‹ L'âme et le système nerveux, hygiène et pathologieChapitre 64 sur 77 · GÉNÉRALITÉS SUR L HYGIÈNE DU SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS SUR L HYGIÈNE DU SYSTÈME NERVEUX

qui se fait conirc tout, ce qui esl artiliciel, derrière les cris de ceux qui exifj;(Mit le retour à rélal naturel, se cache oéaumoins quelque chose de vrai qu'il s'agit seulemeol de comprendre. Dans un certain sens, et sans risquer de se tromper, on peut sûrement désigner du terme de conditions naiareUes de Texisience d*un être vivant les conditions auxquelles il s'est adapte d'une i'açon adéquate dans le cours des milliers ou millions d'années de son évolution. Je renvoie ici à lase* conde moitié du chapitre V {Phylogénie), .Notre cinquième chapitre nous donne de toutes façons la clé de ce qui appartient véritablement à notre « nature ». Or, notre civilisation a eu pour <'lTei <le mellre à contribution l'activité de noire cerveau d'une façon intense, souvent très exagérée et exclusive. Piir l'évolution phylogénique de son organisation, notre cerveau s'est principalement adapté, dés son origine la plus ancienne, à des circonstances qui existaient encore il y a quelques milliers d^années et qui existent môme aujourd'hui chez les peuples sauvages. Voilà pourcjuoi rhoiiiiin^ civilisé se trouve si bien, lorsqu'il a des vacances, de coiirir dans la libre nature, de grimper, de sauter, de nager et de se comporter comme un homme des bois, dés qu'il a surmonté les premières fatigues dues à la paresse motrice à laquelle il s*étaîthabitué,etsa faiblesse musculaireacquiseparrinaction.

C'est la béte hurnaiue |)riniitive qui se retrouve alors lonl à coup dans ses conditions naturelles d'exislence. L'auctHre sauvage qui sommeille à l'étal latent dans son cerveau se réveille, ecphoréparla perception de la nature; c'est alors que toute notre culture moderne lui apparaît subitement, par effet de contraste, comme un misérable artifice truqué (}u il se croit tout h coup en droit de iné[)riser. Mais ce ne sont que des illusions dues au contraste. L'honnne qui croit et demeure dans un milieu absolument primitif et sauvage n'est nullement plus heureux que nous, bien au contraire. Ce sont seulement d^autres maux et d'autres inOrmités qui le font souffrir. Voilà tout.

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Lari véritable dune saine hygiène nerveuse consiste donc à adapter justement In t u/litrc à la iinliire^ c esl-à-dire à délfarrasst'r. aii/unl /juc ccbi peut se faire, la culture de loiiles ses excroissances inutiles et nuisibles qui viennent contrecarrer et déranger les conditions de l'existence auxquelles f homme est adapté^ tout en corrigeant les imperfections^ les déchets et les aléas de notre « nature » brute et sauvage.

Nous avons déjà exiijfé iri rôliininalioii tous les naicotiquesel révY'h* riinportaiicc de la loi de roxercice. Ces deux choses correspondent à ce que nous venons de dire. Mais nous voulons indiquer encore quelques points qui semblent devoir nous aider à obtenir des conditions de vie plus normales. Il est bon de s^endurcir sans relâche en s'habituant, comme Thomme primitif, à supporltM* les inteinpi'rit's do la nature, à ne craindre ni froid, ni chaud, ni luimidilé. ni vcnl, ni onige, à dormir àToccasion en plein air, sans se refroidir, à simplifîer ses Têtemenls au lieu de les rendre de plus en plus compliqués, à éviter dans sa toilette tout ce qui est superflu, et à user d'une grande simplicité dans son alimentation. Nous le disions déjà, de nos jours on se fait iiicn plus «le mal en manp:«Miit liH)p, en reposant trop ses muscles et en s amoliissaol qu en faisant le contraire. En s'endurcissant, il faut soigneusement observer la loi de Fexercice, c'est-à-dire procéder graduellement et prudemment. Avant de faire son voyage à pied au travers du Groenland, Fritjof Nansen s'habitua petit à petit, roulé dans sa pelisse, à coucher (h^liors [»ar lo, *>(), .'io" de froid, el davantage! La plus grande faute qu'on puisse comnietlrc" est de 8 amollir progressivement par I erreur des refroidissement s et des maladies,' au lieu de s'endurcir par un exercice sain. De cette façon, au lieu d'éviter les maladies, on devient au contraire leur v ictime perpétuelle. II faut apprendre à dif^-érer les haclérics el à s'adaptera elles, au lieu <le vivre dans rillusicui de pouvoir leur faire la chasse ou les éviter absolument. Cela n empêchera pas de prendre de Tcau stérilisée pendant une épidémie de fièvre typhoïde, car la raison ne doit jamais FORBL. 17

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perdre se» droits, i oui en t'ulraînanl régulièrement son corps ! par Texercice musculaire nlile, on peut supporter et s'assimiler ce que la culture a de plus beau, de meilleur et de plus élevé, sans dépérir et sans se désespérer ni soupirer après un désert sauvage ou le nirvanft (le néant) du bouddhisme.

