‹ L'âme intérieure: ou, Conduite sprituelle dans les voies de Dieu, augmentée de L'âme seule avecChapitre 24 sur 42 · MAXIMES SPIRITUELLES · texte numérisé non relu

MAXIMES SPIRITUELLES

POUR LA VIE INTÉRIEDRE

Sur ta générosité dans le service de Dieu.

DiBV ne nous procure des douceurs dans son service » qu*afin de nous mettre en état de soutenir les amertumes de la croix.

Lorsqu'on tire un navire du port» it en coûte du travaii ; mais une fois qu'il est en mer , il va comme de lui-même. Ainsi en est-il dans le ser* TÎce de Dieu , les premiers pas sont ce qui coûte le plus.

Donnez à Dieu des marques de votre fidélité, il vous en donnera de son amour.

C'est trop peu donner à Dieu que de ne lui donner que les choses qui coûtent peu , il faut lui faire des sacrifices généreux et dignes de lui.

Il est certain que Dieu demande plus souvent la mort aux petites choses qu'aux grandes ; parce que celles-ci sont plus rares , et les autres continuelles.

Avec Dieu , plus on fait les choses promptement , moins on souffre , et plus on mérite.

On s'expose avec courage aux flots de la mer; mais quand la tempête dure , on manque de courage y et on est en danger de périr.

OV GOKBVITB SPmTVRLLE. S25

O monde! que to es petit pour ùu cœur que Dieu seul peut remplir 1

Lorsqu'on se renonôe pour Dieu en de petites choses , fI'=donne la force pour lés grandeêr*

L'amour est bien foible , lorsqu'il laisse der jeuX pour voir autre chose que le dirin objet.

Il ne'^s'agit pas de nous, complaire en Dieu dans les consolations , mais que Dieu se complaise en nous ^ans nos croix.

Pour savoir son chemin le pilote ne regarde pas la mer, mais seulement sa boussole : de même regardez Dieu et marchez.

Un bon cœur aime Bàieux donner que recevoir : servons Dieu îi qos dépens.

. :Quiconque refuse de souffrir , refuse d'être couropné^^

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Sur l'esprit de renoncement et de mortifi-^

catimu

O qu'il y a encore à mourir » lorsqu'on se croit mort l

Les pénitences de choix ne peuvent faire dans^ Tâme le même effet que lesî croix de providen^ ce; on voit des. personnes d'une grande austé* ri(é ne pouvoir soufirir la moindre contradiction.

Si nous n'avions rien qui nous fît de Ift peine^ l'amour propre deviendroit un géant»

»S6 L*AM II«t£bIBIIBK r

. Le lemps d'affliction est un temps dejaK>isson pour le ciel.

La oalure ne sauroit se résoudre à se perdre; elle- ne se perd d'un côté que pour se relreuver de Tautreu

Ce malheureux moi-même nous occupe si fort , qu'après l'avoir sacrifié une infinité de fois » il renaît encore de ses eeûdres.

Les consolations et les joies sont des bame* çons trompeurs qui nous tirent delà mer , mais, les afflictions sont des poids salutaires qui nous, enfoncent touj^eurs plus dans t'océan immense des perfections de Dieu. . .

Nous sommes tous appelé» à sortir de nousmêmes; éloignoBS-noiis si bien de nous» qu'il n'y ait plus qu'un pas à faire pour nous;iquitter toul?-à-fait«

Bien des ép o us e» peu -généreuses se contentent de courir après les parfums, du céleste époux; s'il n^a^oit point de parfums i elles le quitteroient peut-être bfétHôt.

Quand serez- vous teHemeut désoccnpé^ de Tous^méme ^ que vous soyez content que ik)ules les créatures ne s'occupent plus de vous ?

si les Chrétiens savoient à quoi ils sont appelée! mais hélas ! its sont toiiS morts en Adam* et pea veulent vivre en Jésus-Christ; .

Avoir étouffé dans' son cœur lé mouvement d'une passion y avoir arraché de son âme une imperfection , c'est avoir plits gagné que si on avoit conquis mille mondes*

ou COWDtltB SPIUlTinaLEB. 22 7

Toutes les grâces du christianisme sont des grâces de mort , de renoncement et de croix ; du moins elles doivent y conduire.

