‹ L'âme pénitente ou Le nouveau pensez-y-bien [microforme]Chapitre 2 sur 30 · AZ · texte numérisé non relu

AZ

4 Les vérités

notre ame tout est perdue pour nous À

sans ressource.

C'est une vérité qu’un seul péché mortel peut nous damner à: jamais ; que le péché est le seul malheur que nous ayons à craindre en ce monde, parce que c’est le seul qui peut nous rendre malheureux dans l’autre, = C'est une vérité que nous mour- rons un jour, et que nous pouvons mourk à tous les instans, sans en avoir jamais un seul d'assuré : chaque moment peut être pour nous le dernier.

C'est une vérité qu’à l'instant mé- |

me que nous Mourrons, nous serons | jugés, et que Dieu nous demandera |

un compte exact de toutes nos pensées, de tous nos paroles et. de toutes nos actions, qui seules nous suivront après notre vie.

ER De

C'est une vérité qu'après le temps, ‘qui finira bientôt, viendra une éternité qui ne finira jamais ; ou éternité R

bienheureuse, qui renfermera tous

les délices en faveur des élus; ou à

nous

éché ais ; r que onde, nous noûre 1vons 18 en aque 18 le

tmé- |

erons ndera |

penee. de nous

éternelles.

éternité malheureuse qui réunira tous les tourmens sur la tête des réprouvés, sans espoir, sans Con80lation, à jamais, sans fin.

Vérités saintes, vérités solides, verités aussi immuables que l’éternité même de Dieu.

Pensez-y-bien.

Ah! si ces grandes vérités étaient

| profondémentt méditées, quelles im-

pressions feraient-elles sur nous.

Qui est-ce qui venant à penser

. qu’il n’est sur terre que pour servir

Dieu et sauver son ame, passerait sa. .

vie dans les inutilités, les amusemens ”

de ce monde, en perd«rt de vue l'unique affaire qui doit décider à

\ jamais de son sort ?

emps,

éter-

ernité E

tous

s; ou

Qui est-ce qui, pendant qu’un seul péché .peut le damner, pourrait jamais consentir à le commettre ? et s’il l'a coinmis, pourrait-il demeurer un seul instant dans ce triste état; où

6 Les vérités

la main de Dieu peut venir Île

fra pee ?

qu'il peut mourir à tous les momens, ne vivrait pas ! sujours en tremblant, sur le bord de i’abyme ?

Qui est-ce qui s'attacherait aujourd'hui si éperdument et ei crimi-

nellement à la vie et aux biens de la !!

vie, qui peut-être lui seront enlevés }

demain,

Qui est-ce qui, étant assuré qu’au moment de la mort, il ira paraitre devant le scuverain Juge, ne se juge-

rait pas sévèrement lui-même, ne

se mettrait pas au-dessus des vains | Jugemens des hommes, ne se tien- |

drait pas toujours prêt à subir ce jugement redoutable de Dieu?

Qui est-ce qui, étant persuadé

qu'une éternité de bonheur ou de malheur l'attend après cette vie périssable, ne donnerait pas tous ses soins pour éviter les Lorènse de cette éternité malheureuse, et pour

ui est-ce qui, en considérant !

éternelles, 7

se rendre digne des délices ineffables

1 de cette éternité de bonheur ?

Qui est-ce enfin qui méditant ces vérités saintes, ne vivrait pas, ne mourrait pas en saint ?

Pensez-y-bien.

O hommes aveuglés et insensés !

que faisons-nous en ce monde, si nous n’y pensons, si nous ne nous occupons de ces grands objets, A-

mes immortelles et créées à l’image

de Dieu, souvenez-vous des pre-

| mières et dernières vérités ; Compre-

nesbien, par de sérieuses réflexions d’où vous venez et où vous allez ; de qui vous avez reçu l'être, et à qui vous devez votre cœur ; ce que

‘ vous avec apporté en venant au

monde, et ce que vous en emporterez en sortant de ce lieu d'exil,

Y avez-vous pensé ? comment y avez-vous pensé ? qu’attendez-vous d’y penser ? (1) |

(1) Eecl,

Les vérités

O vérités saintes, vérités divines ! ut à la lueur de votre céleste flambeau, jen dissipez les ténébres qui nous aveu- etqi glent, présentez-nous à tous les ins- }} Au 4

tans ce que nous avons été, pur né- lum ant ; ce que nous sommes, pécheurs | Ai pi et coupables : ce que nous serons un Je" jour, éternellement heureux ou éternellement malheureux. Hélas ! pour h.

