PRIERE
Voici un fils qui se présente à vous , ô mon Dieu 1 mais un fils bien peu digne d'un si bon père ; et à combien de titres ne dois-je pas vous donner ce doux nom ? Père le plus tendre , qui porte tous ses enfans dans son cœur ; Père le plus compatissant , qui supporte nos défauts et pourvoit à tous nos besoins ; Père le plus libéral , qui nous comble de ses dons sans crainte d'épuiser jamais ses trésors ; Père si bon , si' tendre , si généreux » qu'il s'immole pour ses enfans , se livre lui-même à la mort pour leur don* ner la vie.
Ilélas ! je vous l'ai dit , en venant à vous , je vous présente un fils bien peu digue de vous ; un fils indocile qui n'écoute pas la voix de son Père ; un fils ingrat qui abu^ de nq%^^^^ ^
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de Totre bonté ; ud fils rebelle qui se révolte contre yolre autorité; un fils dénaturé qui tourne Yos bienfaits contre TOus-méme. Me voilà tel que je suis à vos yeux* Eh bien , mon Dieu I regardez-moi comme un véritable enfiint prodigue» mab un enfant prodigue confus » humilié et contrit , qui revient à son père » ' et qui , entrant dans les sentimens de ce fils pénitent , vous dit avec lui » plus par ses soupirs et ses larmes , que par ses paroles et ses expressions 1 PaUr , peêcavi in cœlum et caram U. ( Lue* i5. ) Mon Père I )*ai péché en face du ciel et contre vous* Jatn non sum dignus voeari fiHus tuus : je ne mérite plus le nom de fils envers vous. F'ae îm sieut unutn de mereenariU tuis : mettez-moi sa nombre de vos esclaves , ;e mérite même d elre au-dessous d'eux , ayant eu le malheur d'offenser le meilleur des pères.
Cependant , malgré tous mes égaremens , je^ père , ô mon Dieu 1 que vous daignerez encore me recevoir comme fut reçu le prodigue ; quoique j'aie cessé d'être un véritable fils envers vous» vous n'avez pas cessé d'être mon Père , et le cœur d'un père tendre n'est jamais fermé à ua fils pénitent. Oui » mon Dieu » vous trouvères • désormais en moi un fils moins indigne de vous. Je serai plus docile à vos avis ; je. serai plus reconnoissant pour vos bienfaits ; je serai plus attaché à votre service » plus dévoué à vos intérêts. Daignez donc encore me recevoir » et fai« tes triompher votre grâce en pardonnaat* J'étoif
AV SAINT SACBBHEIfT. 391
perdu , et vous m'aurez retrouvé ; j'étois mort, et vous m'aurez ressuscité. Oui , tendre Père , je prendrai désormais envers vous les sentimens d'un vrai fils ! mon respect , mon obéissance , ma reconnoissance , mon amour pour vous ne se démentiront -jamais , et dureront autant que ma vie.
O Dieu saint I ô Roi de cet univers I tous m'élevez jusqu'à la gloire de vous appeler mon père. Ah 1 quel seroit mon malheur et mon cri* me 9 si mon cœur y étoit insensible I Non , mon I>teu , mourir mille' fois plutôt que de manquer jamais au meilleur , au plus tendre de tous tes pères l que ne puis-je mourir de douleur à vos pieds ^ et par ma douleur et ma mort réparer mon ingratitude et mes infidélités envers vous I