PSYCHOSES ET AUTRES AFFECTIONS NERVEUSES
portion circonscrite doiiL il s'agit, yu'on se reporte aux localisations cérébrales <lé( riles dans les chapitres II et iV, ainsi' qu'aux figures 9 et 10. Une lésion ou destruction de la portion BB* de la figure 9, à gauche, aura par exemple pour conséquence une paral>>jip des mouvements volonlaircs du bras droit; une destrin lion de la corne antérieure droite de la moelle épinière lombaire tuera les neurones musculaires de la jambe droite et fera atrophier ses muscles, tandis qu*un né- • vrome lépreux d'un nerf sensible le tuera et rendra toute la portion de la pean desservie par lui absolument insensible, non seulement poui- ie^^^rand cerveau, mais aussi pour la suhconsrionce subordonnée de la moelle épinière qui transmet ses impressions aux simples réflexes. Lorsque, chez un malade atteint d endocardite (maladie des parois des cavités du cœur), uneparceUe de sang caillé dans le cœur ou de fibrine se détache et, lancée dans les artères (on appelle cela embolie), vient se ficher dans une petite artère eéréljrale qu'elle ohlilèi'e ainsi, la partie du cerveau que cette artère pourvoyait de sang s'en trouve tout à coup privée et meurt, faute de nutrition. La. partie morte ou nécrosée se ramollit, et il s'ensuit, selon la localité atteinte, des paralysies du -langage (aphasies), àe la face, du bras, des troubles visuels, etc. H en est de mi^me il la suite des apoplexies ou épiuielieinents de sang dans le cerveau, épanchements qui se produisent lorsqu'une artère malade se rompt. Citons en outre les tumeurs cérébrales, toute sorte d'atrophies dans divers domaines des centres nerveux, telles que les scléroses localisées ou multiples, les abcès du cerveau, les ramollissements dus à l'obturation des vaisseaux sanguins, les inllaninialiuns du rervean ou de la moelle épinière (encéphalites ou invélites), tous acconipagués de symptômes correspondants, la plupart du temps chroniques. Lorsqu'une grande portion du cerveau est détruite, les facultés mentales en souffrent plus considérablement, cela va sans dire. Très souvent aussi, les tiraillements et la pression exercés par le foyer morbide sur le lissu cérébral
PORBL. l3
onvironnant, d«'*fcrminonl des phénomènrs t;;^éii(''rau\ d'inilalion ou au conlraiic d'arrèl, td provociucnl des psycdioscs généraiisces, dos convulsions, des paralysies, des douleurs, des troubles du langage, etc., ou même une perte complète de connaissance. Les méningites ou inflammations des membranes qui entourent le cerveau et sont contigués à son écorce, à Tor^ano de ni)li<' àuie, provoijuonl des (rouldes menlaux divers qui se généralisent très vile. 11 m'est impossible d'entrer dans le détail de ce domaine immense et com> pliqué. Rappelons seulement que les symptômes secondaires de pression et de tiraillement peuvent se guérir lorsque le foyer se localise et se circonscrit, surtout lorsqu'ils étaient dus à la pression de 1 <r(lcni<' (liydropisie monienlanée <lii tissu cérébral). Comme exemple d'une affection nerveuse locale et périphérique, nous citons encore Téruption cutanée en vésicules appelés zona, qui repose sur l'inflammation d'un nerf et cause souvent de fortes douleurs névralgiques. Il est évident que chaque foyer ori^aniquo nerveux a ses causes spéciales. Les tumeurs sont probahlernenl produites |)ar une infection due à des organismes très iid'érieurs encore incon nus. D'autres foyers proviennent de blessures (fractures ou enfoncement du crflne), contusions des nerfs, déchirures du cerveau par suite d'ébranlement violent, etc. ; les microbes de la tuberculose et les streptocoques provoquent des abcès cl des tubercules dans le cerveau, les méninges, etc.
F. Maladies générales de la nutrition. — Certaines psychoses sont dues à des affections générales de la nutrition des tissus, telles que la goutte (intoxication par Tacide
urique), Turémie (intoxication par l'urée), l'anémie, le diabète, le uiyxœdèine (voir ci-dessus : Crélinisine), etc. Mais C3S psyolioses sont en somme rares, sauf le crétinisme.
