‹ L'âme pénitente ou Le nouveau pensez-y-bien [microforme]Chapitre 5 sur 30 · L'ETERNITE · texte numérisé non relu

L'ETERNITE

"HOMME entrera un jour dans pee

la maison de son éternité, dit B'e5 plai l'Esprit-Saint : Zhid homo in domum WŒnité (0 æternitatis suæ*. Ilest donc vrai, les rem 6 homme mortel! que si vous êves Me 74m en ce monde, ce n’est pas pour tou- médita jours : qu'après cette vie courte et M touJou de quelques jours, ilen succédera M dans l , une autre qui n'aura point de fin, 1l BE Sein di est donc vrai, à homme pécheur et lueur :

impénitent ! que tes crimes, tes ex- Ete:

cès, tes désordres ne seront pas imr- |] PAs5€€ punis, et que les abymes des ven- D exerc!

geances s'ouvriront un jour pour éterni vengloutir à jamais. Il est donc D conso . A délice

vrai, Ô ames justes ! que vos vertus, # Eccl, 12.

L'Eternilé 89

os afllictions, ne seront pas sans récompense, et qu'une couronne immortelle leur est préparée dans le sein des élus, dans la région ces vivans.

Pensez-y-bien ; le temps ne nous est donné que pour penser à l'élernité.

Eternité! après quelques années assées dans les amusemens, la joie, Le plaisirs, l'abondance, une éternité toute entière dans les regrets, les remords et le désespoir : {oujours

et jamais; ces de::x mots feront la méditation éternelle du réprouvé, toujours dans les tourmens, toujours dans les flammes, toujours dans le sein des horreurs; jamais la moindre lueur d'espérance.

Eternité! après quelques années passées dans les croix, les peines, les exercises pénibles de la vertu, une

éternité toute entière de:joie, de

consolations, de bonheurs,d’ineffables délices: Toujours et jumais, ce sera

40 I’ Eternité.

la contemplation éternelle du pré:

destiné. J'oujours dans Dieu; avec Dieu, heureux du bonheur même de Dieu, Jamais de crainte, de cha.

grins, de vicissitudes, de- changemens : Zoujours et jamais, jamais et toujours. Malheur à qui n’y pense pas; mais malheur plus grand encore à qui y pense, et qui ne vit pas en Chrétien et en Saint. |

Hélas ! insensés que nous sommes ! que faisons-nous, le peu de jours que nous passons sur la terre !

On ne pense qu’au temps, on ne s'occupe que du temps, on ne travaille que pour le temps, on ne vit que pour le temps; et l'éternité nous attend, et l'éternité avance à chaque moment, et l'éternité va nous recevoir; demain peut-être nous entrerons dans son sein. Aujourd’hui dans la joie, les festins, les parties de plaisirs, et demain dans les larmes, les soupirs, les sanglots; quel aveuglement ! Fo

‘Il y a nne éternité! y avons-nous

pensé ?

bfficacet

pstece !

honte d vie, Sal autre?

livrée & temens déréglé person!

pense ( devait aux la Si 1 chang:

cœurs as à Pller D Ja bo Celui ne pos Jui là un de

| drait tribu

pré:

J, avec me de > cha.

angenais el pense d enit pas

y someu de terre !

on ne Le trane vit ernité ince à nous us enrd'hui arties 8. lar-

quel

nous

L’ Eternité. A1

pensé? y pensons-nous sérieusement, fficacement ? Qui est-ce qui y pense ?

est-ce ce tendre enfant, qui, à la

honte de ceux qui lui ont donné la vie, sait à peine qu’il y en a une autre? Est-ce ce cette jeune personne, livrée aux amusemens, aux enchantemens de ce monde, et aux désirs déréglés de son cœur? Est-ce cette personne avancée cn âge, qui ne pense qu’à prolonger une vie qu’elle devait consacrer à la pénitence et

aux larmes ?

Si l’on pensait à l'éternité, quel

changement verrait-on dans les cœurs! Cet ennemi ne penserait-il pas à se reconcilier, et voudrait-il aller paraitre devant Dieu, le fiel dans la bouche et l’amertume dans l’ame ?

