl, on trouve le plus souvent qu'ils onl pour base iine assez forle prédisposition héréditaire.

Leî? excitations du sentiment qui se répètent à chaque inslanl, (111 (pli sont de nature jxMsistanle, sont plus fnVpiemmenl encore la cause de troubles nerveux ou psychiques, i'ilons les disputes de ménage, les soucis pécuniaires pour la vie de tous les Jours, les grandes spéculations, les chagrins d^amôur ou de famille, les anomalies et les malheurs sexuels, les plaies d'amour-propre et de vanité, lès maladies corporelles torturantes, etc. Mais quand on en arrive au fait et au prendre, il devient en général exlrèmemenL difficile de prouver que révénement de ce genre mis en'avant soit véritablement la cause fondamentale de laiTection mentale ou nerveuse. En effet, lés phénomènes émotifs dont il s'agit se produisent le plus souvent là où des défauts hérités ou des singularités de lempéranienl el de caractère (chap. VU, groupe •>) viennent leur fournir une base. Dans quelle proportion faut-il alors accuser du mal la disposition héréditaire, el dans quelle autre rémotion chronique ou aiguë? Cette question est facile à poser, mais il est bien rare qu'on puisse y répondre nettement. Selon ses opinions personnelles, le médecin fera prévaloir plutôt l'un ou plulôt l aulre des facteurs. En général, on est enclin à exagérer l'action directe des états atTectifs el à tenir trop peu compte de la prédisposition héréditaire. Ën effet, un cerveau normal et bien équilibré supporte les émotions les plus violentes, et même les plus répétées et les plus durables, sans en devenir niahule. Signalons encore ici de nombreux faux diagnostics établis par des médecins (pii ne connaissent pas io cerveau, et qui considèrent des troubles dyspeptiques, menstruels et autres causés par une psychose, comme étant au contraire la cause de cette dernière. Cette confusion entre la cause et reffet est malheureusement jour-

iialiôiv ol fait qu'on lalxuiic i imorcnl «^s nnH|uons«'s il»» rinleslia, de la matrice, elc, pour îles iiialudies donl le siège est au cerveau.

II est, par contre, hors de doute que certains genres de vie, qui réaj^isstMil profondément sur toute Témotivilé humaine, délormiiKMit faciloment rrrlosion «rafTcclions mentales, f/esl avant lout risolenieiil absolu de toute société humaine, que l'isolement cellulaire des prisons el la vie d'ermite daas une ferme écartée, dans un désert ou dans une forêt. Par son action nuisible sur le sentiment, une pédagogie exercée à rebours, en donnant à l'enfant de mauvaises suggestions, peut aussi faire grand toi t à son système nerveux. Un my>ticismp exailé peut de môme faire tomber les prédisposés dans la mélancolie ou dans la folie religieuse systématisée. L'éducation surchauffée de Tintelligence, à l'exclusion de celle des sentiments et de la volonté, qu'on laisse s'atrophier, produit souvent des hommes anormaux, aux idées fausses et malsaines, on laisse aw moins dormir les bonnes dispositions el se développer les mauvaises. Nous reviendrons plus tard sur ce point.

3*^ Causes psychiques mixtes. — 11 y a des facteurs fonctionnels nuisibles auxquels on peut tout aussi bien attribuer le qualificatif de corporels que celui de mentaux. Je nomme par

exemple les troubles du sommeil. Le sommeil est un état à la fois psychologique el |)liysiologique. Le cerveau épuisé cxii:*' absolument un état de repos de ses neurones pour se refaire. Pour conserver la santé et se maintenir à l'état normal, il faut donc un sommeil suffisant. LorsipTon empêche on dérange perpétuellement le sommeil, lorsqu'on veille très longl<'mj)s et (pi on ti'availh^ la miit, on Irouble récpiililin' menlal, c'esl-à-dirc Taclivilé cérébrale, et Ton peut ain.si provoquer des affections mentales ou nerveuses tenaces. Toule insomnie, qu'elle soit cause ou effet des troubles cérébraux, nuit donc à la santé de cet organe en l'épuisant. Il en est de même de tous les surmenages cérébraux exclusifs el cxa-

CAUSKS ACQUISES

gérés, US oui raînomcnt préalable suffisant. Nous en avons signalé quelques-uns.

