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Inscrire pour i Ir. 20 et o fr. 5o pour mon petit. Alors les feuilles ont élc envoyées par M. C. à 0., et comme il V a deux partis et que M. C. n'est pas bien \u à Q., toutes les demandes du parti C. ont été refusées. 11 v en a 18 d'acceptées sur 70. Il y a des cultivateius qui sont à leur aise et cjui touchent, cl uiui cjui n'ai absolument rien, je suis refusée, lieiu'eusement que j'ai des pommes de terre. Sans cela, je ne sais pas ce que je ferais.
Bien entendu, je tiens cette lettre et les autres et le nom de ceux qui m'en assurent la véracité à la disposition du ministre qui, je le sais bien, pensera, avec vous et moi, qu avant d'envoyer ce jeune charron au feu on ne lui a pas demandé quelles étaient ses idées (qui d'ailleurs m'importent peu).
De FArdèche, même plainte. Le plus honorable des hommes m assure que des Commissions cantonales charaées de statuer sur les o
demandes d'allocation des femmes ont été composées de personnes passionnées :
— Pourquoi me refusez-vous lallocation ? dit une femme.
— Vous ny avez pas de droit.
— Je suis sans ressources et j ai deux petils enfants.
— Je m'en f. .. ; je fais ce que je veux. ' — J écrirai au préfet, au ministre.
— Ecrivez au diable !
Le diable, c'est moi ! J'espère à ce tilre avoir audience de M. Malvy qui. s il me permet cette expression familière, n'est pas un mauvais diable et qui voudra apaiser ces ferments de discorde.
Les intéressés ont confiance en lui, car je trouve dans mon courrier de ce Jour même une lettre qu'une personne, une inconnue pour moi, me prie d'apostiller et de lui remettre :
39 ^ovcnibi-e 1914.
^loNSIElli LK MiMSTHE.
Aloii iiian, M. .lulion (Joudaillcr, chasseur à pied, \i'' Ijalaillon, (i'' coiupaiiuie, a été mobilisé le ii*^ jour. !l a éié ijlessé et est actuellement soiirné à l'hôpital nii\({' do Mayenne.
Cependanl, aucune allocation ne ma été accordée. .J'ai lait une réclamation à la mairii- de Alitrv. Elle a élé rejetée sous prétexte ([ue le nouihre des allocations accordées aux l'einuies de uioljillsi's est trop considérable, dépendant, je n ai pas entenrlu dire que la loi liuiitait ce nond^re. Aussi, conliante dans la force 'de mon droit, j'ai recours à votre haute bienveillance pour rue laire rendre justice.
Daignez agréer, Monsieur le Mimslre, mes hommages respectueux et reconnaissants.
Ahirie \ iret, femme (!ol;l)aillek.
\ Mitrv-Mnry (Seine-et-Marne).
Ainsi je vais, examinant par douzaines des lettres toutes pareilles, et disposé à vous les
soumettre, quand jentends un de mes lecteurs minterrompre et mo dire :
— Avez-vous raison de perdre votre temps au milieu de ces lettres irritées et plaintives ?
Ah ! mon cher lecteur, c'est la voix des familles de nos soldats que je vous fais entendre là. C'est une question vitale et qui intéresse prodigieusement ceux qui se battent pour nous.
— Eh bien ! me dit un autre, craignez de donner un écho à des sentiments de discorde.
A ous avez raison. C est là que t;ît la dilliculté. Au milieu de ces lettres, je sens le cœur français enfiévré par un besoin frénétique d'égalité, et j'en conclus (|u il serait dangereux de ne pas examiner une plaie qui s'irrite.
Ecoutez cette véhémence d'un vieillard (jui me dénonce des abus dans la Xièvre :
...Malheur à qui ne pense pas couime eux; malheur à la femme qui met le pied dans une église ; malheur à la famille qui a choisi une école qui n'est pas la leur; malheur, trois fois malheur aux familles qui n'ont pas voté pour eux et leur candidat...
