‹ L'âme et le système nerveux, hygiène et pathologieChapitre 8 sur 77 · LOGIQUE ET LOI DE CAUSALITÉ I · texte numérisé non relu

LOGIQUE ET LOI DE CAUSALITÉ I

l'un l'autre ou se rattachent l'un à l'autre. Exemples : nous avons vu nombre de fois le pommier fleurir au printemps et de ses fleurs se développer de petites pommes qui mûrissent en automne» tandis que nous avons vu le sapin fleurir et fructifier de tout autre façon. Nous en concluons que la pomme provient dû pommier et non du sapin, quand Même nous la vîmes souvent suspendue à Tarbre de Noël, et nous savons que si nous plantons un pommier, il nous donnera plus tard des pommes. Ouand un homme nous a menti tous les jours pendant quelques années, nous en concluous qu'il mentira à l'avenir et nous ne nous fions plus à lui, et ainsi de suite. Hâtons-nous d'observer que le raisonnement par analogie est de valeur extrêmement inégale et ne nous conduit à une probabilité voisine de la certitude qu*è l'aide d'une exactitude et d'une prudence considérables. Aussi la science a-t-elle recours aux instrumenls les plus précis et à l expérimentalion toujours répétée, pour éviter les innombrables causes d'erreur inhérentes à tout raisonnement par analogie, dès qu'il s'agit de choses compliquées. Le raisonnement inductif se fait en grande partie dans notre cerveau d'une façon subconsciente (voir au chapitre 111 l'explication du terme êubeonseient en lieu et place de celui d' inconscienl). Nous enregistrons dans notre àme (^daus notre cerveau) une l'ouïe d'expériences de nos sens que nous nous imaginons oublier, mais qui en réalité y demeurent sous forme d'engrammes (images mémoriales) subconscients, et qui sont utilisés instinctivement dans les conclusions par analogie ou inductions de notre vie ultérieure. C'est ainsi que, plongés dans nos pensées, nous nous promenons à travers les bois, la lîroussaille, les montagnes, les vallées cl au bord des rivières, sans tombei',sans nous cogner et sans nous noyer. Subconsciemment, basés sur les conclusions que nous tirons constamment de nos anciennes expériences, nous marchons en avant en évitant, sans paraître y faire attention, tous les objets et tous les mouvements dangereux pour nous, et en exécutant, au contraire, tous les actes

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coordonnés nrcossaires pour garder le bon chemin, ne pas trébucher, etc. GrAco à roxercire liahilude , nous jugeons machinalement, automatiquement, d u ne façon subconsciente, de tout ce qui doit être fait et évité, tout eu pensaot à autre chose.

Le jugement par déduction est, au contraire, la conclusion

absolument nécessaire de deux ou plusieurs prémisses, c'està-dire d'axiomes considérés comme absoluiuenl vrais. Il est contenu dans les prémisses et se tient ou tombe avec elles. Si Je dis: 1*^ Tous les hommes ont un estomac ; Vous êtes un homme; 3*^ Donc tous devez avoir un estomac (donc vous avez un estomac), je fais ce qu*on appelle un syllogisme ou raisonnement par déduction, selon la vieille scolastique. Heureusement que dans les temps modernes on a appris à guérir les malades de Mpiirrlies en leur enlevant restomac. Donc le syllogisme ci-dessus n'est plus vrai, car il existe des hommes sans estomac. Une des prémisses, la première, est donc devenue fausse.

Mais même en dehors de cela on peut dire que le raisonnement par déduction ne possède en réalité presque aucune

valeur réelle en dehors des mathématiques pures, par la simple raison (|ue dans ces dernières seuh^s on peut opérer avec des prémisses absolument exactes. Dans l'exemple que nous venons de donner, la déduction n'est qu'apparente, car les deux prémisses elles-mêmes ne reposent que sur des con* clusions obtenues par induction. C'est parce que dans toutes les autopsies d'hommes je trouve un estomac, que j'en conclus que tous les hommes ont un estomac. C'est parce que vous avez toutes les particularités de ce que j'entends par un homme, que j'en induis que vous êtes un homme. La conclusion en découle de soi, puisque l'estomac est une des particularités de l'homme, lors même que je ne vois pas directement le vôtre. Et pourtant, toute la déduction peut être fausse, comme nous venons de le voir. Sans doute, nous ne pouvons pas nous passer absolument de déduction. Mais, là où le