G. Épuisement. — L'inanition aiguë, la faim chronique, et tout épuisement du système nerveux occasionnent parfois
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des délires et dos psychoses qu'on peut désig^ner du lerme d'asl/irnie. Ce sci'ail là la vraio " iwiiraslliéiiie >» ou « |)sycliaslliciiic » (ju on voit parfois aiiss^i se produire dans certains cas, à la suite de surmenage inlcIloducK 1ors(]ue le sommeil est systématiquement empêché. L'asthénie nerveuse occasionne parfois des symptômes analogues à ceux de rhyslérie. On voit aussi se produire des psychoses carac- If'F'isrcs par une [xm I urhalion iiiculalo complète ou par une faiblesse irrilative iuLeiise, couiplicpiéc <rhypereslhésie et de symptômes analogues à ceux de l'hypochondrie. Mais toutes ces aiïéctions, suites d'un simple épuisement nerveux, se guérissent bien plus facilement que celles, infiniment plus fréquentes, qui se d(^veloppent sur la base de dispositions héréditaires palliolo^itiues cl (jiie nou^ îiNoiis «lécrites dans noire second groupe. On a exagéré jus( pi" à l absurde iimporlance de la neurasthénie ou psychasthénie prétendue acquise. CEez les natures saines, elle est d'une rareté extraordinaire, pour ne pas dire qu'elle ne puisse se produire. On secomplatt à aKribuer une im[)orlance iiiliniinenl exaî»éi'ée aux causes acquises et épuisanlcs qui m Ont dans la règle (|ue la signification de la goutte d'eau qui fait déborder le verre, et Ton néglige ou tait les causes fondamentales: la prédisposition héréditaire, les intoxications, etc., qui agissent avec une puissance élémentaire. Accordons cependant que beaucoup (le |)rédis|)osés aux alVections nei veuses peuvent demeurer iadenines des alTections dont nous parlons, s'ils sont extrêmement prudents cl mènent une vie très saine. Voilà pourquoi il est nécessaire d'accorder précisément chez eux une grande attention à tout ce (|ui épuise le système nerveux. Vous y reviendrons à propos de rhy<i^iène. ('hez l'honinie iiurinal, répuisenient nerveux produit un sommeil irrésistible qui le répare.
nfi MALADIES OU ANOMALIES MENTALES ET NERVEUSES
OLATRIÊME GnOLPE
Maladies mantales ai nerveuses par évolution rétrograde
ou sénile.
De môme que les fondions mentales et nerveuses se développent dans Ponlogénie de Tenfance, de même aussi elles se désafjfrègcnt dans ralrophio de la vieillesse. Ce sont surtout
los alropliirs o[ les (I('tyén<'*rcPConros dos pnrois dos vaisseaux sanguins tiui |ti<>\u(jiionl l'alropliio dos noiiiniios dans \c cerveau qui vieillit. Lors(ju"olles sont plutôt dilîuses, ollos produisent la démence sénile ordinaire, accompagnée d'aiïaiblissement et de dissociation organique. Elles commencent souvent par les symptômes de la mélancolie, quelquefois aussi avec une e\< ilali<)ii piie. l ii é^^oisiiK» répugiianl, un cnlèlenieul lenaee, souv eut aussi la hnilalilé, sont <lo fréquents symptômes coiu oinitauls, surtout du séiiilismc Irôs chronique et peu accentué. L'n symptôme caractéristique du sénilisme cérébral sont des excitations et des perversions fréquentes de Tappétit sexuel, qui poussent le vieillard à comnieltro <los alloulats sur des eid'anlsou à s'anumraehor snhilomenl tlo filles loules jeunes. Lorsqu'il meurt peu de lemps après, on attribue sa mort à ses oxcès sexuels et aux vices donton Taccuse, tandis qu'en réalité le tout, y compris la mort, n'est que le résultat de Tatrophie cérébrale sénile. Bien des hommes honnêtes et travailleurs ont ainsi perdu leur J)onne n'-pulalion sur la tin de leui* vie. à eaus<> de la tl(''iT;-énércsccnce de tjueJques misérables arlèies i érébrales. L ûgf n'est cependant pas seul la cause <le 1 atrophie sénile du cerveau. La syphilis, Tintoxication alcoolique, et certaines dispositions héréditaires individuelles, causent fort souvent une déijéiiérosronee préeoee i présénile^ des artoros oérébralos et du lissu <lu cerveau. On peni I tih-^iM N er di'jà vei s cin<jiuuile ans et fort souvent vers soixnnlc ans, taudis que les personnes
Ih'S sainos, exemples do syj)hilis <'t ahsiiiienles d alcool ou tlu moins extrêmement sobres, peuvent arri\ er à quatre-vingtdix et même à cent ans avec une lucidité d'esprit complète. J'ai connu une dame morte à plus de cent ans et demi d'un érysipèle, et dont la clarté d*espnt, Tintelligence, la chaleur de sentiments, le sens moral et le juj^ement élevas ne laissèrent rien à désirer jusqu'à son dernier soupir et faisaient honte à bien des jeunesses; elle fut toujours d'une sobriété exemplaire et abstinente d'alcool par naturct à part quelques prescriptions insignifiantes de vin en cas de maladie où d1ndisposition.
