GÉNÉRALITÉS SUR LHYGIÈNE OU SYSTÈME NERVEUX
sonnant chroni(iii('in<MiL le syslèmo nerveux, et de l'autre en riiabiluant à ne dormir que sous une impulsion arlificielle. Quiconque dormait bien, mais, pour calmer une douleur, 8*est habitué à la morphine ou à Topium, finit par perdre complètement le sommeil naturel, c'est-à-dire à ne plus pouvoir dormir sans l'usage de ces narcotiques. Il faut alors une longue et douloureuse cure d abslinence pour l élablir le sommeil normal. Un genre de vie varié, harmonique et naturel, est le meilleur moyen d'éviter les insomnies. La suggestion est le meilleur remède pour éliminer peu à peu les troubles du sommeil et pour faire revenir le sommeil naturel. Il faut néanmoins ensuite se g-arder d'évoquer à nouveau l'insomnie par les veilles noelurnes, etc.
A c()lé des disposilions héréditaires normales et de l'absiention de toute intoxication cérébrale^ les conditions fondamentales d*une vie cérébrale et nerveuse saine sont donc une bonne nutrition, un èseércice continu et le sommeil nécessaire. Il ne faut jamais porter atteinte ù ces trois piliers de riivgiène nerveuse, cpii sont en nu^me lemps ceux de la vie, et il faut se garder de les miner sourdement.
L'homme sain supportera sans doute quelques coups passagers qui leur seront portés; mais, s'il se met à léser Tun d'eux longtemps ou fréquemment, il le paie au moins avec une partie de sa santé nerveuse, r.ependant les <lispositions héréditaires jouent encore ici un rôle immense, et tandis que les homm<'< foi Is et normaux supportent relativement bien beaucoup d'atteintes aux lois de rentraînement, du sommeil et de la nutrition, les psychopathes prédisposés succombent déjà aux plus faibles excès ou aux moindres imprudences. Cela devrait leur faire comprendre (ju ils ont d'autant plus hcsoin de s'entraîner régulièrement et constamment dans les trois directions indiquées. Malheureusement, on interprète le plus souvent la chose en sens inverse, et on les enfonce toujours plus dans Tornière par l'inaction, l'amollissement et des soias exagérés et mal compris, sans parler de l'usage à la fois si
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Défasle et si répaDdu chez eux de Talcool et des autres narcotiques.
3. Harmonie et choix. — Dans les quatre promiors chapîlies, nous avons appris à connaître la diversité des activités nerveuses. Lorsqu'un homme s'exerce exclusivement à une activité particulière, ainsi à celle des mouvements spéciaux d*un groupe de muscles, les muscles dont il s'agît deviendront sans doute très forts, et il en sera de même de la combinaison neurocymi(|iie cércbro-niotricu' correspondante. Mais à côté de cela, toul le reste s'atr()[)hiera. Il en est de même d'un homme donl toute la vie se consume à chevaucher exclusivement sur une même association d'idées, sur un même groupe de sentiments, sur une habitude quelconque. Il y a des hommes qui, sans être aliénés, deviennent de cette façon pour ainsi dire des niunomanes; tel un joueur d'échecs qui ne fait que cela toute sa vie; telle une mère dont les sentiments exailés envers un enfant éteignent à un tel point tous les autres, que son amour exclusif et exagéré a des effets déplorables pour elle, la rend injuste et déraisonnable, puis gâte et pervertit complètement l'enfant qui est Toi)] et de cet amour passionné; tel encore un IioiiuiK^ (jiii veut à tout prix s'enrichir ii l'aide de quelque découverte réelle ou illusoire qu'il a faite, et qui y épuise ses forces et sa vie. Tous ces exercices exclusifs se combinent à une atrophie du res(te des activités cérébrales. Il est rare qu'ils conduisent à un résultat utile et productif, à l'exception de l'étude approfondie de la science, de l ait, ou de spécialités utiles (voir plus has). L'exercice harmonique de tous les domaines de la vie du système nerveux est donc la condition de sa bonne hygiène. 11 faut exercer les perceptions des sens, ractivité des muscles, Tintelligence, le sentiment, la volonté, Timagination et toutes les facultés combînatrices qui ouvrent la voie à des activités nouvelles, au lieu de ne l'aire que rcjjroduire les anciennes.
On m'objectera immédiatement ici que la spécialisation for-
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niidable du savoir à noire t'poque vionl s'opposer directement à un développement aussi harmonique de l'homme. C'est très beau en théorie, me dira-t-on, de vouloir développer harmoniquement le cerveau et le corps à tous les égards, mais avec ce système on n'arrive à rien, on n*acquiert pas Thabileté nécessaire à toute activité spéciale, professionnelle ou autre. Il semble, en elTet. (pie dans beaucoup de lôtes notre idéal moderne soit devenu 1 exclusivisme simpliste de la spécialisation à outrance. Les gens qui comprennent ainsi notre civilisation ne se rendent pas compte à quel point leur exclusivisme les rend aveugles^ ni les maux futurs qulls se préparent. Nous ne méconnaissons nullement la nécessité delà division du travail, ni, par conséquent, celle de l'éducation, de l'étude et de l'habileté dans telle ou telle branche spéciale. Mais c'est commettre une faute impardonnable que de commencer cette spécialisation exclusive déjà dans la jeunesse, et de négliger le développement harmonique du cerveau, hypnotisé qu'on est par l'importance du détail d'une spécialité. De celte façon, Ton fait atrophier l'ensemble, et l'atrophie de l'ensemble porte finalement un préjudice irréparal)lo à l'activité des parties. Le jugement souffre et s'étiole chez rhomme qui s'exagère sa spécialité en méconnaissant rimportance des autres branches, et qui ne voit plus le monde que sous l'angle exclusif de son métier. Quiconque, dès sa plus leniln; jeunesse, ne vise (pi à exercer un seul })oint do son activité cérébrale pour y acquérir une prompte maîtrise, et laisse s'étioler tout le reste, risque souvent de devenir la victime d'anomalies mentales, parfois même de psychoses ou de dépérissement corporel, de tuberculose, etc. 'Voici donc la règle générale, courte et simple, que je crois devoir formuler ici :
On développera liarmoniquement, en en faisant réduction, toutes ses activités nerveuses et mentales pendant toute sa vie, afin de conserver saine et capable de travail et de jugement toute sa machinerie cérébro-spinale, de la plus