‹ L'âme nueChapitre 54 sur 104 · AURORE · texte numérisé non relu

AURORE

Le soleil natt. D'un Jet de lumière, il arrose Les nuages errant dans For clair du matin, Si rosés qu'on dirait des pétales de rose Qui s'effeuillent sur du satin.

Fraîche, Teau court et glisse entre les herbes neuves ;

Dans la pénombre humide où chantent les remous,

Les vieux saules en pleurs, prostrés comme des veuves.

Trempent leurs bras grêles et mous.

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Le sable micacé luit au versant des berges ; Les calices, baignés de la splendeur du jour, S'ouvrent en palpitant comme le cœur des vierges S'ouvre aux premiers frissons d'amour.

Le vent jeune qui rit en froissant les feuillées Agace les troncs bruns et crispe les roseaux, Et la chanson de Tair sous les branches mouillées Réveille le chant des oiseaux.

Salut au ciel joyeux, au ciel couleur de cuivre l Et de Toccident pâle à l'orient vermeil, Les bêtes, savourant le grand bonheur de vivre. Regardent monter le soleil.

Un long cri de gaîté s'envole de la terre :

Et sous son dais brodé de liuages mouvants, L'astre roi, dieu des dieux, penché comme un bon père, Bénit la vie et les vivants...

— Mais te voici ramper, vieille louve aux pas traîtres, Buveuse de sang chaud, filleule de la mort!

La Faim, Togresse Faim hurle au ventre des êtres, Qu'elle tenaille et qu'elle mord.

Alors, partout, des quatre horizons, Tair immense S'emplit d'un douloureux et sourd gémissement : Et l'œuvre de carnage antique recommence, Doucement et sinistrement.

LA VIE EXTERIEURR.

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