Les nerfs péripiieri<|ues et leseenires nerveux sul)ordonnés ont aussi utu^ tendanee à ralr<q)lnc dans la vieillesse. C/esl le cas, par exemple, du nerf opti({ue et du nerf acoustique* Tous les organes du corps ont du reste cette tendance.
CUAPlTliE V lll
A. Hérédité et, Blastophthorie. — Aiilrrlois on liuvaidjul beaucoup sur ce cliapilre cl l'on s'avouait linalemenl i\u<m n'y comprenait pas grand chose. Peu à peu cependant la science s*en est emparée et a éclairci la question à bien des égards. On peut dire que beaucou|) de causes agissent enseml»l<' pour provoquer la plupart des ras de maladies mcnlalc'^ Chaque fois qu'on exaujiiie à loiid les causes <run cas particulier, on en arrive le plus souvent à irouver que la disposition héréditaire est la principale. C'est du moins le cas de toutes les affections qui ne sont pas produites directement par des blessures du cerveau, des infections microbiennes ou «les intoxications. Mais ce qu'on oubliait autrefois beaucoup trop de se «.lenian<ler, c esl : • D'où provient la prédisposition héréditaire? Pour<|uoi tant d'hommes arrivent-ils au monde avec une forte disposition aux troubles nerveux et mentaux? » La réponse : « Parce que leurs parents ou leurs ancêtres étaient aliénés ou nerveux », ne satisfait pas, car on doniande ininuMliateincnt : '( D'où pro venait donc la malailie et la disposition des dil^ ancêtres ? » 11 faut bien que la prédisposition morbide ait un début, que quelque chose vienne Tinsinuer dans la mnème héréditaire normale que les organismes ont acquise par Ten graphie et
HÉRÉDITÉ ET BLASTOPHTHORIE 199
' qui a été sélectionnée par le combat pour la vie. Un csl donc obligé de se demander quelles sont les causes qui, dans un groupe ou une génération donnée d*animaux ou d'hommes, créent ou entretiennent la disposition des descendants à
devenir névrosés ou aliénés. Comme seul ce <jai modifie ou altère le protoplasma des germes (voir chapitre V) esl capable de 8 hériter y les maladies locales purement acquises du système nerveux ne peuvent comme telles créer de dispositions pathologiques héréditaires. Comme, en outre, les dispositions pathologiques héréditaires ont une tendance à disparaître an l)()iil <lc (jiieiques générations par ce qu'on apix'llc la régénération, lorsque les organismes qni en sont altcials vivent dans des conditions saines, une dégénération progressive suppose nécessairement des causes progressives aussi, ou tout au moins des causes agissant toujours à nouveau : on ne peut pas la consli uirc à la seule aide de dispositions anceslrales palliologi(jues, héritées à l'intîni.
