‹ L'âme et le système nerveux, hygiène et pathologieChapitre 67 sur 77 · REMARQUES GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

REMARQUES GÉNÉRALES

licsoius bons et utiles des mauvais désirs (jui ne deviennenl qu'iirliliciellement des besoins. Mauvais sont tous les hesoiiis matériels qui asservisseal l'homme et le rendent dépendant, donc tous ceux qui en reviennent à la passion des narcoti* qaes, de la jouissance, du luxe, du jeu, de la parure, etc. Bons, au contraire, sont tous ceux qui poussent au travail utile et suilout social de IMme et des muscles. (}ifon soit donc aussi siii)j)lc et modeste que possible dans ses vtHements, dans son alimentation, dans son logement, ele., sans cependant négliger Testhétique ni les objets instructifs, et qu'en revanche on exige beaucoup de soi-môme,en développant son intelligence, ses sentiments altruistes et sa persévérance, ainsi ({ue ses habiletés techniques.

Ha|>()el()ns enfin ce (jue nous «lisions ;ui conimencemerd, cest que rh^'giùne, comme telle, n'est là que pour prévenir les maladies par un genre de vie approprié, et non pour reînplacer le médecin lorsque la maladie est là. Quiconque aura lu nos chapitres VII et VIII y aura remarqué la variété' des' maladies mentales et nerveuses dont notre petit livre n*a pu donner (ju une esquisse très suc< incle. Il comprendra donc que, pour pouvoii" en laire le diagnostic, le pronostic et le trailemcnl, il est jiécessaire d'ôlre psychiâtre ou psycholo-. giste expérimenté. La dit'iiculté consistera alors à tfouver et à bien choisir son médecin. Qu'on se garde surtout des arri-. vistes et des médecins qui sont trop forts financiers, pour ne pas parler des charlatans, patentés ou sans patente, qui malheureusement formeid léi^ion. On ne devrait |)his de nos jours devoir dire à un lionuue raisonnable que tous les héros de la réclame, qui étalent leurs résultats thérapeutiques dans les journaux et dans des prospectus tapageurs, qui prétendent avoir découvert des remèdes à toutes les maladies, qui promettent de donner l'énergie et la volonté à ceux qui en manquent contre l'envoi de 7 ou S francs, ne sont (hi premier au dernier ipie des cliarlalans ou <lc> escrocs, doid h' seul but est d'exploiter la crédulité du public. On devrait eniin ces.«er

2(>{ Gl':NÉl{AI.iri-:S SUH L^HYGIÈiNL IJU systèmk neaveux

d'avoir si pour »l<'s nsiKîs pulilics d'aliénôs. .lo parle <lu moins i\r la Siiisso, où nos asiles publics soiii assez j)otils et ou le iioinlne des iiiédccins est sul'lis;ml pour jxTmetlre UD trailemenl rationnel el individualisé. Le directeur à Iraitement fixe d'un asile d*Élat est perpétuellement exposé aux attaques et aux calomnies, grâce aux idées délirantes mensongères d'aliénés à demi ou pas du lout guéris «pii sorlonl des asiles. Précisément pai- suite de «-elte situation épineuse, il ofTre certainemenl beaucoup de sécurité, car le terrain volcanique sur lequel il vit est peu propre à développer chez lui la charlatanerie. Ses connaissances des anomalies de Fâme humaine lui donnent une expérience que les autres médecins n*ont pas. lîeaucoup de névioloi^^istes ipii ne vivent (pie<lans les sanatoriums, el dont les études préalables se sont souNent bornées à la moelle épinièrc el aux nerfs périphéricpies, onl le grand défaut de connaître trop peu et souvent fort mal le centre même du domaine de leur spécialité, c'est-à-dire le cerveau et les maladies mentales.

Il serait d une inipor l anee capitale d'accorder à la psyrinAtrie une plus liaule position dans les facultés de médecine, et de donner ainsi à Taliéniste l'occasion d'étendre son e\pé- - rience extra muras, c'est-à-dire hors des murs de son asile, à toutes les maladies nerveuses, au lieu de séparer en deux personnes le névrologiste de Faliéniste, ce qui est une erreur de juincipe. fVest facile à conipreiHlre : On faul-il (tppluiuer le scalpel dans le cerveau pour séparer les maladies mcnhdes des maladies nerreuses^ la psychiatrie de la ne'vrohfjie? Poser cette question, c'est la résoudre dans le sens de l'unité.

