CONSEIL DU MAITRE
A LUCIEN ROSSELET
L'hommeadit : « Jedéfends, «où j'avais dit : «Je veux. » Vos lois ont raturé les mots du livre austère Où la Mère éternelle avait écrit ses vœux.
A force d'idéal vous dépravez la terre; Vous créez des vertus que dément la raison, Et la nature en deuil a fîni par se taire.
Assez, fils! Il est temps d'élargir Thorizon: Voici les jours virils où la révolte gronde Et l'esclave vengé sort roi de sa prison !
Crie et frappe à ton cœur, jusqu'à ce qu'il réponde ; Quand il aura parlé, marche vers ton devoir Sans souci de la foule et sans crainte du monde.
Va-t'en, froid comme un dieu, sans entendre, sans voir.
Les enfants et les sots riront sur ton passage :
Tout droit I Laisse aboyer les chiens sans t'émouvoir.
Ose avoir l'air d'un fou si tu veux être un sage !
LES GALOUBETS