C est surtout dans les asiles d'aliénés qu'on a étudié Thérédilé nerveuse. Selon les statistiques, on trouve des tares nerveuses chez les procréateurs et les parents les plus proches dans les 4o & 80 p. 100 des cas d'aliénation mentale, (les slatisti(|ues reposent néanmoins sur des données si peu exactes et sur des bases si peu sûres, qu ou ne peut pas en faire grand cas. J'ai engagé dans le temps Mile J. Koller, docteur en médecine (actuellement Mme Th(>mann), à faire dans sa thèse de doctorat une comparaison soigneuse entre rasccndance de ^^oo aliénés et celle de '|00 personnes normales. Les personucs uoimales se Irouvéreid aussi l'orlciuent tarées d'hérédité que les aliénés (surtout sous forme d'aH'tîctions mentales et nerveuses} dans les lignes collatérales et dans rascendance indirecte. L'apoplexie, la démence sénile,la destruction organique du cerveau en général, accusèrent même une fié(iuenee aussi grande dans l'ascendance <lirei-te des ^cns Donnaux que dans celle des aliénés. Par contre, Tascendance directe (père el mère) des aliénés se trouva bien plus l'orte-
ment atteinte dMdiotisme, de caractères singuliers, de maladies mentales et d'alcoolisme. Si l'on rénéchil à ce qui vient d étre dit, on voit que notre statistique n'a pu mettre au jour qu'une seule cause productrice de nouvelles tares mentales et nerveuses chez les germes sains : ralcoolisme. Il en existe d'autres sans aucun doute. La statistique récente de 0. DieiUf basée sur les mOmes principes que celle de J. Koller, arrive au mt^uie résultai. Il exisU^ sans doute d'autres causes, mais elles ne sont pas assez fréquentes, ou trop peu claires, du moins chez nous en Suisse, pour s'exprimer par des chiffres, si nous en exceptons toutefois le crétinisme, endémique dans certaines contrées.
Quoi (pfil en soiL il c>l tléjà surtisannucul triste de voir les dispositions nerveuses anormales des procréateurs, acquises préalablement par leurs ancêtres, se transmettre à leurs descendants. Les anomalies qui viennent très tôt au jour, comme l'idiotisme et l'épilepsie, sont d'ordinaire l'expression d'une dégénérescence profonde des engrammes héréditaires du sy>,lcmc nerveux. Il en est de même des psychopatliies constilutionueilcs ou caractères anormaux (notre second groupe). Les chiilres prouvent aussi que ce sont ces affections qui existent le plus souvent chez les parents des aliénés. L'enseignement fort simple qui découle de ces faits est que les hommes dont la mentalité et le svstème nerveux sont rortcuicul anoi inaux, et surtout ceux chez lesquels ils sont de valeui* iui'érieure, ne devraient pas procréer d enfants. Sauf l'alcoolisme, les maladies mentales dites acquises tarent un peu moins les descendants ; elles proviennent néanmoins elles-mêmes en majeure partie d'une prédisposition héréditaire, récidi\c[d très Iréquemniciit et disloquent ordinairement la vi<' de famille à un tel point, que quiconque a été aliéné ne devrait jamais |)rocréer d'enfanls, à l'exception de certains cas spéciaux dus à des causes purement extérieures.
Bien peu de gens comprennent encore pourquoi un individu
HÉRÉOrrÉ ET BIASTOPIITIIORIE 201
déséquilibré ou fou provient parfois de parents et d'ancêtres apparemment sains, sans que Talcoolisme de Tun d'eux soit
venu créer iino nouvelle lare. El Ton ne comprend guère mieux pourquoi les enlauLs des fous et des ivrognes ne sont pas tous fous ou déséquilibrés. Ce point mérite un éclaircissement/ car de pareils cas sont tout aussi bien le produit de rhérédité que ceux chez les({uels on reconnaît facilement et directement celte dernière. Jamais deux frères ou doux sœurs ne sont absoluinenl idcnlicjues. De môme, le fait que par exemple douze enlanls des mômes parents, provenant de races différentes, diffèrent extrêmement entre eux, surtout qaand il s'est produit de forts croisements pendant plusieurs générations dans leur ascendance, prouve indubitablement la variété <|ualitative des combinaisons mnémiques ances- Irales dans la provision des (udlules <^erminalives de chaque individu mâle ou femelle qui viennent à se conjuguer. Certaines de ces cellules contiennent plus d'engrammes ou des engrammes plus forts de tel ou tel ancêtre ou lignée ancestrale que d*autres, chez lesquelles en revanche prédominent les engrammes d'antres lig'n(^es.