Dans le doute et en cas pressant, on fera toujours bien d appeler un modeste et honnête médecin praticien qui connaisse le malade el sa l'ami Ile. (le sera lui (pii donnera le meilleur conx'il provisoire el qui sera le plus capable d'indicjuer un spécialiste approprié au cas.

CHAPITUE X

HYGIÈNE NERVEUSE DE LA CONCEPTION ET DE l'hÉHÉDITÉ (hygiène DBS DISPOSITIONS HÉRÉDlTAIBEs)

En lant qu'élémenU de noire |M'opre corps, les ovules et les spermatozoïdes sont incapables de pourvoir à leur propre hygiène. On dit par plaisanterie qu'on ne peut jamais être assez prudent dans le choix de ses parents. Or, on ne peut pas Ifts choisir. Tl résulle de ces simples réflexions qne toute femme (ju loiit liomirio. arrivé à \ do raison, a le devoir soeial sacré de pourvoir à la sanlé de sa progéniture. 11 est extrêmement commode de prétendre que nous ne devons pas tenter le destin et que c'est Taffaire de la c< nature » (toujours la nature !) de se charger de notre sélection. Les animaux le font sans doute avec un certain succès, car ils ne font pas de médecine, ne porlenl pas de huKdles, ne s'iiabiilenl pas, ne s'iuquièlenl iiuUemenl de leurs malades ni de leurs éclopés, ou ne s*en inquiètent que pour les achever, de sorte que la mort se charge de leur sélection. Mais Thomme soigne les malades, hospitalise les éclopés, fait tuer les bien portants à la guerre, et rend les n nions sexuelles naturelles toujours plus difficiles pai- ror<i;anisalion de la proslihition avec ses satellites, les maladies vénériennes, et par le service militaire de longue durée ; il paralyse la sélection sexuelle normale par les mariages d'argent et de classe, et, en général, par Tomnipotencc de Targent; enfin il cultive soigneusement

2(36 llViaÈNE NEllVEUbË DE LA COiNCEPTlON ET DE l'hÉHÉDITÉ

Tusage dégénérant de Talcool, deropiiim, etc. Il ne fait donc en n'nlih'pas aiiti e cliosc (jiic de joikt perpétucllcMKMil avec son |)ro})n> dcstiti cl de lui douuer la plus fatale des directions, colle de la dégénérescence de sa propre race. Voilà pourquoi l'affirmation en Tair que nous venons de signaler n'est que pure hypocrisie ou manque de réflexion. Sans doute, on nous oppose avec un semblant de raison Tinsuccès final du léi»-islateur spai'liale Lyciii'LTiie. Va\ son h'iiips. sans cuuuailre noire science iiioderue, Lycurj^ue avail organisé pur une intuition remarquable une séle<^lion dirigée vers la seule force corporelle et vers la simplicité des mœurs. Il négligea entièrement les facultés intellectuelles et commit, en outre, une erreur capitale, générale dn reste à son cpoipu', celle de mépriser le travail et de Tiniposer" ;uix esclaves, h's ilotes. Il réussit néanmoins à pnuluire un peuple fort , endurant et courageux, mais sans développement intellectuel, arist04Tate el envieux. 11 avait oublié le principal, à savoir, de cultiver Tesprit de travail corporel et mental, et de le mettre en honneur. Or, rhisloire nous apprend que partout ce sont les esclaves travailleurs qui ont tini par rem[)laeer leurs maîtres devenus faiuéanls. L esclavage a toujours fait déj<énérer les maîtres et jamais, ou bien rarement, les esclaves. Or, malgré tout cela, ce fut bien moins Tobservance des lois de Lycurgue que leur abandon, ({ui provoqua finalement la ruine de Sparte.

On nous oppose encore Tincapaeilé des variétés animales el végétales, arliliciellement produites par la sélection, de se maintenir seules dans la nature. Mais on oublie que nous ne produisons pas ces races dans Tintérét de leurs propres forces et de leurs propres facuUés de combat pour la vie, mais, bien au contraire, en vue de certaines qualités que nous désirons po'ir nous-mêmes, alin d'en j)rofiter, el ({ue par là nous détruisons leur facilité même de se maintenir dans le combat pour Texislcnce. Tous ces arguments parlent pour noire opinion et nullement contre elle, car ils prouvent, au contraire, que l'on peut produire par la sélection ce qu'on veut produire.