nous préparer à ce dernier terme, L peut-être n’avons-nous qu’un jins- |) qu'u tant : allons dans les solitudes et || {ens les déserts, nous remplir de ces hum grands objets, seuls dignes de nous rité occuper, seuls capables de nous con- les vertir. Laissons passer ce qui passe, || Jes attachons-nous à ce qui est éternel ; D Lns disons à tout le reste : vous ne m'êé- E cave tes rien, parceque demain, peut-être, des ou vous ou moi nous ne serons plus. de c Laissez moi les momens qui. me de restent, puisque Dieu veut bien en- vrai core me les accorder. Je vous les pén

Cônsatre, Ô mon Dieu ! pour ne moc penser plus qu’à vous, ne m occuper + plus que de vous. Le Ciel et la terre

OT Re Se en les

éternelles. 9

sseront, vos paroles subsisteront

jamais ; gravez-les dans mon cœur,

et qu'elles y demeurent gravées jus-

qu'au dernier soupir de ma vie, Cæ-

lum & terra transibunt (1). Je n'y

ai pas pensé, j'y penserai tant que je vivrai.

HISTOIRE

L'histoire de l’Eglise rapporte qu'un grand nombre de saints péni-.

tens, pénétrés du néant des choses humaines, et de la grandeur des véritéa éternelles, se retiraient dans les déserts, pour avoir le moyen de les méditer à loisir. Là, séparés les uns des autres, enfuncés dans Îles cavernes, et coinme ensévelis dans des tombeau x, ils ne s’occupaient que de ces vérités immuables ; pénétrés de ces grands sentimens ils se livraient à toutes les austérités de la pénitence, à toute la rigueur des modérations : les prières, es veilles,

(1) Matth, 13,

10 Les vérités

les jeunes, les cilices, tous les instru-

mens sanglans de la pénitence réduisaient leurs corps en servitude ; pâles et défigurés, semblables à des squelettes vivans, ils ne se nourissaient que de racines d'herbe, ou de pain détrempé de leurs larmes :

Ainsi passaient-ils leur vie, qui n'était qu’une longue mort, et quand après les 20, les 30, les 40 années, ils arrivaient au bout de leur course, ‘ encure effrayés et allarmés, ils se demandaient les uns aux autres, et s’é- . criaient en tremblant ; pensez-vous, hélas ! pensez-vous que Dieu se laissera toucher et fléchir, qu'il aura pitié de nos ames , qu’il nou$ accordera le pardon de nos péchés ? Pensez-vous qu’à‘la mort nous puissions trouver quelque consolation, que le souverain Juge adoucira la rigueur de notre jugement, pourrons-nous enfin espérer d'éviter les horreurs de l’éternité malheureuse, et d’avoir un jour quelque part au bonheur des Elus ? Quels sentimens ? quels

exemp être,

| nous!

Ces miron gile à pratiq une“ :

crainc c'est € en ma au s4 néglis grand péché mort, jugen aveni étern nous ces g qu'ils vivo

éternelles. 11

exemples pour nous? hélas! peutêtre, quelle condamnation contze

de ; !! nous! Pensons-y-bien.

des } y ddl REFLEXIONS,.

de 8 3 || Ces saints pénitens que nous adé- mirons, avaient-ils un autre Evanand | gile à suivre, une autre Religion à

DS

une* autre éternité à espérer ou à craindre? non, sans dnute:; mais c'est qu’ils avaient de la foi, et nous

ées, pratiquer, un autre Dieu à servir, en manquons ; ç'est qu'ils pensaient |

ais- au sälut de leur ame, et nous le Re négligeons, c’est qu'ils méditaient les il grandeurs de Dieu, les horreurs du pRe péché, l'incertitude du moment de la ON mort, les abymes redoutables des > le jugemens de Dieu, les suites d’un eur avenir, ou éternellement heureux, ou ous éternellement malheureux, et que PUIS nous craignons de nous occuper de VOIT LE ces grands objets: en un mot, c'est eur qu'ils vivaient en saints, et nous

uels vivons en mondains.

12 Le Salut.

. Pensons-y, tandis qu’il en est tems; que gagnons-nous à ne pas y penser ; quelle consolation n’aurons-nous pas

‘un jour d’y avoir pensé? Pensons-y,

occupons-nous en à présent, pour ne pas nous désespérer éternellement de n'y avoir pas pensé, ou plutôt, pour recueiller à jamais les fiuits de cette salutaire pensée, ;

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