11 est donc évident que les caractères d'un individu dépendent énormément des combinaisons particulières de la mnème héréditaire de chacune des deux cellules (mâle et femelle) qui se sont par hasard et précisément conjuguées pour lui donner naissance. Or il peut arriver qu'une combinaison niallieureuso accumule ou cond)ine précisément les cotés iaibles ou les tares pathologiques de certains aucétres de façon à faire naître une anomalie complète ou une valeur absolument inférieure, tout aussi bien qu*inversement, d'ancêtres fort ordinaires ou même assez défectueux, peut naître un descendant fort remarqualde par une heureuse combinaison et accumulation d engrammes ancestraux bien choisis. Ce sont là des faits si patents et si journaliers qu'ils sont indéniables. Nous sommes même, obligés d'admettre que les différents organes et les diverses qualités d'un individu sont
combinés en proportions fort diverses d'engramnies <le différenls ancêtres, el (ju ils les développent ou les ecpliorcnl très iDégalement. Un homme peut par exemple combiner la forme du nez d'un bisalteul paternel avec Timagination de sa f?rand*mère maternelle, et ainsi de suite. On tomberait néanmoins dans une grave erreur en déd uisanl de ces faits un dogme mclaphysi<iiie faisant tonl remonter au >< hasard » ou au contraire à la « fatalité >. Plus le nombre des facteurs de mauvaise valeur ou pathologiques et de certaines prédispositions néfastes de l'énergie des ancêtres et des procréateurs directs est considérable, phis grande est la probabilité delà naissance de descendants défechi<ni\, anormaux, dctiaijucs ou aliénés. Plus au contraire les ancêtres et les procréateurs directs se composent d'hommes normaux et supemormaux, c'est-à-dire fortement doués à tous les égards, plus le nombre des produits de yaleur sera grand. L'hérédité simple en revient donc à un calcul des probabilités. I n cas particulier ne juouve rien du tout. Il s'agit là d'approximation, et Ton peut seulement dire que les descendants de procréateurs normaux et capables à la fois, quand ces derniers n*empoisonnent et ne maltraitent pas les germes de leurs glandes sexuelles, sont composés en grande majorité d'individus normaux et capal)les, tandis qu'au contraire les descendants de cerveaux décidément inléiieurs et pathologiques seront eu majeure partie aussi des incapables et des individus pathologiques. Ce n'est qu'au bout de plusieurs générations qu'une vie normale et saine peut améliorer petit à petit la qualité d'une race ainsi dégénérée.
Il n'est pas dilticib' de voir (|ne, <lans nos procréations et nos mariages contemporains, nous transgressons misérablement les lois naturelles de l'hérédité, et que les hommes de la pire qualité sont précisément ceux qui souvent se reproduisent le plus. Nous ne voulons certes pas dire qu'il faille chercher à ne procréer que des génies ! Mais au moins devraiton s'eil'orcer de favoriser la procréation d'individus utiles,
UKRKDITÉ tl ULAbTOl^llTllOKIi:
I snins. animés de sentîmenls de sympathie et de devoir, perst'véraiils cl li availli'ui ciiliu doués (riin bon ('quilibrc nicnlal. Dans sou histoire de la .scitMicc cl des i^avaiits, Alphonse de CaDdoilea prouvé parles faits qu(^ resprilscien- ' tifique et les hautes facultés mentales en général s'héritent, el combien il est faux de prétendre le contraire. Les descendants d'hommes dislinafués sont en moyenne bien plus distingués (juc ("l'iiv des iinltrcilcs, cl iuvcrsonienl. Noire sélection sociale est déplorable el crée jierj)élucllement une loulc dmdividus pathologiques et incapables. Voir aussi Fr. (àalton.