MYliliiM: NliRVEUSli DE LA CONCEPTION ET UE L liÉUÉunÉ 2G7

Du reste, nos espèces domestiques se maintiennent si bien, quand nous ne les transformons pas on jambons vivants, que

nous les voyons plutôt détruire partout les espèces sauvages qu èlre détruites par elles, ténioiu 1<'S lapins qui ont 'envahi l'Australie, les moineaux qui envahissent les Étals- Unis, les chevaux devenus sauvages dans ce dernier pays, etc. Pour le bien de nos descendants, il faut que nous développions leur puissance de travail, leur santé et leur endurcissement au combat de la vie, en évitant la procréation d'avortons, tant au point de vue de l'Ame (ju'à (;elui du corps, et en favorisant au contraire celle d individus torts, sains, travailleurs, bons (altruistes), intelligents, réiléchis, énergiques et persévérants, en un mot capables à tous les égards, tant hommes que femmes. Pour prévenir tout malentendu, nous déclarons ici aux théoriciens de Thérédité que nous n'avons nullement besoin de nous api)uy(^r sur une hypothèse douteuse cjuelconque. 11 ne s'agit pas de créer une nouvelle espèce d'hommes supersages ou de « surhommes ». Nous nous contentons de recommander lutilisation des faits connus dans les limites de la reproduction d'une seule et même espèce, sur la sélection naturelle et artifîcielle des variétés, et nous n'entendons nullement négliger les facteurs de la nutrition, de Tair, de l'exercice, etc. 'voir rlmjjitres IX, XI et Ml), facteurs qui viennent s'ajouter à la sélection. Il y a un point sur lequel tous les théoriciens scientifiques de l'héréditc sont d^accord, à quelque théorie qu'ils se rattachent, qu'ils accordent plus d^imporlance (pour la transformation lente des espèces) à la sélection, aux mutations, aux forces chimiques et pliysi(jues, à la uinèiue, ou à qiiel([ue nuire facteui- encore inconnu, f'e point, c'est (jue les espèces niiiniales îicluelles sont parentes par iiliation,que Thomme eu fait partie, et que les variations individuelles sont déterminées d'ordinaire par les énergies héréditaires des germes, combinées au moyen des croisements dus aux conjugaisons. C'est donc la sélection qui seule peut opérer le triage. Cela suffit absolument pour nous

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donner le droit de dire que Thygiène de la race exige, dans les limites de noire espèce humaine l'éloclion des qualités bonnes, saines cl utiles dans les unions >exuelles récontles: dans ee but, il faut utiliser tous les moyens humains possibles qui sont à notre disposition.

Pour y arriver, il faut voir clair dans la question et mettre de côté tous nos préjugés de dogmatique religieuse, de classe cl (Je société. 11 est, en omIic, absolument nécessaire d'éviter la blasl(){)hlli()rie, cause de (légéneies< enco, par l'al^slinence de tous les toxiques sociaux. Il va sans dire qu'on ne peut pas déterminer exactement la qualité de ses enfants, il ne peut donc s'agir que d'une bonne moyenne et d'un calcul de probabilités. Un grand danger consiste dans le fait que les personnes fullivées, intelligentes el en in<Miie temps consciencieuses cl pré( aulionu(Mises, appiiciuenl <le travers nos connaissances scienliHciucs sur rhérédité, en s'exagéranl le danger de la transmission héréditaire de tel cas d'aliénation mentale ou d'autre infirmité de leur personne, de leurs parents ou de leurs ancêtres, et en évitant h cause de cela de procréer des enfants. Nous voyons d'autre part d<*s imbéciles, grossiers et indiderents, ne lenircoMi{)le de rien, se considérer eux-mêmes comme d'excellente qualité et se reproduire en conséquence. Nous ne pouvons donc pas être assez énergiques en appuyant sur le fait qu*il faut bien comprendi*e la question avant d'agir. Partageons théoi*ic|uement Thumanité à peu près en deux moitiés, l'une supérieui"e, plus utihi au point de vue social, mieux portante et plus heureuse, et l'autre mt)ins utilisable au point de vue social, moins bien portante et plus malheureuse. Tirons ensuite une ligne de moyenne entre ces deux moitiés. Nous pourrons alors poser la thèse suivante : quiconque appartient, ainsi que la moyenne de son ascendance connue, bien distinctement à la moitié supérieure, aie devoir de se reproduire éaergiquement. (Quiconque appartient tout aussi distinctement à la moitié inférieure, surtout au point do vue du crime, de l'incapacité ou de l'aliénation

