‹ L'âme pénitente ou Le nouveau pensez-y-bien [microforme]Chapitre 22 sur 30 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Trois grands sujets d'étonnement sur la conduile et laveuglement des hommes. Chacun en particulier peut se les appliquer à soi-même.

]CQNUJE'i d'étonnement et de dou-

leur. Je ne suis venu au monde que pour servir et pour aimer Dieu et je n’ai presque vécu que pour l'oflenser. Quelle a été ma vie ‘squ'à présent? À quoi ai-je pensé, depuis que je suis sur la terre, à qui ai-je donné mon cœur et mes

Conclusion.

sentiments ? Qu'’ai-je fait pour Dieu, pour l'auteur de mon être, mon premier principe et ma fin dernière!

Quelle ardeur, quel empressemen ai-je eu pour son saint service? Que zèle pour sa gloire.

Hélas! au contraire, que n'ai-j pas à me reprocher envers lui!

Que d’infractions de sa loi? qu d'infidélité à ses graces! que de résistance à ses volontés! que d'op:

positions aux desseins de £a provi:

dence! loin de le servir, touie m rie s’est passée à l’offenser et à lui déplaire.

Etait-ce pour celà que Dieu m' vait créé et mis sur la terre? À quoi devais-je employer mon esprit qu’à contempler, à adorer ses gran:

deurs? À quoi devois-je consacrer le affections de mon cœur, qu’à aime ses beautés ineffables ? À quoi devoir je donner tous mes soins, qu'à kÆnces ; servir et à me sauver ? Jene devait} sois e vivre que pour lui, et peut-être n}

Dieu de a-t-il pas eu un seul jour de ma vk lâche,

où je n où je n x»

e me sud pour ren toutes 1 lui prése

O ur &re, arl vous m’ desseins grands vaient

172 Cunclusion.

coupable et si peu digne de lui! &, des infidèles, des idolâtres, avaient reçu les graces que j’ai reçues, ik seraient devenus de grands saint :

si des pécheurs et les ve grunds pécheurs avaic été comblés de mêmes faveurs ils auraient fait. pénitence sous le cilice et la cendre.

Quand je rappelle tout ce que Dieu a fait pour moi dans tout je cours de ma vie, tunt de danger dont il m'a préservé, tant d’occa.

, sions où il m'a soutenu, tant de malheurs qui auraient pu m'arri.

ver, et où j'aurais dû périr mille fois, maïs sur-tout tant de graces intérieures et personnelles dont il n’a cessé de me favoriser : vives lu.

mières, sentimens touchans, remords salutaires, reproches amers, quand je m'éloignais de la voix ; cette voix secrête qui ne cessait de me poursuivre et de me rappeler à la fidélité

que j'avais promise, tant d'autrsE j

traits d’une providence marquée d’une miséricorde spéciale sur moi :

lui! S » AVaient eçues, il ds saints :

us grunds de mêmes pénitence

t ce que s tout le > danger t d’occa- , tant de ju m'arriérir mille de graces 3 dont il vives lu- >, remords ra, quand cette voix me pour:

la fidélité , d’autres marquée sur moi :

Conclusion.

toutes ces faveurs, quels sentimens drivent-elles exciter dans mon cœur ?

J'ai reçu ces graces, j'en ai été comblé; quel usage en ai-je tait ?

uels fruits en ai-je retiré ? Quand

ieu me montrera, d'une part, tout ce qu'il a fait pour moi, et que de l'autre il me demandera l'usage que j'en ai fait, qu'aurai-je à lui présenter ? Quid potui facerevineæ mæ et non feci? me dira-t-il ? qu'ai-je pu faire à ta faveur que je n’uie fait ?

et après tout ce que j'ai fait, que n'avais-je pas droit d'attendre de toi? Est-il de vertus que tu n’eusses dû pratiquer ? est-il dégré de sainteté ou tu n’eusses dû aspirer ? et cependant dans quel état parais-tu à présent à mes yeux.

Ces graces ne !

ont pas été données en vain ; tu savais le compte que je t’en demanderais un jour ; ce jour est venu, reñd. compte à ma | Justice de tout ce que ma miséricorde a fait pour toi dans tout le cours de ta vie, redde rativnem.