Toute influence qui empoisonne ou lèse les germes, et qui vient par conséquent poser la base de la dégénérescence héréditaire dans un fi^roupe vivant jusqu'ici sain, peut élrc <l('si*;iiée du teruu^ ^én(''ral de hlastaphUioi'ic (détérioration du germe), et la façon dont elle a^nt sur ses descendauls immédiats, de celui de fausse hérédité. Fausse, parce que ce ne sont pas les qualités préexistantes d*un ascendant qui se transmettent à un descendant, mais parce <|ue, de la détérioration des éléuuMils ou en*j;rainnies mnéuiiques du <^ermc l'rocréatcur, naissent pour la descendance <lcs qualités . palliologiques ou inférieures, par déviation des délerminantes du germe. Une fois développées, ces qualités, fixées ; provisoirement dans la mnème, se perpétuent dans les géné- I rations subséquentes par hérédité ordinaire ou vraie. La blas- ! loplilhorie ; 1 1 (*sl donc la jure l'orme de l'hérédité, parce 'luelle donne toujours de nouvelles impulsions tendant à une dégénérescence progressive de l'espèce. En outre elle ne se contente pas de créer des maladies du système nerveux ; elle fait dégénérer tous les organes du corps (voir chapitre V,
j (i) Celle notion répond à des faits piilhologiqncs. Lch expériences de
I ^Imdruss el d'autres cîiez les papillons oui. par «-(uilrc, fail connaître "ne Iratiî^formalion physiologique pliylog6ni<iue de la mnème des !.'*>rmo<, liMii<form.ilioii obteiuie ;i l aide <rai:enl<^ physiques comme 'a cli.ilciir et le froid, <'l «uroii pourrait dc-iuMicr. jmmh' la disliniiiH'r
1 <le la biaslophlhorie. du le. iiic de «• bla.sLoniélapla>ie ». ioulc véritable hérédité est blaslogène.
Onloyâlie). Le lypc principal de In ))laslophiti<M-i<' dans nus pays civilisés est l'alcoolisme hérédilatre, el c'est lui qui est certainemeDt la cause primordiale d'un nombre immense, sinon du plus grand nombre, des anomalies et maladies mentales. Les preuves expérimonlales sont là pour le prouver; cilons-en (|uelques-unes :
1° Diverses soci«Hés (Tassurances sur la vie (*n Anglelerrc en Écosse et en Australie, assurent les abstinents d alcool dans une classe spéciale, les séparant de ceux qui consomment cette subf»tance ; elles n^assurent jamais les buveurs iimiiodérés. l'>hl>ieii ! si l'on repi-ésenle par loop. i oo le noiiihre des morts pré\ lies par le calcul ti(is probabililés basé sur la , mortalité générale, la section des abstinents n'accuse que 70 p. 100 de morts, sur 90 p. 100 à 99 p. 100 dans la section des modérés. Comme ces sociétés sont mutualistes, il en résulte que les abstinents reçoivent un dividende qui diminue l(Mn- prime à payer du 1.') au 20 p. 100. ( '4e résultat ne varie guère depuis 5o ou (mj 'Awa. I Environ la moitié ou les trois ({uarts des idiots et épi- | ieptiques proviennent de parents ou du moins de pères • alcooli<|ues (voir par exemple la statistique de Bicétre). Jene répèle pas celle de Mlle J. Koller, docteur en médecine.
3" Les expéricinccs faites sur les animaux par llodge, (](nnbeuiellc, Marillicr <'t Lailineu prouvent à n'en plus douter que les descendants d*animaux artiGciellement alcoolisés se composent en grande partie d'avortons ou d'individus dégénérés ou non viables (hydrocéphales, rachiliques, mortnés, etc. .
^1" hemuie, à Heriu", et (Taulres on! oblenu des résultai? semblables en étudiant les dcîscendanls de ramilles d'ivrognes. Demme, médecin célèbre de l'hôpital des enfants de Berne, a étudié la postérité de dix familles nombreuses dont le père et une partie des ancêtres s'étaient adonnés à la boisson, et La comparée» à celle de dix autres familles dont rascendaiice, sans être abstinente, avait au moins été sobre.
