De Anima, lib. III, tractai. II, cap. vin
l’àrne, naturellement unie au corps, nepeutformer clans sa vie présente aucune pensée sans le concours de quelque image. On peut s’en tirer, en effet, et S. Thomas et Albert le Grand vont nous fournir là-dessus des explications pleinement satisfaisantes.
Il faut d’abord reconnaître que la vie de l’âme séparée subit une réduction, au regard des opérations de l’ordre végétatif et de l’ordre sensitif. Toutes les puissances soit végétatives, soit sensitives, en effet, ne peuvent agir Sans organes : « hœ potentiœ organicœ sunt , » comme dit Albert le Grand 1 ; la mort ayant détruit l’organisme, elles ne peuvent donc plus opérer. L’âme séparée ne voit ni n’entend plus, faute d’yeux et d’oreilles. Mais l’âme regagne du côté de l’intelligence ce que nous lui avons vu perdre du côté des facultés inférieures. N’étant plus ni distraite, ni divisée, son énergie se concentre, et son activité intellectuelle en devient plus intense 2.
Car il faut tenir que l’âme séparée exerce ses facultés intellectuelles. Tout ce qui est agit : « non est substantiel otiosa. » L’âme donc demeurant après la ruine du corps, elle doit agir conformément à sa nature. Du reste, nous n’en sommes pas réduits à dire seulement qu’elle doit agir. S. Thomas, analysant avec une pénétration merveilleuse la pensée humaine, et séparant nettement ses