TR ÉD 2 dm Ge nn er

174 Conclusion.

Hélas ! Seigneur, Dieu de bonté; ue. puis-je répondre, et que dois-je aire, si Ce n'est de me prosterne

à vos pieds, de gémir amèrement devant vous, d’implorer encore la même miséricorde dont j'ai abusé, de vous conjurer de ne pas me priver de vos dons comme je l’aurais mérité, de ne pas transporter ail leurs le flambeau, en me livranti mes funestes ténèbres, qui devien.

draient pour moi le comble de l'a.

veuglement et de tous les malheurs:

3. Sujet d’étonnement et de justé douleur. Je savais que je n'étais sur la terre que pour peu de- temps; qu’une éternité sans bornes m'at.

tendait après ce court espace. de temps ; et je n’ai vécu que pour ke temps passager, en perdant de vue cette éternité permanente. Je sa:

vais que quelques jours, quelque années finiraient bientôt ma cours ; que mille ans n'auraient pas été trop longs pour me préparer à l’éter:

nité où je pouvais entrer à chaque

je l'aurais porter ail

Kvrant à 1 devienle de l’a.

malheurs?

t de just je n'étais le temps; nes m'at.

espace: de > pour k nt de vue . Je ta.

quelques A Courte :

; pas été r à l’éter:

à chaque

e bonté!

jue dois-je prosterner mèrement encore la é

al abusé, s me pri-

Conclusion. 175

moment; et ce peu de temps que j'ai eu, je ne l'ai employé qu'à des inutilités, à des amusemens, à des riens + et voilà ce temps qui va disparaître à mes yeux, et l'éternité qui va s'ouvrir sous mes pieds, pour m’ensevelir dans son sein.

Sera-ce une éternité de bonheur ou de malheur pour moi ? qu’ai-je fait pour la mériter heureuse ? O temps ! Ô éternité, 6 funeste aveuglement de l’homme ; quatre jours à passer en ce monde, et une éternié toute entière dans l’autre ; et ces quatres jours attirent tous les soins, et cette éternité est comme oubliée! où est la foi ? où est la raison ! |

Mais un sujet d’étonnement, plus grand peut-être encore que tous les autres, c’est que ce Dieu de bonté, ce Dieu oublié, ce Dieu outragé, est encore prêt à me recevoir, si à ce moment je reviens sincèrement à lui : oui, quelques grands péchés que j'aie commis contre lui, quelque

176 Conclusion.

mépris que j'ai eu pour :Sa sainte loi, quelque mauvais usage que j'aie fait de ses graces, il est prêt à me pardonner, si mon cœur les déteste; quelque criminel abus que j’aie fai du temps, il me laisse encore espérer une éternité de bonheur.

O Dieu saint, Dieu miséricordieux ! est-il possible que vous por.

ticz la bonté à ce point, j'ose dire à excès, envers une créature si in:

grate, si infidèle, si coupable envers vous ? Est-il possible que vo:s jettiez encore des regards de miséricorde sur elle ?

Et moi, serait-il possible que je négligeasse une grace à laquelle je n’autais jamais dû m’attendre après une vie si coupable ? Mon, Dieu de bonté, je n’abuserai pas jusqu’à cet excès de vos dons ; j’admirerai vos grandeurs, mais j’adorerai, je bé:

nirai éternellement vos inetfables miséricordes. Dès ce jour, oui, dès ce moment, je vais commencer, pour

‘SA Sainte e que j'aie prêt à me 8 déteste :

> j'aie fair re espérer

miséricor. vous porj'ose dire ure si in.

able en- > que vous de miséri.

le que je laquelle je idre après , Dieu de qu’à cet rerai Vos l, je béineffables , Oui, dès cer, pour

continuer tout le temps que je serai sur la terre,’

Recevez donc, Dieu de toute bonté, recevez l’hommage que je vous rends, je reconnais que ma vie n’a été qu'aveuglement et qu'égarements ; je reconnais que tout n’est que néant et que vanité dans la vie, que tout n'est qu'illusion et qu'aveuglement dans le monde; qu'il ny a de vrai contentement et de solide bonheur que dans vous, . à vous servir, à vous aimer, à s'attacher à vous en se détachant absolument de tout. | . C'est vous seul que l’on trouve à la mort, c’est à vous seul que l’on do!’ s'attacher dans la vie. Quelle grace que celle que vous me faites de me donner enûore quelques momens pour ouvrir les yeux sur mon aveuglement, et pour prévenir mon malheur; hélas ! jy courais à grands pas ; et peut-être étais-je un moment de m'y précipiter à jamais,

Conclusion.

178 Conclusion.

Aussi ne veux-je vivre désormai que pour déplorer les égaremens de ma vie, pour observer votre sainte loi, pour profiter de toutes vs graces, pour me préparer enfin à cette éternité bien heureuse dans la quelle vous voulez bien encore me réserver une place : heureux si je n’avais jamais pris d’autre chemin que celuiqui devait m’y conduire !

désormais aremens de Dtre Sainte outes vy er enfin i use dans la encore me reux gl je re chemin onduire !

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