HYGIÈXE NERVEUSE DL L.\ CONCiil^TlON ET DE l'iIÉKÉDITÉ 2G1)

mentale et des autres infirmités ^'raves de toute nature, se Irouxr |);ir là (^Irc un lioniiiH' soil in;iiH|iH'', soil nuisible ;iu point de vue .social, soil niallieumix. Il (icvrail èlre lenu, on du moins considérer comme son devoii so< inl, d'éviter à tout prix de procréer des enfants, surtout si les défauts signalés sont individuellement bien marqués, et s'ils sont distinctement héréditaires dans son ascendance et d'une façon générale dans sa famille. Quiconque enfin se trouve plus ou moins à rheval sur la lip^nc moyenne, IVra hien d'être fort modéré dan.s la fai^on dont il multipliera notre espèce.

Donc, nous ne prétendons nullement que les grands talent» et les génies doivent seuls se reproduire énergiquemeut. 11 y a même certains génies pathologiques, exclusifs, qui sortent de familles absolument dégénérées, dont les parents sont pins ou moins aliénés ou détraqués, et dont les descendants sont j)Mr < onsé(pionl , en moyenne, <le déploi'ahle (pialilé. Des paysans et des ouvriers MK>destes, mais sains, honnêtes, persévérants et travailleurs, doués d'une bonne dose de bon sens, constituent un excellent matériel de reproduction. D'un autre côté, il ne faut pas oublier que les hommes éminents qui occupent une haute position sociale, s'ils sont arrivés à avoir (le la for! une et de la considéi alion, ne le doivent le plus souvent pas, comme on Taftirme si souvent, à un lieureux hasard et à une bonne éducation, mais bien plutôt, en grande partie du moins, à la bonne qualité du spermatozoïde et de Tœuf de la conjugaison desquels lis sont sortis. C'est là aussi une bonne fortune, mais d'un tout autre genre que le public n'a l'habitude d'en juger. Si quelques-uns d'entre eux sont un peu nerveux, si leurs défaiits scmt plus apparents et snl»issent une criticpie plus serrée que ce n'est le cas chey, un paysan honnête et hien portant, cela vient de ce que leur position sociale fort en vue les expose bien plus, et de ce qu'un surcroît de travail les use et les surmène.

Souvent déjà des personnes capables et consciencieuses sont venues me faire part de leurs projets de mariage pour

iî70 llYrnÈNE nerveuse de la conception et de L^HÉRÉDITé

me demander mon avis, parce que, par exemple, le père de la flancée ou du fiancé, avait été aliéné ou que telle ou telle infirmité ou névrose s'était produite dans la famille. En raison de ce que je viens de dire, j'ai pu le plus souvent, non

seulement conspiller le mariage, mais mt^me la prorréalion de plusieurs enlanls. Je fus au conlrairc obligé bien souvent, sans qu'on me l'eût demandé, de mettre en garde contre la procréation d'enfants des épileptiques, des imbéciles, des criminels d'habitude, des tuberculeux, des syphilitiques ou simplement des détraqués niais et sans jugement ; de leur déclarer qu'en le faisant, ils commet Iraient un crime impardonnable, et de parler à leur conscience en leur décrivant quelle postérité misérable, incapat)le, malheureuse et maladive ils ne manqueraient pas de mettre au monde. 11 va sans dire que la chose est peut-être pire encore chez les alcooliques, les morphinomanes, les opiophages, etc., dont les enfants, procréés pendant Tivresseou Tinloxication chronique, courent les pins grands dangers par la blastophthorie. Les maladies héréditaires de la moelle épinière, I hypochondrie héréditaire, etc., ne promettent pas non plus de bonne descendance.

On me répondra alors : « Tout cela est très beau et très bien, mais comment voulez- vous ou pourrez- vous faire pour

empêcher la procréation des enfants sans empêcher en même temps les rajipoils sexuels, soit dans b» mariage, soit en dehors?» Je réponds ici qu'un néo-nud(husianisrae scienlifi<pie bien compris n'est pas difficile à mettre en œuvre. Les phénomènes de la conception sont aujourd'hui si bien connus, qu'il est facile de régler les procréations comme on l'entend. Nous savons fort bien qu'il ne sert pas à grand*chose de prêcher et d'ordonner aux hommes l'ascétisme, ou de leur interdire les rapports sexuels. Malheureusement, nolie socitHé est encore toute imbue d'une fausse morale et de préjugés déplorables. Bien éloigné de recommander nos abominables excès sexuels, ni surtout l'infamie de la prostitution, qui est

