‹ L'âme pénitente ou Le nouveau pensez-y-bien [microforme]Chapitre 4 sur 30 · Du moinent de la mort dépend notre éternité. Fret · texte numérisé non relu

Du moinent de la mort dépend notre éternité. Fret

4 Après la mort, il n'y aura plus pour nous de ressource,

.Pensons-y donc à présent.

Rien de si commun que la mort; tous les jours on entend dire : un tel Lest mort, une telle vient d’expirer :

tel a été frappé d’un accident imà prévu : telle a été enlevée après une longue maladie; un tel vient d’être assassiné: tel autre s'est noyé ; celui ci a fait une chute, et il est

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resté sur Île coup; celui la a été écrasé sous les ruines d’un bâtiment, Chaque jour nous fournit des exemples. aus en donnerons un quelque jour aux autres. YŸ pensonsnous ?

Tous les hommes sans exception, sont sujets à la mort: elle domine sur toutes les conditions.

Le jeune homme n'est pas à couvert de ses coups; un enfant meurt quelquefois au moment où il a commencé à vivre ; elle assiége la porte du riche: la puissunce, les richesses, les couronnes, les sceptres, tous cèdent à la mort; elle pénètre les palais des grands, comme la cabanne des pauvres. Elle étend dans la bierre le grand comme le petit. Tous les jours quelque victime est immolée ; vous pouvez être la première, Y pensez vous ?

Comment les homm:: peuvent-ils s’aveugler si malheureusement sur Ja mort qui les menace à tous les

+ momens! On sait qu'on peut mourir

éloigne:

jamais

toujour soi-mêt dit-on ;

Lems e des rai de se c d’hui ; serai € subite!

que € annon bien é

com-

porte esses, tous re les anne ns la Tous t imnière.

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Lé Mort: sl

à tous instans, et on vit comme si jamais on ne devait mourir ; on rearde toujours la mort dans un grand éloignement, comme si elle ne devait jamuis arriver; on entend dire: un tel est mort subitement, et .on se flatte toujours d'une longue vie.

A la mort des autres, on trouve toujours des raisons de se rassurer soi-même; cette personne est morte, dit-on; mais elle n’avait point de santé, elle languissait depuis longtems, elle ne se ménageait point :

elle faisait des excès, on l'avait avertie: elle était menacée de tels accidens, on ne l’a pas secourue à tes et à propos, Aiusi trouve-t-on des raisons pour se rassurer, au lieu de se dire: Un tel est mort aujourd'hui; qui m’a dit que demain je serai en vie? Un tel a été enlevé subitement en ce monde; peut-être que demain les cloches funèbres, annonceront ma mort, Tel croitêtre bien éloigné de sa dernière heure,

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qui porte le trait de la mort dans son sein ; il pense aujourd’hui à une par.

tie de plaisir, et demain il sera devant Dieu. Y a-t-il bien pensé ?

Ce qu’il y a de plus terrible en ce point, c’est que les suites de la mort sont éternelles et irréparables. [La] mort n'est qu'un moment; et ce moment décide de tout pour toujours, Tel qu’on aura été au moment de la mort tel on sera durant une éternité toute entière. Si on meurt en état de grace, on est heureux pour toujours ; si on meurt en état de péché mortel, on est malheureux, maudit, réprouvé à jamais. L’arbre tombera un jour, dit l'Esprit Saint: s’il tombe à droite, il est réservé pour l'édifice de la céleste Jérusalem; s’il tombe à gauche, il est destiné au feu. Ubt ceciderit arbor, ibi erit. Non, dès le moment de la mort il n’y a plus de ressource. Ni regrets, ni soupirs, ni san-

glots, ni larmes, ni résolutions nif

promesses, rien ne changera le sort;

il est fi:

porté e sera l’e pensé .

faire.

ployée on ne sera € heur, e Le Sa avertit homini me vi enser "y pe rs 6 jour je mourir

Un duque téressi

La Mort. 33

il est fixé pour toujours, l'arrêt est porté et l'éternité toute entière en sera l'exécution. Il fallait y avoir pensé ; il ne sera plus tems de g° faire. Toute la vie devait être e

ployée à se préparer à la mort : si

e par.

evant

en ce

mort ? + La on ne l’a pas fait, toute l’éternité et ce sera employée à déplorer son maljours, heur, et à gémir dans son désespoir.

nt del Le Sauveur du monde nous en a éter. M avertit: Qud hord non putatis filius rt en M hominis veniet (1). Le fils de l’hompour me viendra à l'heure que vous y it del penserez le mois. Je vais y penser, reux M J'y penserai toute ma vie; je me L'ar.R tiendrai toujours prêt, et dès ce Esprit M jour je me regarderai comme pouvant | es M mourir tous les jours.