La vie sexuelle peul nuire aux fonctions nerveuses de différentes façons :

1* En excitant perpétuellement le cerveau d*une façon purement psychique (grand cerveau i, à l'aide d'images sexuelles qui finissent par le remplir et devenir de véritables obsessions ;

2" Par une passion exagérée de jouissance sexuelle, qui de son côté peut lése^ le système nerveux de diverses façons : a) k Taide d'émotions violentes qu i s'y associent, comme l'amour

nu'prisô, la IraycMir des diverses suites de Tarte sexuel, telles que les grossesses, les maladies vénériennes, les scènes dramatiques; les poursuites judiciaires (ces dernières en particulier dans les perversions sexuelles), etc.; 6) par Tépuisement du système nerveux et les pertes séminales, suites directes des excès sexuels. Dans la mastuibalion, des sentiments dépressifs de honte viennent encore s'y ajouter, et il en est de môme dans beaucoup d'autres anomalies ou perversions sexuelles.

Enfin, et il faut le déclarer nettement ici, on confond souvent les effets indirects de Tacte sexuel, comme avant tout les maladies vénériennes, avec les eft'ets directs de l'acte en lui-niénie. La vérité est (pie l'excès sexuel h lui tout seul, même lorsqu'il est dû à un appétit anormal, ne nuit directement que fort peu au système nerveux d'un homme du reste sain. Il ne provoque guère qu*un peu d'épuisement, de fatigue, et quelquefois une sorte d*hébétude. Ce qui nuit le plus, ce sont les malheureux effets sociaux des excès sexuels, lesémolions qui s'y rattacluMit et les maladies vénériennes qui s'ensuivent si souvent. Néanmoins, l'hyperexcitation trop répétée de Tappétit sexuel a, surtout chez Thomme, certains mauvais effets qu'on ne peut nier, quoique les facteurs suggestifs et affectifs qui lui sont associés y jouent le plus grand rôle. Les maladies vénérieimes réagissent de leur côté directement en créant des psychoses spécifiques (voir plus haut'

2riO CAU-SKS l)i:.S MALADIES MENTALK.S ET NERVEUSES

S ff phi lis), ol indirectement en ruinant la santé corporelle

t'I le bonlionr des r.nnillcs, pai luis eiiire autres en causant l'inrecUoii ^Win eoiijoinl par 1 aiilre, puis en provoquant des étals atrcclifs pénibles à lu suite de toutes ces misères.

D. Obserrations générales. — Ce qui vient d'être dit fera comprendre la complication énorme des causes des maladies

nerveuses et mentales dans cliacpie <-ns j)arliculier. 11 est fort rare qu'une cause agisse seule, (^oinnie stock principal, nous reconnaissons la disposition héréditaire, et comme cause fondamentale primaire de celle-ci les lésions du protoplasma germinatif, parmi lesquelles les intoxications, avant tout Tintoxication alcoolicpie, jouent le rôle principal. A cela s'ajoutent d'autres conditions malsaines d'existence, les infections, les blessures et des élats an'eclifs. Gomme l'hygiène du système nerveux a pour tâche principale d'éliminer les causes des maladies mentales et nerveuses, nous devons nous demander si des expériences et des statistiques d'une nature générale ne viennent pas nous indiquer le chemin à suivre. Il est certain (pi On ne peut empt^cher toutes les causes nuisibles d'agir. On n'évitera jamais les blessures du crâne el du cerveau, suites d'accidents ; on n'arrivera pas à supprimer les maladies d/infectîon, ni les suggestions, ni les émotions. Mais, si nous réfléchissons au fait que la disposition hérédilaiie morbide ilu cerveau est la cause fondamenlale du mal, cl qu'elle prépare et favorise énormément l'eUet de presque toutes les autres causes, nous avons le devoir de rechercher ses causes principales, pour les combattre.