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précisément Tune dos causes principales <le notre dégénérescence, je suis au contraire parlisau décidé «l'une lutte énergique contre toutes ces perversités sociales. Nous avons expliqué plus haut à quel point on a tort de repousser les produits de notre culture, qui peuvent soulager et corriger DOS nombreuses misères, en les stigmatisant des termes d* « artificiel» etde« contre nature ». Lorsque de malheureux éclopés (le corps ou d'Ame. <|ui ne «levraienl pas se multiplier, deviennent amoureux et veulent absolument se marier, il ne faut pas les en empêcher, mais simplement exiger d'eux qu'ils renoncent à procréer eux-mêmes des enfants, et que, s'ils en veulent absolument, ils adoptent ceux des autres. On les instruira simplement sur les moyens à employer pour empéciuT, définitivement ou non, les conceptions 1).

Ces moyens servent en m«"^im' lemj)s dans le mariage à empêcher les procréations d'enfants trop rapides ou accumulées^ permettant ainsi à la mère de se reposer entre ses grossesses, tout en n'exposant pas le père, par Timposition d'une abstention prolongée, à la tentation de devenir infidèle à sa femme, de troubler ainsi la paix du ménage, et même peut-être d'y apporter du dehors des maladies vcnérien?ies. <pii risquent d'empoisonner à la fois lui, sa fenuuc et aa progéniture.

On a écrit beaucoup de sottises sur les moyens anticonceptionnels que nous signalons, et l'on a prétendu qu^ls sont nuisibles ou dangereux, ce qui est absolument faux. Il est tout aussi ridicule de déclarer la chose immorale, alors qu'en réalité ces nioyens poursuivent avec succès le but de supprimer les excroissances les plus abominables <le l'innuoralité, lie la maladie, de l'intidélité et de la procréation de descendants dégénérés.

Il faut donc qu'on nous comprenne bien; les moyens néo-malthusiens ne doivent nullement servir à restreindre le

fi) .In renvoie les personnes qui s'inlérosscnl à cette question à mon livre sur la Question êexueile, a* édition, Paris, Q. Sleinheil, 1906.

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nuaibie «ics ciiianls pur é^uïsiiie uu par aiuoiir de la jouissance el de Targent. Nous voulons simplemenl régler à leur aise les procréations el améliorer leur qualité, parce que c*esl là un devoir sacré vis-à-vis de nos enfants. Sans doute, les

maris ée^dïstes, les femmes coquettes et lô^èr(»s. otc, emploicnl (le pjucils inovciis |)ar simj)l(' paresse el eommodilé, pour conserver leurs aises ou leur beanlé, ou encore parce qu'ils n'aiment pas les enfants. Le résultat de la chose est que ces messieurs et ces dames se reproduisent moins ou ne se reproduisent pas, ce qui n'est gu^re dommaj^c. Les ^'•eiis capables, bons el heureux <le vivre, qui aiinonl les enfants el se rc^jouissenl d'en avoir, n'ont qua lire le chapitre suivant pour être encouragés à en procréer. Quand on donne à ses enfants comme dot, en les mettant au monde, de bonnes . dispositions héréditaires, cela vaut bien plus pour eux que la richesse el le luxe, ((uî ne fonl que les fain» (lé«^('nérer. Les nalures bonnes, saines et cjipahles se tirent <1 allaire dans la vie, même lorsqu'tdies naisseni (Iniis la pauvreté. Je déclare encore ici qu'à pari les règlements concernant les aliénés et les criminels récidivistes avérés, je n attends rien de lois et de mesures coercitives, mais tout de rinstruction du p( uple et de mœurs saines dans le doinainr qui nous occupe.

