LA BATAILLE DES FLANDRES
(Du a3 Octobre au 3o ÎNovembre)
§ I. OU NOUS EN ÉTIONS AU DÉBUT DE NOVEMBRE (i)
Ce deuxième livre de l'Ame française et la guerre s'étend du. 1'-^'^ novembre 1 9l-t au l"^^ janvier 1015 et raconte la période ou les Allemands achevèrent de briser dans les Flandres leur force o^fjensive déjà si rudement épointée par notre victoire de la Marne.
(i) Ces notes me viennent dune source sûre, maïs il se peut qu'à cette date où les faits sont encore mal établis, des inexactitudes s'y tiouvent qus je m'empresserai de corriger sitùt qu'elles me seront signalées.
Mais revenons cf abord un peu en arrière, pour (jue l'on s'explique mieux l'élat d'esprit dont nous allons donner les reflets journaliers. Nos articles, pleins des sentiments brûlants et des renseignements plus ou moins exacts (jui couraient Paris, sont des parcelles de la vérité, autant quon les replace dans les circonstances oà ils furent écrits et reçus par le public.
On se rappelle <pi' après la bataille de la Marne, clief-d'œuvre du génie français, miracle d'art militaire et d'enthousiasme moral, les Allemands, appuyés èi de fortes positions qu'ils avaient préparées à l'avance, arrêtaient notre poursuite sur un front partant des hauteurs au NoJ^d de l'Aisne et se continucmt par le canal de Berry-au-Bac, les abords Est de Beims, la région au Noi'd et au Nord-Est de Verdun, pour atteindre, par une ligne Aord-Ouest Sud- Est, les Vosges à l'Est de Badonvillers.
Pendant plusieurs semcdnes, la lutte se poursuit opiniâtre sans avantages marqués. Mais secrètement, à l'Est de Verdun, les Allemands massaient des Jorces considérables. Le X^V sep— tembre, ils prirent pied sur les Hauts de Meuse, à Vigneulles-les-Hattonchdtel, et franchirent même la Meuse à Saint-Mihiel. Heureusement l'armée de Loj'raine Jit déboucher ses réserves
aa Ao7y/ de Toul, prit en Jlanc l'offenslre ennemie et enraija la tentative d' encerclement de Verdun.
Les Allemands, voyant cjails ne pouvaient uas entamer notre front, eurent de nouveau recours à leur manonivre favorite : déborder et envelopper notre aile gauche, tandis (pie nousmêmes, pour parer à ce mouvement, nous allongions notre dispositif. C'est la course à la mer.
Dans cette montée, commencée au i3 septembre, continuée jusqu'au '23 octobre, nos ennemis avaient sur nous l'avantage de la forme concentrique de leur front qui abrégeait leurs transports. Malgré cela nous sommes toujours arrivés à temps. On se battait sans trêve en glissant toujours vers la mer. Des deux côtés on prélevait sur le reste du front des corps d'armée et des armées entières. Les Allemands avaient concentré dans cette seule région du Nord 12 corps d'armée. De notre côté, ?ious avions constitué u/i groupe d'armées sous le commandement du général Foclt.
L'armée belge était sortie d Anvers et une division anglaise se trouvait en Belgique. Le reste du corps anglais devait être transporté de la région de l'Aisne dans celle du Nord (du i) au 20 octobre).
Ix LES SAINTS DE LA FRANCE
Le 22 octohre, notre front ijuL six semaines plus tôt, s'arrêtait à la rrfjion de Aoyo/i^ s'étend jusqu'à la mer. La menace allemande a échoué : la barrière est constituée.
Les Allem<mds vont chercher à la percer dans la région de Calais.