HÉRÉDITÉ ET BLASTOPHTIIORIE
I.c proinior ^noiipo (buveurs) eiifjfPndra 57 onfnnts, dont 12 moururent pou apics la naissaiico «le laiblossc gôuôrale, 8 devinrenl i(li<»l*^. i3 i'urcnl alh inls d'épilt psic ou d aulros convulsions, 3 de diverses infirmités corporelles, 2 de surdimutité, 5 devinrent ivrognes avec complication d'épilepsie et (\c chorée, 5 devinrent nains. 9 senlement snr r>7 se développôrcMit normalomont, lanl <le corps que dCspril. ('.hcz 7 de c<^.s dernicis, lo père seul avail éié ivrogn*', taudis (pu^ la rac^ro et l'ascondanco palorn<dlc u'avaionl préscnlé aucun cas d''alcoolisme. Parmi les 87 enfants dont la miM'c était buveuse et dont l'ascendance paternelle avait aussi présenté des cas d'ivrognerie, 2 seuls demeurèrent normaux.
Le se<'ond i^roupo ferons sobros) on^'"cndra (n enfants, dont 3 moui'urenl de faiblesse générale el :> de ^aslro-eulérite peu après la naissance. 2 de ces enfanls furent atteints de chorée, 2 autres de difformités corporelles, et 2 d'un retard de développement intellectuel^ sans cependant être idiots. .)(» se développèrent d'une façon entièrement normale.
Ajoutons que les <li\ l'auiillcs d'ivroe^nes ne présentaient pas de lares héré<lilaircs prononcées au point de vue de 1 aliénation mentale et des maladies nerveuses. Chez Tune d'elles seule, 2 frères du père étaient épileptiques et un troisième était un homme exalté. Chez une autre 1 frère du père était aliéné. Chez un troisième, la mère se suicida à la suite de* rivrog"nerie ol de rincnndiiilo du j)oro. NOilà tout, Nous venons de voir par la statistique Koller que l'ascendance do dix familles saines prises au hasard présentera tout autant de tares.
50 Se basant sur les résultats du dernier recensement suisse
qui a constaté la présence do 9. 000 idiots dans notre pays, Bczzola a calculé pour eux deux courts maxinia de conceptions, Fun à l'époque de la vendange el de ses suites immédiates, et Tautre à celle du carnaval, tandis que le maximum général des conceptions normales se trouve en été et dure longtojups. Dans les cantons viticoles, le maximum des con-
a\U5E$ DES MALADIES MENTALES ET NERVEUSES
ct'pliolis «l idiol*; e-^l run>i(lt''rahle ol |mo><(iio uniqiitMuciil coocenlri' >uv 1 époque des veiulange?. L'époque lie la conceptioD a été calculée en remonlanl neuf mois en arrière de celle de la naissance qui est indiquée sur les cartes de recensement.
6" Le physiolofiriï'le von Buns:*», à BAlt\ a entrepris une sla listique consi«l«''ral)l»' pour reclu'rrher les causes «le l incapacité croissante des femmes à allaiter leurs enfants. Les résultats en sont frappants, et montrent que Talcoolisme des parents y joue le rôle principal. Il en est de même des résultats d'une statistique analogue entreprise par lui pour reconnaître les eauses clr 1 aiit'uation meiilale. de la disposition à la tuberrido<e, de celle à la carie dentaire, elc. [*arloulon voit l'alcool tarant les desci'ndanls au premier chef.
7^ Tout dernièrement, H.-E. Ziegler et H. Fûhner ont prouvé que moins de i p. loo d*alcool éthylique dissout dans l'eau de mer suffit pour ralentir le développement des embryons d'oursins, i[ue i p. loo causent «Icjà des monstriiosil(''< et des arrt^ls considérables de développement, et que 4 pempêchent tout développement ultérieur des cellules conjuguées.
