‹ L'âme et le système nerveux, hygiène et pathologieChapitre 69 sur 77 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

HYGIÈNE NERVEUSE DE L*ONTOGÉNIB OU DE l'eNFANCE

(pédagogie)

1. Généralités. — Dès que runion d'une cellule germinative mâle avec un ovule a scellé les dispositions héréditaires nerveuses de rindividu qui vient d\^tre conçu, commence la période ciiil)! vDnnaiitî de ce tleniier, en interne temps que la grossesse de la mère. L'hygiène de la grossesse est au fond une question de bonne et saine nutrition. Ici encore, de même qu'à l'époque de Tallaitement de Tenfant, toute intoxication, et surtout rintoxicalion alcoolique, a les effets les plus néfastes. Von Bunge a même montré, nous Tavons dit, que Talcoolisme des ancêtres entrave profondément la faculté d'allailcinent des feinrncs. (Vesl donc un préjugé abominable et funeste que de donner de 1 alcool, si peu que ce soit, aux femmes enceintes, aux nourrices et aux nourrissons, sous le prétexte de les fortitîer ; cela nuit à Tembryon et à renfant,qui en sont alcoolisés. Tout ce qui vient léser la santé corporelle et en particulier la vie nerveuse de la mère, ainsi les maladies comme la fièvre typhoïde ou la scarlatine, de fortes émotions prol()iii;<''("s, tics Irouhles de la nutrition, etc., agit iridirech'ment d'une façon plus ou moins profonde sur rélal de saule de remhryon. Je dis indirectement, car le système nerveux de ce dernier n*a aucune connexion directe avec celui, de la mère et n*est attein et ioQuencé que par la composition du

sang maternel qui le nourrit (voir chapitre V. Oniogénie).

Après la naissance, les couches de cellules embryonnaires qui (leviciidi ont le syslènie nerveux, et qui, juscprici, s"(''l;uent accrues el transformées dans l'embryon d'une façon purement végétative, se mettent à fonctionner indépendamment. C'est alors seulement que commence Thygiène nerveuse proprement dite de Tontogénie de Tenfant. En somme, les règles que nous avons données plus haut pour Mler les influences nuisibles s'appliquent ici, de iiu-ine que ce que nous avons dit au ehn|Hlre IX. cerveau si délicat <le reniant exige des ménagements particuliers, tant au point d(; vue de toute intoxication — et c'est ici de nouveau 1 alcool qui joue le rôle principal — qu*à celui de toutes les influences nuisibles qui peuvent arrêter son dévelo]>pcment. D'autre part, cet organe si mou et si délicat possède une plasticité formidable et un besoin incrovîthie d'activité et de développement. (Comment satisfera-t-on à ce besoin? (l'est lù l'objet de la pédaij;:oij^ie qui, pratiquement, se divise en deux parties : la pédagogie familiale et celle de Técole.

Pour bien comprendre la pédagogie, il faut que Tadulte aille à Técole chez Fenfant. Le plus souvent, il a malheureusement, plus ou moins romplélemenl, oublié sa propre enlance. ou il ne In e(>nq)r<'n(l plus; il faut donc qu'il obseive l'enfant et approfondisse sa psychologie. D'une pari, la première enfance est une continuation directe de la période végétative de l'embryon et exige avant tout une bonne nutrition et le développement des forces corporelles, spécialement des muscles. Mais, d'autre part, c'est l'époque où se dévelop|)ent ra[)idement toutes les activités possibles de rint«'llii;t'nee, du sentiment et de la ,\()lonb', activités qu'il faut se i^arder de négliger et de méconnaître. Elles correspondent au revètc^ment de myéline des neurones cérébraux, qui se mettent à fonctionner, et aux engrammes que le monde extérieur vient déposer dans les centres corticaux. Toute sorte de mauvaises habitudes,, le mensonge, la colère, Tincohérence des actes et