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prémisses sont presque absolument certaines, les conclusions déducUves sont, en général, - si évidentes qu^elles ne constituent aù fond qu^un jeu de mots. Là au contraire où les

prémisses sont si peu que ce soit douteuses, elles conduisent nécessairement à l'erreur sous forme de sophismes, si rinduction ne vient pas les confirmer. II résulte de tout ceci que les constructions compliquées, basées sur le raisonnement déductif, n'ont en général aucune valeur, en dehors des mathématiques, parce qu'une seule erreur de prémisses suffit pour faire tomber tout le château de cartes. Par contre, riiabitude de raisonner de cette façon pousse l'esprit humain au sophisme, c'est-à-dire à Tari de couvrir dos conclusions erronées en leur donnant l'apparence d'une grande exactitude, à Taidé d'échafaudages de mots. Mais dans les mathématiques, oii les équations, les mesures et les poids possèdent une vérité absolue, la déduction devient le fil conducteur de toute la science. Quand j(^ dis : « La somme des angles de tout ijuadrilatère est égale à quatre angles droits ; 2" Le trapèze est un quadrilatère: 3" Donc la somme des angles d'un trapèze est égale à quatre angles droits », je fais un raisonnement déductif irréfutable et absolument juste. Il en est de même de toutes les conclusions mathématiques compliquées ; elles sont toutes entièrement contenues dans leurs prémisses absolument justes. En somme, la déduction mathématique n'est qu'une autre façon synthétique (r<'\primer h's prémisses. L.a déduction est donc la logique de l'abstraction pure, c'est àdire des mathématiques pures, l'inductionpar contre est cellede toutes les sciences concrètes. Elles se complètent Tune l'autre et s*entr*aident dans beaucoup de branches scientifiques, comme la physique, lachimie,etc. (mathématiques appliquées).

Malheureusement, les convictions des hommes dépendent en réalité bien moins d(»s conclusions l()gi(|U(\s que de luutc sorte d'autres choses, avant tout des sentiments de sympathie et d'antipathie, de l'humeur, de la foi aveugle dans les auto* lîtés, de l'imitation, de rbabitude,^etc.

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Sït PSYCHOLOGIE (flCIENCE DE L*AME)

5. La mémoire est une notion psychologique importante. Dans le champ de notre introspection consciente, c*est-àdire de notre flme, elle se réduit à trois phénomènes :

a) Une sensation, une perception, «ne conclusion abstraite,

un st'iilimenl. une volilion ou nirnie l'iuipulsion, (jui provoque un mouvement, s(M(>ns(M"vo comuie liace ou cmy/y/mme {image menwrîale) dans noire Ame, c'est-à-dire dans notre cerveau. De quelle façon ? Qu'est-ce quun engramme (R. Semon)? C*est encore là une énigme. Une sorte de photographie ne pourrait se conserver fixe dans le protoplasma vivant des éléments cérébraux. N'est-ce pas plutôt un complexus aiïaibli (roscilhilious moléculaires ou de lét^ères modi(icalion$ dans le groupement des molécules ? Nous ne U» savons pas. Cette question sort, du reste, du domaine de la psychologie pure. Mais il est de fait que tout complexus d'activité, nerveuse, mentale, ou autre, se conserve plus ou moin» distinctement comme engramme (Semon) dans le cerveau.

6) La rcvivificxiion ou ccphorie fSemoui de l'eni^raïunie. Ce phénomène se pro<luit au moyen de rassocialion des idées, des percepLions, des sentiments, desvolitions, etc. L'association des idées correspond à une communauté d'activité qui relie Tun à l'autre deux ou plusieurs états d*âme (états de conscience). Lorsque je vois subitement une personne connue, je me rappelle son nom par ecphorie d'association. Or, le nom (disons Louis Duiaiid) csl avant tout une combinaison de sons, c'csl-à-dire un engramme acoustique. Donc, la vue de mon ami Louis Durand appelle par ecphorie à mon attention Tengramme acoustique de son nom : « Louis Durand engramme qui dormait subconsciemment dans mon cerveau ; je l'appelle et je le salue en le nomnianl. On peut tlire (pie les engrammes qui sommeillent en nous sont subitement re\ivili<''s par le phénomène de l'ecphorie, et réapparaissent ainsi à notre conscience supérieure, où ils sont introspectés à nouveau. Il va sans dire que toute ecphorie correspond à une irritation

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