Il laul enroro bannir do son existence In rn^o <le jouir \ \y,\^ la jouissance)! Toule jouissance cultivée pour elle-même, c'est-à-dire qui n*a qu'elle seule pour but, conduit au dégoût, rend blasé et nuit à la sanli^ du système nerveux. Toute jouissance veut être gagnée dans une vie harmonique. Le sommeil, même sur un banc de bois, est une jouissance quand on est fatigué; manger les aliments les plus ijfrossiers est une jouissance quanti on est allamé: Itoire de Teau fraî< he est une saine jouissance (piand on a une soif naturelle, et n'a pas l'effet nuisible des boissons alcooliques qui sont toxiques, aii^i que la soif artificielle, souvent insatiable, qu'elles produisent. Le travail intellectuel est une saine jouissance, lorsque le besoin d'action et d'exercice des muscles trouve à coté de lui sa satisfaction. Le travail musculaire est une jouissance en tan! que vai ialioii de l'aclivité des pensées et des sentiments, mais il cesse d en être une. lorsqu'il est accompli inconsciemment (su! )consciemment)et automatiquement, sans activité attentionnelle, car dans ce cas il ne supplée ni à la pensée abstraite, ni aux émotions qui risquent alors de se diriger dans de mauvaises voies. Les rapports sexuels, qui satisfont un appétit hérédilaire, ne sont ccjXMidaid une jouissance pure, durable et coiuplcle (pie lorstpi ils sont nuis à un véritable amour. Pour déterminer en outre un plaisirde vivre vrai et durable, il faut qu'ils remplissent, en partie du moins, leur but naturel, qui est la procréation d*une descendance. Sans doute rhomme ne peut pas toujours tout avoir, et, surtout dans les rapports sexuels, il est obligé de s'imposer ries res- Iriclions, tant pour le bien social que pour son bien individuel.

Ëii somme donc, c'est en déclarant résolument la guerre à

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tous les préjugéb sociaux inutiles ou nuisibles, en premier lieu au luxe, aux colifichcls, aux jeux sans but, et surtout à la passioo artificielle de la jouissance destruclriée des plaisirs normaux, que nous adapteron» le mieux la culture à la nature. Quelle somme elTrayante de temps, d*argen(, de force et de sanlr no sacrifions-nous pas au luxe de la lahie, à la boisson, à la parure, aux bavardages de la rue ou du salon, aux visites oonventionnelles, aux amusements de mauvais aloi, aux bastringues, aux maisons de jeu, aux cabarets et autres lieux de boisson, aux maisons de prostitution et aux excès de tout genre ! Les effluves empestés de Ions ces parasites de la civilisation, avec leurs empoisonnements pliysicpu's et moraux, ainsi que ramollissement et les maladies qui en sont la suite, ne sontrelles pas les plus grands ennemis de toute hygiène normale du système nerveux ?

Un jeune homme que je connais a accompli entre seize et dix-huit ans de grands voyages à bicyclette à liavers l'Europe. Il a fait par exemple une fois 1.700 kiIouK'tres en trois semaines (dont cinq jours il est vrai passés dans une ville, chez des amis qui le reçurent gratis), ne dépensant en tout que 25 francs, y compris les réparations de son vélocipède, et s*amusant royalement. Il couchait chez des paysans pour 25 ou '^o centimes, et se nourrissait de pain, de lait et de quelques œuls. C élait au mois d avril, et la neige et la pluie rendirent son voyage d'autant plus difficile; mais, fortement entraîné par un exercice antécédent, il surmonta sans peine toutes ces difficultés. Voilà ce que j'appelle une jouissance saine et vraie, que peuvent s'accorder même des personnes très peu aisées, pour peu (pi'elles «'coiioiuisenl sur l'alcool et le colifichet. Malheureusement, le peuple lui-même samoUit de nos jours de la façon la plus déplorable, imitant en cela les riches dégénérés. Ce que je viens de dire s'applique aux femmes comme aux hommes. C'est un préjugé complètement faux de croire que les femmes se font du tort ou perdent leur caractère féminin en travaillant de leur corps.

2(k) GKMiRAMTÉS SUR l'iIVGIKNE UU SYSTÈME NEBVKUX

Les femmes du Dahomey, on le sait, guerrières comme les hommes» e( montées en ama/.oiies, rendirent la lAche de

l'arim'H' fraiiraise Ibrl (rinicik*. Or j'ai «mi IVn'casion df voir lesfoinincs du roi du Dahouicv , licliaii/iii, alor> prisniiuicr a l;i Martiaique, aux coU's leur ^-ci^neur el maHre, cl je puis assurer qu'elles étaient, au point de vue nègre, d'une beauté parfaite et d'une force remarquable.

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