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des senlimenls en générnl, otr., p(Mivt'nt so fixer ol s'automatiser, tant lorsqu'on néglige 1 enfaol que par les mauvais exemples qu'on lui donne, par les mauvais traitements, et, en sens inverse, par un amour déraisonnable et faible (1' « amour de singe » des Allemands), qui fait qu*on le gâte. Les principes fondamentaux d'une bonne éducation sont d'observer judicieusemenl les enlaiils, ti'a^ir avec une suite ionique et rigoui'eus(» envers eux, de les <'xercer dans loul ee (|ui est, bon, tout en les détournant et eu les déshahiluauL, si c'est néces- 8aire,de ce qui est mal, et de combiner tout cela avec beaucoup d'afTection et avec les suggestions de la joie et d*un intérêt qui appelle leur attention naturelle. Malheureusement, les parents dont la nature héréditaire est mauvaise, sont en même temps d'ordinaire de mauvais éducateurs et donnent de mauvais exemples, tandis que l'inverse est le cas chez les parents qui sont eux-mêmes de bonne qualité. Voilà pourquoi Ton attribue si fréquemment à l'éducation ce qui, en grande partie du moins, provient, en réalité, des bonnes ou mauvaises dispositions héréditaires de l'enfant. Pour observer l'action pure de rédueation, il fautTéludier dans les institutions pour l'enfance abandonnée ou maltraitée, <lans lesquelles l'éducateur n'est pas en même temps le procréateur. On pourra sans doute s'y assurer de la grande valeur de l'action éducatricc, mais en même temps aussi de la puissance des facteurs héréditaires, et Ton apprendra à y distinguer les particularités respectives des deux facteurs. Le principe fondamental de l'éducation inlellectuelK^ est la le»:()n de choses. 11 faut se^i^ardcr de bourrer renfanl d'abstractions ({ue l'adulle seul peul comprendre, car l'enfant n'en saisit pas le sens el ne fait qu'apprendre les mots par cœur comme un perroquet. // faut d'abord qWU s'assimile beaucoup de choses concrètes. Comparant alors par lui-même, spontanément, de sa propre intuition, les impressions concrètes de ses sens, il apprend tout naturelleinent, sans avoir besoin des ordres ni des préce[>tes d'un pédant, à réfléchir et à comprendre, selon le génie propre

de son cerveau. Les notions abstraites se forment ensuite et progressivement d'elles-mêmes, et le cerveau se peuple d'engrammes utiles et logiquement associés qui deviennent la base d*une saine conception future de la vie, sans ou prosqno sans qu'il soit besoin de rien apprendre par cd-iir. C'est une erreur fondarnenlale de croire que, pour fortifier utilement la mémoire, il soit nécessaire d'apprendre par cœur sans comprendre. On ne fait que peupler son cerveau de corps étrangers, indigestes et entravants, (lui dégoûtent de l'élude.

Dans le domaine du sentiment, il laul ineuhiner à Tenfanl le mépris et l'horrenr de tout ce (|iii est mauvais et faux, du mensonge et de l égoisme exploiteur. Kn le rendant conscient de sa dépendance du travail des autres humains, on développera chez lui le sentiment du devoir et de la solidarité sociale, et on le rendra plus consciencieux et plus vrai. On ne développera pas son sentiment du droit pai- l'aiiKUii -lu opre, ni en appuyaiil sur ce (pii lui est dû, mais en lui apprenant à respecter les droits et la personnalité des autres. On développera aussi chez lui l'amour du beau. On combattra la crainte en cultivant le courage, l'indépendance et en faisant connaître à l'enfant la nature des objets qui lui font peur. On évitera sa curiosité érotiquc en Tinstruisanl à temps sur les rapports sexuels et leur but. On préviendra les passions brutales par le travail et par le culte de l'idéal social, enenseif^nant le respect de la personnalité humaine, et en particulier de la femme. En élevant l'enfant dans l'abstinence totale des boissons alcooliques, on coupera les racines d'un des principaux germes de dévelop|)»'uieiit des mauvais instincts. Malheureusement celui (jui est idiot dans le domaine du sentiment apprend trop facilement à simuler les sentiments par des mots et à tromper ainsi son entourage. C'est là un grave écueil et il faut beaucoup de perspicacité et de sagacité pour éviter de s'y laisser prendre. Les natures foncièrement amorales résistent à toute édui'ation, ou plulol ue l'ont (pi'en ahuser à leur protil, etici la sagacité de l'éducateur consistera à ne pas se

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