8° Enfin les autopsies des cadavres démontrent à tout médecin qui veut ouvrir les yeux l'action destructive de l'alcool
sur les tissus du corps, de même que l élude des nudades lui fournil l<'s mêmes preuves sur les tissus vivants. Ajoutons qu'en Suède et en Norvège, pays qui étaient les plus alcoolisés et les plus dégénérés pendant la première moitié du dixneuvième siècle, la réforme anti^-alcoolique énergique (pii a eu lieu il y a cimpiante ans environ n'a pas eu seulement poui- clVct d'arrclei" la pro«;ression des maladies mentales ei de diminuer considérablement le nondjre des crimes, mais aussi, et spécialement en Suède, où les deux périodes sont mieux tranchées, de faire augmenter considérablement le nombre des jeunes hommes |)ropres au service militaire. Ce fait s'est accentué dans le courant des dernières années sur
IIÉKÉOITÉ ET ULASTOl'imiOlilt: :i(>7
les généralîon« nées d^hommes plus sobres, depuis la réforme^
et cela si bien, (juc, inal^Tc remploi du inôiiic élaloii, Ut nombre des recrues ina[>l('s au service, (jui était de i>y p. loo il y a cinquante ans, est lombé maintenant à 19 p. 100. Dans nos pays de 1 Europe centrale, l'augmentation de Talcoolisme produit au contraire une augmentation du nombre des recrues incapables ou inaptes. La chose se voit plus distinctement encore chez les peuplades sauvaj^es, autrefois roi )U si es, et actuellement dégénérées par suite de Tusage de reau-de-vie qui leur a été octroyée par les Européens. Tels sont les Indiens et les nègres d*Amérique« les Malais, etc.
Mais d'autres intoxications, telles que celles de divers narcoliques, de la syphilis, de la tuberculose, etc., peuvent aussi provoquer la blaslophlhoric des germes. Il en est de même delà vie de fabrique, de Temprisonnement dans un mauvais air, de la nutrition insuffisante et de tous les genres de vie exclusifs ou malsains. A cet égard, les chiffres concernant spécialement h' système nerveux nous font défaut. Ce dernier déf>;énère toutefois avec les autres organes du corps, tout aussi bien que l'intoxical ion alcoolique ne se limile pas au système nerveux, mais fait aussi dégénérer les autres tissus.
A propos de Thérédité des anomalies mentales, signalons encore celle de la disposition au crime, déjà citée au cha-
pilroVIl à propos de rimbécillilé du sentiment et spécialement de l imbécillité morale. Le célèbre <f criminel-né » de Lombroso n'est autre que Tamoral ou imbécile moral à tous ses degrés et dans toutes ses variétés. La majorité de nos civilisés qui commettent des crimes est plus ou moins disposée héréditairement au crime, ce que la jurisprudence ignore encore ou feint (Tignorer le plus soiiveiil dans la j)ialique, quand même <'ii théorie elle commeiK-e à se rendre à l'évidence des faits. Si Ton pouvait rendre la société abstinente d'alcool et empêcher les natures criminelles de se reproduire, on obtiendrait un résultat social bien supérieur à celui de
toutes nos lois pénales et civiles. CVsl là un fait qui est du ressort di^ l'hygiène, mais dont Tétude nous luènerail trop loin. Je renvoie donc à' mes ouvrages sur la Question
sexuelle ( i ) et sur le Crime el les anomalies mentales constitulionnelles (•>), ce dernier fait avrc la coliaboralion du professeur Mahaim.
B. Causes générales prédisposantes de révolution ontogèniqne. — L*flge et le sexe comportent la prédisposition à certains troubles mentaux. L^enfance tend, nous Pavons vu,
«iiix psychoses et aux névroses ontogéniques W"^ fj^roupe du cliapilre \'1I), ainsi qu'à Tépilepsie. T. os psycliosofï et névroses tlu /|«" groupe sont au contraire particulières à un flge avancé, tandis que l'âge fort et moyen est surtout disposé à celles du 3* groupe. Mais ce sont principalement ce^ taines causes d'affaiblissement cpii, survenant à certains moments de la vie la femme, on! la particularité (réveiller les prédispositions héi'éditaires palh()logi(jut's latentes, de les envenimer, ou môme de faire éclater des psychoses aiguës. Les couches, la ménopause (Fâge de la cessation des règles), les menstrues elles-mêmes et la grossesse agissent toutes dans ce sens. Beaucoup de psychoses s*exacerbent chaque fois pendant les rc«i:les, ou même se reproduisent périodiijuciiienl chaque fois à leur retour. La plupart des accès morbides neurocymiques, ainsi causés chez les femmes, sont aigus et curables. Ceux de la ménopause offrent néanmoins un pronostic en somme moins bon que les autres, sans être mauvais.