Dans presque tous les pays civilisés nous observons une progression effrayante des maladies mentales et nerveuses. D'après les documents foin nis par le bureau de statistique du canton de Berne, il y existait, en 1871,2.804 aliénés (5 p. 1.000 de la population) tandis qu'en 1902 on en a compté 4.836 (8,2 p. 1000). Et pourtant, dans les deux dénombrements on a procédé d'après les mêmes principes; le second

CALSJÎS AC^^UlbES 221

n*a pas été fait plus soigncu»eiiiëni que le premier, à ce que

m'assure le chef du bureau de slalisli(jue, M. MOhIemann.

Précédemiiicnl , on avait (Irjà coiislalc une auj^iiieiilalioii aussi forte, sinon plus forle, dans le canton de Zurich. Mais ici il faut bien dire que le second dénombrement avait été plus précis que le premier. Dans rËurope centrale, on observe partout un phénomène analogue. Les asiles d'aliénés et les sanatoriums pour maladies nerveuses poussent partout comme des champignons. Le nervosisme, rinsuriisance intellectuelle, les défauts de caractère, l'impulsivité et la faiblesse de volonté, les troubles nerveux de toute espèce, en un mot, rivalisent à l'envi pour entraver et compliquer notre vie sociale, pour rendre les hommes malheureux, et pour surcharge!' de travail ceux (|ui sont encore en bon étal. Le nombre des suicides augmente en conséquence. Les crimes sont loin de diminuer, et leur caractère pathologique devient de plus en plus patent et fréquent. On essaye souvent d'expliquer tous ces faits en disant qu*on prête plus d'attention aujourd'hui aux phénomènes morbides nerveux qu'on ne le faisait autrefois, «pi on soigne mieux les malades, qu'on enferme plus souvent les mauvais sujets, et que par conséquent Tau^mentation n'est qu'apparente. Nous ne voulons pas nier la justification partielle de cet argument, en particulier pour les maladies mentales, qui étaient autrefois moins comprises. Mais il ne suffit absolument pas pour expliquer les faits, et il faut bien se garder de fermer les yeux aux autres cotés de la question et de les taire.

Autrefois, .daos le « bon vieux temps », on ne faisait pas autant de procédure qu'aujourd'hui avec les êtres incapables et mauvais. Un grand nombre d'individus pathologiques, dont Laliénalion mentale n'était pas très évidente, et qui lésaient la société par leurs tendances [)erverses, leurs crimes et leurs brutalités sexuelles, leur ivrognerie, ou encore par le vol ou l'assassinat, étaient décapités ou pendus haut et court. L affaire était vite faite, et en un sens couronnée de succès

car ces individus ne pouvaient plus se reproduire, ni infesler ultérieurement la société de leurs actes pervers et de leurs

germes dégénérés. D'autres périssaient de faim, de misère cl d'incurie. On tuait el brûlail mOtnc les aliénés proprement dits comme sorciers. Toul cela n'est pas si ancien. 11 n'y a pas besoin de remonter à plus de deux siècles, ce qui ne fait pas beaucoup degénéralkM». Notre humanitarisme actuel, partant d'excellentes intentions, mais souvral f<»rlmal appliqué, s'efforce au contraire d'élever soigneusement tout ce couvain dépravé el défi^énéré aux frais de THlal el des gens charitables. Puis il les laisse se marier et se reproduire tant et plus, tandis que les hommes les plus sains, les plus forts, les plus normaux et les plus intelligents sont envoyés à la guerre comme chair à canon, ou immobilisés en temps de paix comme soldatsdanslescasernes, comnie<lon»esli{|ues desgens riches, etc.. ce qui les emj)éche longtemps de se marier. Beaucoup de pauvres filles sont en outre livrées à îa prostitution, et une foule d'hommes bien portants se livrent eux-mêmes à laicoolisme, de sorte que, lorsqu'ils se marient plus tard, ils apportent dans le mariage les pires sources de la dégénérescence à leur (>ostérité. Lorsqu'ils s(jnl attrapés, les plus mauvais cunq)agnons des deux sexes parmi lt?s criminels se tirent d'allaire avec quelques années de prison, et conlinuenl ensuite à commettre librement leurs méfaits, posant dans tous les coins du monde des enfants illégitimes, qu'ils abandonnent h l'assistance publique, aux orphelinats, aux enfants trouvés, etc. l aut-il encore s'étonner (jue les produits d "une sélection faite aussi conq)lélement à rebours vienne partout remplir de détraqués dangereux, ou au moins nuisibles, les asiles dont nous parlions ?

