SONNET A MA MIE
Je regrète le tems où tout bardé de fer, Hampe au poing, dague au flanc, on erroit parle monde ; Le tems où Ton \êtoit le heaulme à grille ronde, Le gorgerin de cuir, la gambe et le hauber.
Coups de masse et d'estoc I On étoit fort et fier. On se navroit gaîment pour le los de sa blonde ; Le cœur étoit loyal et la valeur féconde :
Les gentils preux n'a\oient souci que de TEnfer.
On ne se cachoit point pour rêver à sa mie ;
On s'aimoit sans remords et nul n'en gaussoit mie !
Seul, le parjure aux. vœux d'amour étoit félon.
Beau tems I J'eusse porté tes couleurs, ta devise. Et ton nom brodé d'or sur mon blanc gonfalon, — Une nuit m'eût fait roi qui t'eût faite marquise I
184 Là vie intéribcrb.