‹ L'ame humaineChapitre 140 sur 203 · Quæslio de Anima, arl. xv, ad · texte numérisé non relu

Quæslio de Anima, arl. xv, ad

changée; et en aucun de ces procédés l’on ne découvre rien de contradictoire ni d’impossible. L’essence delà pensée ne sera donc nullement changée, conclutS. Thomas, soit que l’âme par sa puissance d’abstraction et de généralisation tire l’intelligible des représentations que l’imagination lui fournit, ; soit qu’elle le reçoive de quelque part ailleurs :

« Nec per hoc d'wersificatur species intellect ualis operationis, quod intell içjihil ici actu sunt accepta a pliant asmat Unis vel aliunde l. »

Objecterez-vous que, s’il est naturel à l’âme de penser avec son corps, c’est-à-dire avec un cerveau qui lui fournisse des images, parla même il ne lui est pas naturel de penser hors du corps ? Mais ce n’est point là prouver qu’il est contradictoire que l’âme séparée pense. En effet, répondrai-je, avec S. Thomas, dans l’un de ses plus beaux traités 2, tout ce qui n’est pas naturel n’est pas par cela même contre nature, ou contradictoire et impossible : car, ce qui ne convient pas à un être par sa nature, peut fort bien lui convenir par une autre raison, en vertu d’un changement d’état, d’une action venue du dehors, etc. Ainsi il n’est pas naturel à une pierre de demeurer en l’air ; et il n’est pas cependant contre nature, ni impossible, qu’elle y demeure. L’on dirait seulement une chose contradictoire et impossible, si Ton affirmait qu’elle demeure en l’air en vertu

\ . A l’endroit cité.

Page 1