Mais le pire de tout, ce qui pousse la mauvaise sélection à sa plus haute puissance, c^est Falcoolisalion systématique de l'humanité, grAce à une enuluine <lonf l'Age est sans doute très vénérable, mais qui n en esl pas moins devenue une peste suraiguf^ de la civilisation moderne, par suite de la pro*

duclion de l alcool à des prix dérisoires, à la techni(|ue perfeclionnée qui permet de le conserver en niasse, et au développement du transit qui fait qu*OD peut le transporter facilement partout. De ces faits, il est résulté que son usage a augmenté pres(jue partout d'une fa<;on effrayante et Va rendu arccssible aux plus pauvi'es diables. L'alcoolisme chroiiit[ue est devenu par là une maladie sociale moderne de lous et de tous les jours, ce qui n'était nullement le cas des orgies occasionnelles de nos ancêtres dans leurs fêtes. Le gain facile que TÉtat et les capitalistes tirent de Tindustrie alcoolique, fait que ces deux puissances sont devenues volontaircinciit sourdes cl aveugles au mal social qui eu icsulle. Elles ne voient que leur budget à aliiueulcr et ([ue leur poche à remplir d*or. La sirène du peuple qu'est l'alcool est le moyen le plus commode d*y arriver rapidement, de sorte que la majorité, qui se compose toujours et partout des égoïstes, des indifférenls et des lâches, ne se lasse jamais de chauler hypocritement les louan<;es d(^ l'alcool, ni de se moquer des abstinents qui le comballeuL Ou'on veuille bien considérer les effets du monopole de lalcool en Russie et même dans la petite Suisse, si fière de ses libres institutions. Le peuple russe s'alcoolise A bras renforcés depuis l'institution du niono()ole. iL^rAcc aux cITorls hypociih's du i^ouvcrncmenl, i|ui d'une main jelle quehpieii millions eu palme à l'opinion publique en instituant des maisons de thé et des fêtes sans alcool, tandis que de l'autre main il gagne cent fois plus pour son fisc en poussant le peuple à la consommation de Talcool. En insliluant le monopole de Talcool, le peuple suisse avait dt'sliiK' un dixième «le sou pi oduit à la lutte contre l'alcoolibme dans ses causes et dans ses effets. Mais c'était là une manœuvre, peut-être inconsciente, des inventeurs du monopole. En fait, et sous des prétextes aussi futiles qu^hypocrites, la plupart des gouvernements cantonaux emploient même ce dixième pres(pie en cnliri «l.nis leur iiilcicl li<cal, le d(Mouriiaulile son but légal et priuiiUl à l'aide de prélexles bophisLes,

On s'en sert pourbàlir des asiles de loiis cl des prisons, puur soigner les ouvriers de pass.iire, pour faire Téducalion de l'enfance abandonnée et pour boucher lanl et tant d'autres trous des budget s cantonaux, en choisissant natu rellement ceux qui font le moins mauvais effet. Ouelques louables exceptions ne font (\ur conlirinn- la rèj^le ! l^à où il y a eu aiuélioialiuii dans l'emploi de eellc diine, eela a été dù à 1 aelion privt'c des sociétés d'abstinence et à leur pression morale. Mais, surtout dans certains cantond à vignoble, particulièrement dans le canton de Vaud, les ))ersonnages officiels, même ceux qui sont préposés à Thygiène publicpie, n'osent pas affronter les inlért^ts de la vilicullure, ni eeux des marchands de vin et des eabareliers qui «< font » les élecleurs. Pour llatler ces industriels, qui vivent de Tempoisonnement du peuple, on affecte ostensiblement de se moquer des' abstinents, de les traiter dVxagérateurs et de fanatiques, au nom même de l'hy'ifiène, et l'on refuse .sous de fallacieux prétextes tout subside (l<' la dîme alcoolirpie aux sociélés d abslinencc, (jui seules combattent sérieusement l'alcoolisme. \ oilà ce que sont les motifs inavoués ou si Ton veut les lâchetés des ofliciels. Dès lors, qu'attendre d*eux ! ^