Vous souffrez ; c'est une croix que Dieu tous a choisie , et sur laquelle il faut expirer « s -il le ▼eut.

Taulère demandant un jour à un mendiant où Ton trouve Dieu : là où l'on se quitte soi** même , répondit-il.

Sur ta fidélité à la Grâce.

Ne croyez pas toujours que les forces vous manquent : c'est souvent le courage.

Le travail de la grâce en nous est continuel ; mais il est conmie celui du soteil sur les plantes , qui ne s'aperçoit que lorsque l'ouvrage est avancé : travaillons donc à son avancement , sans chercher avec empressement à le connol^ ire.

La fidélité consfste dans îe moment présent i souvent la grâce disparoU avec lui.

Le rayon du soleil découvre bien ées atomes qu'on ne voyoit pas : de même la lumière de la grâce découvre bien des défauts qu'on se dissi> muloit.

Lorsqu'on ne profite pas ^c la lumière présente , elle s'éteint peu ^ peu ', et ne demande plus rien ; c'est la plus grande des punitions.

Bien des âmes sont envers Jésus Christ comT

me ceux de Bethléem ; elles lui refusent Tentrée*

Si Dieu avoit fait pour les plus grands pécheurs ce qu'il a fait pour vous , ils serotent de grands saints.

La plupart des personnes ne com|)tent pour grâces que celles qui sont pleines de douceurs; mais la grâce qui renferme Tamertume est bien plus précieuse.

Une fidélité à une grâce en attire une autre» et donne plus de force pour se vaincre ; au lieu qu'mie infidéKté nous affoiblit et attire une se^ conde infidélité.

Soyez fidèle à Dieu , et Dieu sera libéral en^ vers vous*

Sur la cQTifianee en Dieu ^ et la défiaièce de:

mus-mêmes^

Ne voi]^ découragez pas : Tes mrsères , Tes fo»blesses , etc. sont des maladies ; mais le découragement seroit une espèce de mort.

La tristesse ne sert qu^ . donner des forces^ aux plus petites peines de cette vie.

n y a des personnes lâches , qui à force de s*être accoutun^ées à une certaine indolence, croient courir la poste lorsqu'eîles font quelques

pas. .

Vous jaites comme ceux qui iont dessiner ua

bâtiment , et qui croient Tavoiriait > parce qu'ik

•A ont le dessin*

ou COlînVITfi SPIBITDELLE. tsg

Vous avez de la peine à vous accoutumer au pain sec ^ après avoir goûté le lait : ayez confiance , Dieu veut vous sevrer de ce lait , et vou» donner un aliment plus solide.

U ne faut pas regarder Tavancement par lé chemin qu'on 9 fait , mais par celui qui reste à faire. Ayez confiance , Dieu est plus fort que vous n'êtes foible.

Vous ne mesurez votre avancement que sur ce que vous sentez ou ne sentez pas ; c'est une balance fausse : sans goiUer de grandes douceurs , on peut pratiquer de grandes vertus.

Quoique notre travail paroisse sans fruit j n'importe , labourons , arrosons ; Dieu donne le fruit en son temps.

L'abattement et le découragement nooa lais^ sent en proie à nos ennemis » qui nous trouvent alors sans défense.

Tirez un rideau sur tant de réflexions inutiles , et abandonnez bien des choses à la providence.

Le démon est moins à craindre pour vous que vos propres réflexions ; jetez- vous dans un saint abandon.

Sur le détachement de touU

que celui qui est déchargé de tout, va vite dans les voies de la perfection 1

Lorsqu'on court , on ne distingue aucun ob*

aSo i*AME INTÉBIEVRE,

}et , parce qu'on ne remarque rien; ainsi , quand nous courons bien à Dteu , il u^j a plus d^attoution aux choses humaines.

Rompez tous les Kens , si vous aspirez à la liberté des enfans de Dteu.

QuTtter tout et donnez-le à Dieu , avant que }a mort vous TentèTe.