Ce lui-ci garderaiteil'un bien qu'il sait ne posséder qu’à titre d’injustice? Celui là porterait-il dans la conscience un doute qui l’inquiète, en attendrait-il d'en avoir l’éclaircissement au tribunal du souverain Juge? Si l’on

Lé

49 L Eternité.

y pensait, se conduirait-on comme on se conduit ? agirait-on comme on agit? vivrait-on comme on vit} Qut est-ce qui, pensant qu'après cette vie périssable et mortelle, il y en a une mortelle et durable, ne lui consacrerait pas tous ses soins ? Qui est-ce qui, voyant un enfer ouverte sous ses pieds comme un abyme prêt à l’engloutir à jamais, ne se résoudrait pas à tout entreprendre, à tout souffrir, à tout perdre, pour l’éviter?

Qui est-ce qui envisageant la gloire, les délices, d’une éternité bienheureuse, ne soupirerait pas sans cesse après elle ? |

Ab! sii'on pensait sérieusement à l'éternité, les plaisirs auraient-ils des sectateurs, le monde aurait-il des partisans ? le péché aurait-il des esclaves? Non, je ne crains pas de le dire; dès lors les assemblées mondaines seraient désertes, les parties de plaisirs seraient rompues, les spectacles profanes abandonnés; il n’y

Rien à

aurait de foule que dans les temples, |

y aute

ibunau hacun d ette gri esse à It > la croi Ile peut

momens

tre aPf ais-je er que jer ourse :

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L' Eternité. 43

s aütels seraient environnés, les ibunaux de la pénitence assiégés ; hacun de nous comme absorbé dans ette grande pensée, se dirait sans esse à lui-même ; il y a une éternité, > la crois, je la crains, je l’attends :

le peut me surprendre à tous les

momens : du soir au matin je puis y

tre appellé, et ci celà arrivait, seais-je en état d'y entrer ? Ah ! puisque je ne dois un jour terminer ma ourse en ce monde que pour en ommencer une nouvelle dans l'aure, n'est-il pas de la sagesse d’y penser sans délai, de m’y préparer sans relâche ? Et quel serait mon alheur, si après des réflexions si

solides, je .vivais comme j'ai vécu,

comme ceux qui semblent n'avoir rien à espérer ou à craindre après cette vie ?

O ! pensée de l’éternité ! quewous êtes grande ! que vous seriez salutaire ! mais hélas ! que vous êtes peu méditée ! \

44 L' Eternité.

HISTOIRE

° Un peintre fameux dans l’antiqu té, fut un jour interrogé par un aut peintre, qui lui fit cette demande Comment arrive-t-il que vous q êtes si habile dans votre art, vou fassiez si peu de tableaux ; tandi que moi, bien inférieur en mérit j'en fais un si grand nombre dan pen de tems? En voisi la raison uirépondic l’autre : C'est que vou peignez pour le tems, et mois je peint our l'éternité, æternitati pingo Belle leçon ! ne rougissons pas de l’ap.

prendre. Tout tant que nous sommes, nous avons un tableau à tracer:

esprit int de c onnons, lance a:

st prése DujOU rs our l’ét

Pénét:

gissOn8, es pers e l’éter éternit( éternit:

'éternit ous à |

çar en qualité de Chrétien, si nouilk

voulons être prédestinés, il faut tracer dans nous le portrait et la ressemn-

blance de Jésus-Christ même, quil

est le chef et le modèle de tous le:

élus. Chaque jour nous pouvons . y wavailler. Une prière adressée à Dieu ; une aumône offerte en vue de Dieu, une mortification consacrée

antiqu n aut ‘ande DuS Q t, vo

tandi mérite re dan raison ue vou je peins ping Earth ommes, tracer:

si nous

It tracer ressern-} ne, qui >us les Ou vons ssée à vue de sacrée

éternité, ; ous à jamais heureuse !

L' Eternité. 45

esprit de pénitence, tout celà auint de coups de pinceaux que nous onnons, autant de traits de ressemlance avec le divin modèle qui nous t présenté; mais souvenons nous pujours que ce portrait doit être fait our l'éternité, æternitati pingo.

Pénétré de ces grands sentimens

oissons, vivons désormais comme

e3 personnes remplies de la pensée e l'éternité, soutenues par la foi de éternité, animé par l’espérance de éternité, en un mot, destinées à Puisse-t-elle être pour

REFLEXIONS

ensezx-y-bien, et dites-vous sans cesse à vous-même :

Il y a une éternité. Fe Je suis fait pour l'éternité.

Je suis peut être éternité.

Quel sera mon sort dans l’Eter:

ité? Le temps ne m'est donné que

à la porte de

46 Le délai

pour y penser. C'est à quoi je va consacrer les momens qui me re tent.

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