Que dit la statistique, là où elle est capable de parler honnêtement? Je rcn\ oie à ( e (jue j'ai (lil ilans le présent chapitre sous la leltre A. La diminution énorme de l'alcoolisme en Norvège, en Fiidande et même en Suède depuis cinquante ans a eu pour effet de faire cesser Taugmentation des maladies mentales et de faire accroître, au contraire, le nombre des recrues aptes au service militaire. Ce fait est corroboré par 1(^ fait inverse, <|ui nous montre partout la déjj^énérescence mentale et nerveuse de la population augmenter le plus fortement dans les pays où Ton boit le plus. Que veut-on de plus clair ? Qu'on consulte la carte de France établie par Claude, des "Vosges, et dans laquelle on voit les départements où il se commet le plus de crimes s'appli({uer presque comme un moule sur ceux où la coubomuiatiou de 1 alcool est la plus

uiyui^cd by Goo^l

forit', à l'exceplion de la r.oise où la u vendella » crvv uno silualiun particulière. On lait la même observation parloLil en Amérique, quand on compare les communes qui ont prohibe l'alcool avec celles où oa peulle boire libremeot. Ce qui se constate le plus rapidement et de la façon la plus éclatante, c'est Faugmenlalion des crimes, là où la consommation alcoolique au^inenle, et leur diniiuuliou. là où elle iliniinue. Il en est de même des suicides. Or la fréquence des crimes et des suicides est en même temps un baromètre de la dégénérescence nerveuse de la société, quoique lalcoolisme aigu joue ici un rôle tout particulièrement important. D'autres causes, comme renlassement du prolétariat dans les grandes villes, dans de misérables loi^^emenls, avec une iiourrilure insuffisante et des occupations nudsaines, sont, sans doute encore, des causes qui font dégénérer le système nerveux. Mais, je le répète, il est difGdle de les fixer par la statistique, et encore plus difficile de les séparer complètement de la mauvaise sélection et de l'alcoolisme, tandis que les elfels de ce dernier sont bien plus faciles à constater lorsqu'on couipare les [)euples ou les individus abstinents OU très sobres à ceux ({ui boivent beaucoup, là où les circonstances sont du reste les mêmes, ou encore lorsqu'on compare la santé du même peuple dans des périodes où sa consommation en alcool s'est beaucoup modifiée. Néanmoins Télal lainentalile des juifs dans certaines villes russes et polonaises, aiusi que celui du prolétariat des grandes villes anglaises, montre que l'épuisement dû à une vie misérable et malsaine peut faire dégénérer une race, même sans alcool.

228 HYGIËNE l>fi LA VIE DË LAME EX DU SYSTÈME MKRVEtX

L ai-l que nous avons à h nilcr ici. en nous Ijasanl sur les deux preuiières padics de ce livre, se limile nalurellemeul à la sanlé du système nencux. Dans la première parlie nousavons appris à connaître la vie de Tflme et des nerfs, son organe et son développement ontogénique el plivlo<^éni(}ue, dans la seconde parlie ses lésions maladives et leurs causes. Noire tAelu' liiiale «'sl donc niainlonanl dv pailer des moyens à employer ()our empêcher autant que possible l'éclosiou des maux et des infirmités que nousavons signalés.

La tâche de Thygiènc ne peut et no doit pas être de remplacer le médecin en cas de maladie, ni d*empécher une mort iiiévilaldc. Toul an pins peni -elle pi'olon^er un peu la \ie, car elN' ne [>eul pas mudilici- le fond même d«' l'évolidion nalnrellc de noire espèce. l*ui- contre, elle pcul l'aire beaucoup pour atténuer les misères et les tourments de Texistence humaine, pour refaire autant que possible de la mort une terminaison naturelle de révolution ontogénique des individus, et avant tout pour améliorer notre race, ipji es! si prorondéuicnt atïectée d'anomalies et d'excroissances maladives.

Nous diviserons Thygiène du système nerveux en quatre chapitres comme suit :

H. Hygiène nerveuse de la conception ou de Thérédilé.

III. Ilyi^iène nerveuse de Tonlogénie ou de l embryou, el surtout de l eufance (pédagogie iuclusivemeuL).

Page 1