Après avoir tout quitté , il faudra'encore vous quitter vous-même.

O mon Dieu ! vous ^mandez tout ; et moi »

avec votre grâce , je suis bien résolu de ne vous rien refuser»

Dieu ne règne pas es Dieu dans bos cœurs ^ s'il n'y règne pas seuf.

Dieu entrera dans notre âme,, s'il la trouve seule et détachée de tout ; seule , sans autre pensée que celle de le désirer ; seule , sans antre affection que celle de l'aimer ; seule , sans autre volonté que celhe de son bon plaistr.

' Ne désirez pas les biens de ce monde : sour vent ce n'est que dans sa colère que Dieu les accorde , et ce n'est que dans sa grande misér^ eorde qu'il tes retire.

Désirez peu , et vous serez riche.

Quand sera-ce , ô mon Dieu I que je ne pen*serai plus au monde , et que je serai bien aise que le monde ne pense plus à moL?

ou COKBriTC SPIKITTJELLE.. s3l

Sur la Prière.

Si vous Toulez prier arec respect , pensez qu» TOUS pariez è Dieu même , et dîtes arec le fidèle Abraham r Loquar ad DofntHUm ,. ebm sim pulvis et cints. {Gènes* i3.) Je parlerai acr Seigneur mon Dieu , moi qui ne suis que cendre et poussière.

Si vous voulez prier avec attention ». pensez: que c'est Jésus-Christ même qui prie avec vouset dans TOUS : Ego ragaba Patrem. {Joan, i4*)

Si TOUS voulez prier avec confiance , pensez que vous parlez à un père , et au plus tendre de tous les pères : Pater noster.

Ne cherchiez pas à faire de longues prières t^ tùtis tâches de les faire ferventes; une courte , mais ardente prière , pénètre (es cieuxet s'élève jusqu'au trône de Dieu ; Brevis oratia pénétrât Cœlum^

Si vous voulez que Dieu v^us écoute , écèutez-vous vous-même ^ souvent on a pirfé longtemps , et à peine a-t-on pensé qu'on prîoit.

Allons par l'a prière frapper à la porte du sanctuaire de Dieu : si on ne nous ouvre pat d'a^' bord , persévérons » attendons , lé momentTieiii^ dra ; mais il est entre les mains de Dieu.

On dil qu'on s'eniiuiè dans la prière , et on^ ta quitte; mais depuis quand la peine attachée au devoir est^elle une rabon dé s'en dispenser?

259 l'aIIB iNTÊEIEniE»

La prière nous ouvre le cœur de Dieu durant notre vie; et à la mort elle nous ouvre le ciel.

Demandez , et vous recevrez : Petite, Si un roi de la terre parloit ainsi h ses sujets , avec quel empressement iroit-on à lui I ...

La prière est la clef des trésors du ciel. »,

Il &ut veiller et prier; la grâce est un .trésor confié à ces deux sentinelles»

Sur la présence de Dieu*

Toute la journée nou& oublions Dieu qui est li près de nous.

C'est une présence continuelle de l)ieu.» que la peine continuelle de ne l'avoir pas .présent»

Dieu est près de vous, i>e craignez ni les épreuves, ni les. dangers , ni la mort ; craignez le péché, qui vous priveroit de cette présence divine.

Celui qui possède Dieu , a la solitude partout; et cdui qui n'a pas Dieu , est dans le tun^u(te au milieu des déserts.

Pensons qu'à chaque momeat il y a sur nous un œjl qui voit tout,, une oreille qui entend tout , une main qui écrit tout.

Je suis ea la présence du Dieu vivant.: Fivit Dominus, in cujus conspectu slo, (Gen. s40 Ses yeux sont sur moi : quel malheur , si par me& infidélités son cœur étoit éloigné de moi l

OV GOroiriTB SPIBITVBLLB. sSS

Dieu nous sera toujours présent par sa grfice» si nous ne nous éloignons pas par nos péchés.

La présence de Dieu et les retours fréquens sur nous-mêmes nous découvrent les taches de notre âme , comme le miroir découvre celles du visage.

