‹ L'âme exilée, légendeChapitre 2 sur 5 · CHANTS FUNÈBRES · texte numérisé non relu

CHANTS FUNÈBRES

LES JEUNES FILLES

Notre jeune compagne a détourné ses regards de la terre pour les lever aux cieux; et , voyant que les cieux étaient beaux, elle s'y est envolée. Fermons sa chaste paupière, et mouillons sa tombe de nos larmes.

Fleurs de Saaron qui vous épanouissiez près d'elle, palmiers qui l'abritiez sous votre ombre

silencieuse, champs aimés qu'elle parcourait au matin, pleurez, pleurez, vous ne serez plus caressés par son regard : Marie n'est plus!

LE CHOEUR

Le Seigneur Dieu a frappé ses serviteurs de crainte. Qui peut dire : Le jour qui va se lever est à moi, quand la jeunesse est moissonnée comme une herbe flétrie que le vent balaie? Qui peut dire : Réjouissons-nous, la mort est loin ? La mort , comme un lion rugissant , tourne autour de nous choisissant sa proie. O mon ame ! qu'attends -tu pour faire pénitence? l'heure qui s'écoule peut être celle qui t'appellera devant ton juge. Seigneur, Seigneur, ayez pitié des morts, faites-leur miséricorde.

LES JEUNES FILLES

Notre jeune compagne a détourné ses re-

gards de la terre pour les lever aux cieux ; et , voyant que les cieux étaient beaux, elle s'y est envolée. Fermons sa chaste paupière, et mouillons sa tombe de nos larmes.

Déjà nous avions cueilli la fleur nouvelle de l'églantier blanc , et nous allions tresser ta couronne d'épouse; déjà le thaled brodé d'or se déployait pour ombrager ta tête, et le thaled n'est plus qu'un linceul , et la fleur nouvelle de l'églantier blanc va s'effeuiller sur un tombeau.

Fleurs de Saaron qui vous épanouissiez près d'elle, palmiers qui l'abritiez sous votre ombre silencieuse, champs aimés qu'elle parcourait au matin, pleurez, pleurez, vous ne serez plus caressés par son regard : Marie n'est plus!

LE CHOEUR

L'homme vit peu de temps sur la terre , et

les jours de son passage sont courts et mauvais. Le temps incessamment l'entraîne sans lui laisser jeter ses regards en arrière.

Comme un fleuve impétueux ne revoit pas deux fois les gazons verdoyants de sa source , ainsi l'homme égaré dans sa course haletante ne retrouve plus les routes fleuries où son enfance imprima ses pas. O mon ame ! comment trouver le repos?

Celui dont l'ame est remplie de misère élèvera ses yeux vers le Seigneur : les cieux racontent à la terre sa gloire et sa puissance , et l'homme déchu, mais racheté, publie sa justice et sa miséricorde.

LES JEUNES FILLES

Notre jeune compagne a détourné ses regards de la terre pour les lever aux cieux;

et, voyant que les cieux étaient beaux , elle s'y est envolée. Fermons sa chaste paupière, et mouillons sa tombe de nos larmes.

Comment sécherons-nous les pleurs de ta mère? elle ne voudra pas être consolée parce* que tu n'es plus. Que dirons-nous à ton jeune fiancé quand, à son retour, il viendra te chercher parmi nous? Ah! que de pleurs couleront sur toi !

Fleurs de Saaron qui vous épanouissiez près d'elle, palmiers qui l'abritiez sous votre ombre silencieuse, champs aimés qu'elle parcourait au matin, pleurez, pleurez, vous ne serez plus caressés par son regard : Marie n'est plus !

LE CHOEUR

Le Seigneur l'a juré, et son serment est véritable ; ceux qui espèrent en lui vivront dans l'éternité.

Encore un peu de temps, et notre ame épurée laissera sa dépouille à la terre; un peu de temps encore, et l'ange des derniers jours frappera les tombeaux de son aile de flamme ; les morts soulèveront la terre qui les couvre , ils s'élèveront comme une moisson nouvelle que le Rédempteur viendra recueillir et vanner dans son aire divine : que les justes espèrent au Seigneur, ils vivront pour ne plus mourir.

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