‹ L'âme et le système nerveux, hygiène et pathologieChapitre 66 sur 77 · PSYCHOPATHES OU DÉSÉQUILIBRÉS · texte numérisé non relu

PSYCHOPATHES OU DÉSÉQUILIBRÉS

combiné à riiypnolisme. Orlains autres malades dont l'élat pathologique esl plutôt causé, favorisé et entrelenu par des plaies du sentiment,par une carrière manquée ou par le manque d*idéal, auront besoin surtout d*un changement complet du but de leur vie. Selon les cas, on les guérira par un travail intellectuel intense, par Tenlhousiasme pour une œuvre philanthropi(iu(^ ou sociale, par un travail srienlitique ou encore par un mariage heureux. Ils renaîtront alors à la joie de vivre, et toute leur activité cérél)rale, détournée de rêveries stériles et dirigée sur un travail utile, accomplira parfois des œuvres merveilleuses. D'autres psychopathes sont devenus malades par suite d*idées qui ont pris racine dans les préjugés sociaux. On les trouve surtout dans le domaine sexuel, où tant de personnes se reprochent des péchés épouvantables (jui n'en sont pas, ou ont été séduites et poussées à des perversions dont on peut les sortir avec un peu d'atl'ection et des instructions raisonnables.

En général, Tentralnement doit être doublement prudent chez les psychopathes. On devra commencer ici souvent, chez les adultes. av(M' (juekjue^ |)etils exercices, avec des hallères d éniants, avec d<* très courtes promenades, etc., jusqu'à ce que petit A petit, surtout à Taide de la suggestion, on arrive à un résultat notable. On subira souvent de| échecs, des rechutes, et il faut beaucoup d'optimisme et persévérance pour ne pas se laisser décourager. Néanmoins, on sera étonné d'atteindre souvent encore plus cpTon n'amait osé espérer, même avec des individus fort insuffisants par prédisposition héréditaire, pour peu qu'on n'exig(? pas Timpossible.

En 1893, un ingénieur, M. A. Grohmann, alors à Zurich, après s'être concerté plusieurs fois avec moi, entreprit de venir en aide à des malades nerveux et à des psychopathes, en les habituant à un travail régulier. Surtout un cas d^hyslérie grave, que j'avais guéri deux ans auparavant (la dame en question est à présent Tune des directrices les plus actives et les plus capables d'œuvres importantes d'uti-

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lité publique), m*avail décidé à encourager l'enlroprise de M. Grohmann, qui fonda alors à Zurich un petit sanatorium pour Toccupation de ses malades, avec jardin, menuiserie, etc. J*exprimai déjà mon opinion h ce sujet, en 1894, dans le

journal Korrespondenzhlall, des médecins suisses (i5 septembre, p. 571. En P.-I. Md'bius {IJeschit/'liyumj von Nervenkranken, etc.) a traité de nouveau la question et a dirigé Taltention des médecins allemands sur ce sujet (1). Il s*agit là, du reste, du traitement de malades nerveux et non pas d'hygiène proprement dite. Miais, dans le domaine de la psychopathie, il n'y a pas de limite nette entre la maladie et la santé. Beaucoup (lese\péri<'nces de (irolimann méritent li'élre prises à cœur par tous les bien portants, qui veulent se prémunir contre les maladies mentales et nerveuses.

6. Remarques générales. — A Taide d*un exercice sain et systématique dans tous les domaines, on n'entretient pas seulement sa santé, niais on devient en outre heureux, lil)re et rielie; riche, non pas toujours en argent, mais en capacité de travail et en besoins qu'on n'a pas; libre de 1 esclavage des besoins artificiels superflus et nuisibles ; heureux dans la joie des difficultés vaincues, ainsi que dans le sentiment de la force, de la santé, de l'augmentation de sa faculté de produire, et, par là, de son indépendance et de son adaptabilité. A pro[)os du défaut de besoins, il faut ((u'ou me cuinjMcnne bien. Le célèbre mot du socialiste Lassalle, qui se plaignait du maudit « manque de besoins » des prolétaires, n'en est pas moins parfaitement juste. 11 faut seulement distinguer les

(1) Malheureusement, la chosen'a été mtsejusqu'ici en praliquequ'avec des forces et des moyen» insuffisants. M. Grohmann a flni par publier sf< exprrienccrt (l une fnroii Irrs vivnnle et luimoristique : je rife ses (U'rnit'rs éciils : Die h'olonie ii-icdau. t'ine alkoholfreie Volksheihtiille, Ziu ich, ujurj.; (ifisleskninli, hiUler ans deni \ t-rhehr mit Gei&le&kranlien und ihren Anychoriyen, fur Luien, lytr^. Dès lors, le docteur Laehr a fondé, près de Berlin, un sanatorium d'occupations pour les malades nerveux {Hau» Schoenow^ à Zehlendorf).

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