‹ L'âme nueChapitre 70 sur 104 · SONNET A MA MIE · texte numérisé non relu

SONNET A MA MIE

Je regrète le tems où tout bardé de fer, Hampe au poing, dague au flanc, on erroit parle monde ; Le tems où Ton \êtoit le heaulme à grille ronde, Le gorgerin de cuir, la gambe et le hauber.

Coups de masse et d'estoc I On étoit fort et fier. On se navroit gaîment pour le los de sa blonde ; Le cœur étoit loyal et la valeur féconde :

Les gentils preux n'a\oient souci que de TEnfer.

On ne se cachoit point pour rêver à sa mie ;

On s'aimoit sans remords et nul n'en gaussoit mie !

Seul, le parjure aux. vœux d'amour étoit félon.

Beau tems I J'eusse porté tes couleurs, ta devise. Et ton nom brodé d'or sur mon blanc gonfalon, — Une nuit m'eût fait roi qui t'eût faite marquise I

184 Là vie intéribcrb.

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