Bon ! me disais-je en lisant cinquante hgnes de ce ton, c'est encore un de ces hommes amers, détestables pour les autres et pour eux-
LES SAINTS DF. LA FRANfi: \~~
mêmes, qui dépensent leurs forces à troubler la paix publique et leur propre conir. .Mais je continue. Et voici des dates, des noms, des faits. ,)e suis même sur les li(Hix. L auteur s enferme dans quelques communes qu il connaît bien. Il accunnde des chiffres sous lesijuels on distingue de la vie. querelleuse mais vi\an[e :
M"" Tli... fit à !a lèlc d'une ("ernic dr ^^olxanlc licclaiTs. Elle possède de licaiix chevaux, ^inp;t-c•inl[ pièces de lu'les à cornes, un beau troupeau de moutons; elle a ramassé plus de deux mille doul)les de grains : elle vend pour cin(| francs de laitage par jour. (.0^,1 la femme de X (|ui fait partie de la (loniiuission cantonale. Aussi elle (onclu^ l'allocation de i fr. lîô, plus o fr. ôo pour sa iille. Par contre. M'"' Il sans ressources et mère d une fille infirme, a été exclue.
M""' M..., voiMuc de deux femmes sans ressources, à qui on a refusé et dont elle se gausse, touche pour elle et pour ses enfants. ]]lle ^ient au houii: toucher l'allocation dans une hcllc voilure à cpiatre roues. De plus, son mari vient de passer vingt jours pour faire des cmhlavaisohs et rentrer ses légumes. Ils ont deux propriétés et dans la propriété qu'ils habitent, trois chevaux et cinq vaches.
!\I""^' U... touche l'allocation, (juoicpie riche. Il faut dire à sa décharge qu'elle ne voulait {)as accepter ce ([ui lui avait été attribué par le Conseil et la coumiune. (/est un gros fermier qui l'a décidée en lai allirmant <pje cet argent serait gaspillé et à jamais perdu pour la France. Et pendant ce lemps-là des soldats, dont les femmes ont été spoliées d'un droitabsolu, écrivent des lettres terribles. Us feront tout leur devoir, mais s'ilsr(>viennent ils seront capables d'actes cpi'i] faudrait éviter.
Impossible, n est-ce pas ? de n être pas attentif à de telles lettres, longues, minutieuses et claires, oii 1 on sent le grouillement d'émoi, l'agitation de nos villages bouleversés à cause de largenl et des inégalités.
Je n'exagérerai pas 1 étendue du sectarisme, \ous valons cent l'ois mieux qu il y a ([uatre mois. J ai vu à IV^Hort. à lapinai, à Nancy, des préfets et, autour d'eux, des sous-préfets animés d un véritable esprit national. Et ce serait l'esprit de tous les administrnteiirs français s'ils avaient l'iionneur d'administrer des villes bombardées. Le mortier allemand de 2 1 centimètres, ou l'obiisier lourd, et même le simple canon de 77 millimètres jettent à terre instantanément tons les vieux sentiments mesquins, toutes les mesquineries de la veille. Mais l'beure est venue pour nos administrateurs de «juitter, tous, sans exception, les barrières où leur entourage politique les enclôt, et d(^ renouveler leurs idées. S'ils résident dans des départements éloignés de l'envahisseur, eh bien ! qu ils aient de l'imagination.
Le préfet Mirman. à Nancy, est de premier ordre. ïl sait exprimer toute la chaleur que la froide Lorraine garde dans son cœur. Mais ce n'est pas d avoir, dans ses proclamations affi-
chées sur nos ruines, une belle cadence et de vives couleurs que je veux le louer, .le vais au principe même de son heureuse grandiloquence : il a du cœur, il comprend à la lois les sceurs de charité et les institutrices laïcjues, les curés, les instituteurs, et ce n est pas malaisé, puisque, devant 1 ennemi, ils sont pèle-mèle. à qui mieux mieux, des patriotes héroïques ; mais il comprend aussi, je le sais, des misères terre à terre, 2:risàtres. c|uerelleuses, j admets. I^t. pour ce, il sufïit d'avoir toujours présents k l'esprit les services lendus au pays par nos généreux soldats. Aimez les familles des mol)ihsés, c est le moyen, messieurs les préfets cl messieurs les commissaires rantonaux, de connaître éqiulablemenl leurs liesoins.
P .—S. — Je me mets au service des lamiUes des mol )ilisés pour recevoir et faire entendre au mieux leurs justes réclamations, pourvu qu elles soient appuyées par des personnes du pays (pii me permettent de citer leurs noms à nui de droit.
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