L'ABSENTE
Sur le coteau piqué de pins et de genièvres, Parmi les rocs verdis de lichens, les genêts, Et les plants de bruyère où vont broutet les chèvres, Lorsque je reviens seul vers l'arbre où tu venais;
Et dans le ravin gras, près du ruisseau des mûres, Où Teau brune, étalant Thuile de ses reflets, Tremble entre les granits et filtre sans murmures. Lorsque j'éveille seul l'ombre où tu m'appelais 2
Alors, brusque, d'un coup, tu m'apparais : tu bouges, Tu parles, tu me prends au col, et tu me tends Ton chaud sourire ouvert dans tes lèvres trop rouges. Et ta gorge qui bat sous mes doigts irritants.
Voici monter vers moi le flux de tes tendresses, De tes parfums, de tes luisants rosés, bronzés... Et le i-uisseau se prend à chanter des caresses, Et la brise qui glisse efl'euille des baisers.
Puis, tu pars, secouant ta jupe provocante:
Et toi, la fleur du vice et des rites pervers. L'âme de courtisane et la chair de bacchante, Je te revois dans un logis à rideaux verts.
De gros enfants joufflus s'accrochent à ta robe ;. Et, ravaudant tes jours usés, tu t'assoupis Dans la banalité d'un Diénage très probe.
Aux ronflements d'un chat qui dort sur le tapis.