En terminant, je renvoie au chapitre Vlll pour ce qui concerne l'action blaslophlhorique des poisons et en particulier de l'alcool. Dans l'hygiène de la conception, ce point est de toute première importance. Ce sont surtout les natures criminelles (récidivistes), les intrig'ants, les processifs et d autres produits MiaUaisanls. méclianls et profondément psvelit)patlies, véritable peste de la société, (|ui devraient être mis boi s d état de procréer des enfants. H en est de même de tous les hommes antisociaux, des exploiteurs passionnés, par exemple, car ce sont eux qui répandent le plus de maux dans leur entourage. îl est triste de voir tant de personnes bonnes el capables de noire société cultivée actuelle, être

HYGIÈNE NERVEUSE DE LA CONCEPTION ET DE l'hÉRÉDITÉ 2fà

mises par les autres à (•onlribution au point de n'avoir plus le temps ni roccasiou de se marier et de procréer des enfants, tandis que ce sont précisément elles, par exemple les bons domestiques, qui devraient se reproduire le plus. Je ne veux pas entamer ici la question de notre monogamie, qui est bien plus une étiquette menteuse qu'une vérité, car la polyii^amie, môme chez les mahomélans, est cerlainement moins mauvaise que notre prostitution. La monogamie devrait reposer sur un véritable amour et une vraie fidélité, et non sur des paragraphes de codes et sur Thypocrisie des contrats. II faudrait mettre Taccent aigu des lois sur les devoirs de tout procréateur des deux sexes envers les enfants qu'il procrée, et faciliter le divorce pour corriger les erreurs <lu mariage. Le formalisme liy[)()crite avec lequel on stigmatise et montre au doigt les enfants dits illégitimes et leurs mères, ainsi que Tinfériorité de leur position légale, sont une honte pour une société civilisée qui reconnaît légalement la prostitution. Nous laissons de côté toute une série de questions, autour desquelles on fait beaucoup de bruit, et que je considère comme saîis importance, ou sur lesquelles nou« ne savons rien du tout. .le nomme les soi-disant moyens permettant de procréer à volonté des gart^ons ou des filles, la prétendue influence moyenne plus considérable du germe paternel ou du germe maternel sur les descendants, celle de Tétat du sentiment et les sensations des procréateurs au moment de la procréation, etc. I! suffit d'observer avec un peu de soin et sans parti pris la manière dont les frères et s(eurs Uilïèrenl entre eux. pour se convaincre «le l'inanité de la deuxième de ces questions. Quiconque a compris les conditions de la conception telles que la science les a élucidées (voir chap. V) et s*efforce de se libérer du préjugé de la foi d'autorité, sera par là seul mis en état de distinguer par lui-même ce qui est absurde ou improbable de ce qui est logicpie et probable. Pour tout ce ({ui n'est pas prouvé et «Icmcure douteux, il attendrà les preuves. Il est certainement dangereux de pro-

POIIEL. 18

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créer des eufanls pendant qu'on esl malade, épuisé ou très mal nourri, car les glandrs sexuelles soutTront sans aucun doute de pareils élals; mais il est diflicile de faire des slalistiques à cet égard. Le manque de passion dans les rapports sexuels suivis de conception, les sensations que lun ou l'autre des procréateurs ou tous lés deux ont ou n*ont pas à ce moment-là, n'ont, la chose est certaine, pas la moindre iiitliience sur la qualité du produit. Xous n'avons aucun indice scientifique ([uelconcpie (pii soit en état tl'appuyer tous les on-dit, tous les contes de nourrices, toutes les superstitions qui se perpétuent à cet égard.

Par contre, Tâge des procréateurs semble pour de bonnes raisons ne pas être indifférent. Les enfants de parents très vieux sont en f^énéral faibles, pou viables et souvent mal développés au point de vue mental. En sens inverse, ceux d individus trop jeunes et mal mûrs sont très petits et semblent aussi ôtre un peu mal constitués ; mais nos procréations modernes souffrent sans ancun doute bien plus du trop grand fige que de la trop grande jeunesse des procréateurs. La mère de Gœthe avait environ 17 ans lors de la conception da ji^rand poète et penseur et 18 ans à sa naissance. Le meilleur âge pour procréer est, nous le pensons, de 18 ans à 3o ans chez la femme et de 25 à 45 ans chez Thomme, car le développement de ce dernier est positivement plus Uni et plus tardif. Néanmoins, une prolongation jusqu*à 4û ans chez la femme et jus<{u'à 5o ans chez rhomme,et même un peu au delà, ne semble pas ôtre dangereuse. On a prétendu que les enfants avaient une tendance à ressembler pluttM au plusAg^é des deux procréateurs. Mais le fait n'est nullement prouvé. Admettons comme norme pour des époux sains et capables que la mère doive se reposer au moins un an après chaque accouchement, avant de concevoir à nouveau. Ainsi, une femme mariée à 18 ans pourra procréer au maximum, si tout va bien, de dix & douze enfants, k moins que des jumeaux ne viennent en augmenter le noml)re. Nous cakulons ici

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