La présence de Dieu fait la gloire et le bonheur des Saints dans le ciel ; et son éloignement fait le malheur et le désespoir des damnés dans l'enfer.

Tenez-vous uni à celui avec qui vous, devei être toute une éternité.

Ambula eoratn me » et este pérfeetuê* ( Gen. 17.) Marchez en ma présence » et soyez parfait.

Meliuê est tnihi ineidere in manttê vestras, qvàm peccare ineonspectuDotninL {Dan* i5«) Comment pourrois-je consentir au péché en présence et sous les yeux de mon Dieu ?

Sur différens sujets.

Il y a trois choses auxquelles on ne pourra jamais se soustraire : l'œil de Dieu , le cri de la conscience , et le coup de la mort. Il faut donc respecter Tun , écouter l'autre , et s'attendre à tout moment au dernier.

Ce que Thomme sait le mieux» t'es.i qu'il mourra ; ce qu'il désire le plus » c'est de bien

à?4 I'aKB IHTiRIBVfiB,

mourir; et ce à quoi il se prépare le moin»»

c'est la mort.

En s'occupant trop des autres , souvent on ne s'occupe pas assez de soi-même.

Dans l'exercice de la charité envers les autres , c'est beaucoup de prévenir les demandes d'un service ; il est encore mieux de prévenir les désirs.

L'hiver sert à faire prendre racine aux arbres , et à les fortifier; il en est de même du temps des afflictions h Tégard des vertus.

Celui qui a^ promis de pardonner au pécheur pénitent , ne lui a pas promis le lendemain pour faire pénitence.

Il y a des gens qui ne trouvent presque du temps pour rien ; de sorte qu'il leur faut se précipiter pour faire à la hâte ce qu'on auroit fait avec paix en profitant des momens.

Ne renvoyez pas au lendemain, en laissant accumuler votre ouvrage ; la paresse d'aujourd'hui ne vous donnera pas plus d'activité pour le lendemain.

Qu'avons*nons fait pour notre salut? quel temps avons-nous pour faire tout ce qui nous reste à faire ?

Je suis ici pour recevoir les coups de la justice ou de la miséricorde ; ils me seront égale-^ ment doux , parce qu'ils partent de la même main. C'est toujours celle du plus tendre des^ pères. Frappez donc , 6 mon Dieu 1 vous ne frappez que pour sauver ; vous ne donnes kk

09 COifDiriTB SPIliitirBLLE. sSS

mort que pour conduire à la vie : M&rtifieet ai vivificaU (i. Reg. 2.)

SoniFrir et se résigner au pied de la croix , vaut mieux que contempler et être rayi au troi* sième ciel.

La croix et les humiliations sont deux ailes pour voler à la perfection.

Mon Dieu , nous portons avec^espect les reliques de vos saints sur nos corps , et nous portons avec impatience votre croix dans nos âmes.

Que de grâces ensevelies , comme dans un tombeau , dans une âme dissipée I

Le démon se glisse dans nos âmes par bien des moyens : mais la porte par où il entre le plus souvent y c'est la vanité et la complaisance en nous-mêmes.

Ne soyons pas de ces âmes qui donnent tout à Dieu dans la spéculation » et tout à elles-mêmes dans la pratique.

Dieu ne demande pas que nous fassions tout ce qui est bien , mais il veut que nous fassions bien tout ce que nous faisons.

Les réflexions inutiles nous font perdre beaucoup de temps, de grâces et de mérites.

Il ne faut pas trop s'engager dans les choses extérieures , quelque bonnes qu'elles soient. Qu'importe que ce soit par des chaînes d'or ou de fer que notre cœur est lié , s'il n'a pas la liberté de s'élever et de s'unir à Dieu.

L'or et l'argent sont épurés par le feu , et tes âmes par les aiQic tiens et les croix : l'or pouf

Cire placé sur les auteU , et les âmes pouir être placées dans le cœur de Dieu.

Ayons confiance dans nos peines : Jésas* Christ ne nous a pas refusé son sang ; jugeons s'il nous refusera ses grâces.

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