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LE VIEUX CHRIST

A EDOUARD D'OTÉMAR

Très loin, sous la falaise aux murs profonds et droits, Le vent berce le cri vespéral des macreuses; La lande rousse endort ses ornières ocreuses Que le soleil couchant fait saigner par endroits.

Seul, vers le ciel morbide où des nuages froids Traînent avec ennui leurs masses douloureuses, Debout dans Therbe rare et les roches lépreuses. Un Christ exténué tend ses deux bras en croix.

Son socle crevassé sort d'une fondrière; Et lui, penchant son front lassé de la prière. Comme pour être deux se regarde dans Teau :

Mais Tonde, dont son œil scrute en vain les mystères. Ne lui montre au miroir que son propre tableau Et rimmense douleur des âmes solitaires.

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