HARMONIE ET CHOIX
grossière activité musculaire jusqu'à la plus haute des abstractions, aux sentiments les plus affinés et aux volilions les
|ilus persévéranics. A cùiô de ct'la, on fora bien, il est viai, d acquérir des connaissances et des habiletés approfondies, en un mot la maîtrise nécessaire, dans une spécialité quelconque, pour pouvoir en faire sa profession. Quand on est normal et sain, et qu'en s'abstenant de toute narcose on obéît aver persévérance à la loi de rexercice, on mènera roiKh'iiKMil Iroiil toutes ces aciivilés à bien, sans se surmener. Par réducation générale iiarmonique, on acquiert et Ton entretient chez soi-même le plaisir de vivre, la santé et TélasUcité, on élargit toujours son horizon, on conserve et perfectionne une faculté saine de juger les choses et surtout de se jujL^er soi-niéine, jointe à des volilions et à des sentiments bien pondérés. En se spécialisant dans un ou plusieurs domaines (d;nis plusieurs seulement quand ou a les forces et les facultés nécessaires pour le faire), on apprend à estimer à leur valeur l'approfondissement et les difficultés à vaincre ; on surmonte ces dernières, et Ton évite de tomber dans un dilettanlism<; banal et superiiciel (jui i^ii^énéralise trop vile et sans réllécliir, faute de fond et de concentration. On api>rend à comprendre que, dans toutes les branches de la connaissance, le progrès n'est possible que par une pénétration profonde ; on devient plus modeste et Ton apprend à estimer et à honorer les autres domaines du savoir dans lesquels on n'est pas clie/. soi, parce <pic d une ])art on comprend leur iinportance en voyant leur connexion avec I cnscinble (pi'on a étudié, et ({ue de lautre on saisit bien leur valeur en la comparant aux difficultés qu'on a éprouvées soi-même dans sa propre spécialité. De la sorte, on évite les deux grands écueils du développement mental : Taplatissement banal du diletbïntisme et de la t,'-<''n<''ralisalion pr<''malurée ; rexclu>ivisme borné du spccialisle. En parlant ici d'harmonie, il nous faut appuyer encore une fois sur rimporlance capitale de la vie des sentiments et de la volonté. A quoi cela serl-il
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d'accumuler dans sa tête une foule de connaissances, si on
ne sait pas les utiliser ou si le sentiment se dessèche? En s'elVoiraut d'être juste envers les exi^fenees d'une morale sociale supérieure, de remplir ses devoirs envers ses semblables, de développer son sentiment de solidarité ; en cultivant l'idéal ; en s'entrainant à la persévérance et à la logique des actes, à mettre ses bonnes résolutions à exécution, et enfin en demeurant fidèle (k ces dernières pendant le cours des antK'es, on forme son caractère durant toute sa vie. Or, celte éducation constant*' du caractère a, à elle seule, une bien plus grande valeur individuelle qu'une grande érudition encyclopédique exclusive. Je recommande à cet égard la lecture de Self'Help de Samuel Smiles (traduction française de Talandier).
Il faut donc exercer ses muscles, ses sens, sa pensée, ses sentiments, son ima*içination, sa volonté dans toutes les directions, à côté de sa spcciaiilé ou de sa profession, el même dans cette dernière.
La loi de Texercice doit en outre être mise d'accord avec les prédispositions héréditaires. Avec de la patience et de la ténacité, on enseignera sans doute à un homme qui n'a pas le sens musical à toucher du piano, et {\ un artiste né, qui ne sait pas <-onipter, à dev(Miir l»an(|uier. Mais de cette façon on obtiendra avec beaucouj) de [)eine, 1 expérience le prouve, de mauvais musiciens el de mauvais banquiers. La plus grande sottise que puissent faire des parents, c'est de forcer leurs enfants à choisir des carrîères pour lesquelles ils n'ont pas de dispositions. Nous trouverons' la clé de ce que nous avons à faire en pareil cas dans ce que nous avons dit plus haut sous le cliitlVe :> \ lîi'<)les posilivL'Sj. Le développement liarnioiiicpie du cerveau exige certainement l'exercice des facultés pour lesquelles on n'a pas de dispositions spéciales ni de laieul. Gela est excellent, car on ne doit laisser s'atrophier aucune des branches de la vie nerveuse et mentale. Mais ce qui est vrai pour le déveluppement général ne l'est pas pour la spé-