éleste | he, il HISTOIRE:

iderit ment Un jeune homme pour le salut our- & duquel Saint Grégoire, Pape, s’insan- D téressait ardemment, avait conçu s nif | | sort; D (1) Luc.

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pour une personne du sexe une passion si violente, qu'il en était trans-

rté, sans que les conseils, les avis,

8 prières de Saint Grégoire eussent jamais pu l'arracher de son cœur, Dieu, par un de ses jugemens redoutables qu'on ne peut qu'adorer, frappa d’un accident imprévu l’objet de cette passion malheureuse : une mort subite l'enleva de ce monde, Le jeune homme en fut dans le plus grand désespoir; mais ce qu'il y a d'étonnant, c’est que cette mort funeste, loin de déticher son cœur, ne

fit qu’augmenter et allumer le feu qui

le consumait. Saint Grégoire, sensiblement affligé de cette aveuglement déplorable, crut qu'il devait faire un dernier effort pour sauver cette ame, Un jour donc, après avoir prié le Seigneur de benir son dessein, 11 prit ce jeune homme par la main, en lui disant : venez avec mai, je veux vous montrer l'objet de votre affection criminelle. Îl le conduisit dans Je tombeau où cette personne était

enterrée vint 8e ]

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mon fil:

fuyez p:

Ja mort qui s’of devenu laquelle attaché ces yeu cette a pourrit l’objet Yvous 4 sacrifié éternit

Ces tacle fi sivive que co monde périsse à tout

enSsi+ ment faire cette avoir sein, nain, veux ffecdans était

La Mort, 85

enterrée. Quel spectacle affreux vint se présenter à ses yeux ! il re-

lcule de crainte et d'horreur. Non,

mon fils, lui dit Saint Grégoire, ne fuyez pas, soutenez le spectacle que la mort vous présente, considérez ce quis’offre à vos yeux ; voyez ce qu'est devenue cette beauté périssable à laquelle vous -étiez si éperdument attaché ; voyez cette tête décharnée, ces yeux éteints, ces ossemens livides, cette amas horrible de cendres, de pourriture et de vers, voilà; ; voilà l’objet de votre passion, pour lequel vous avez poussé tant de soupirs, sacrifié votre ame, votre salut, : votre éternité, votre Dieu.

Ces paroles tuuchantes, ce speetacle freppant, firent une impression si vive sur le cœur de ce jeune homme, que connaissant enfin le néant de ce monde et la fragilité de toute beauté périssable, il renoncça dès ce moment à toutes les vanités de la terre, et ne

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-pensa plus qu’à se préparer pour une vie chrétienne à une sainte mort.

Pensez-y-bien, votre heure viendra, que penserez-vous alors de tout ce qui vous attache en ce monde ?

Une jeune. Dame, douée de beaucoup d'esprit et de tous les talens propres à son sexe, se trouva à la fin de sa course bien plutôt qu’elle n’avait pensé, Au commencement de la maladie, on lui dissimula le danger, comme il n’arrive que trop souvent ; cependant le mal augmentant, il fallut lui annoncer son état,et l’avertir de mettre ordre à sa conscience; à cette annonce elle fut troublée, alare mée; mais enfin, la grace ranimant tous les sentimens de sa foi, elle offrit généreusement son sacrifice à Dieu, et demanda elle-même à recevoir les derniers Sacremens. S'y étant disposée, elle fit prier un certain | nombre de ses amies de venir la voir :

et. toutes s’y étant rendues au mo- | moment où elle allait recevoir le St, | Viatique, elle leur adressa la parole:

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Mes Dames, leur dit-elle, d’une voix mouran£e et d’unton pénétré, je vous ai appellées pour vous faire voir dans moi le vuide des choses humaines :

vous voyez mon élat, vous en êtes touchées ; profitez-en, ct connaissez

uel est le néant de ce monde. Ah!

es Dames, si vous pouviez voir les closes des yeux dont je les vois à présent, que vous seriez bien dé:

trompées de toutes les vanités et de toutes les illusions de la vie, et que vous comprendriez bien qui n’y a rien de solide que de servir Dieu !

Mon heure est venue, la vôtre viendra ; n’attendez pas alors à vous y

mant Æ préparer, Je vous parle et je vous elle Æ vois pour la dernière fois de ma vie.

ce à À Je vous demande le secours de vos rece- À prières. Si j'obtiens miséricorde, S'y M comme je l’espère, je ne vous oublie.

tain D rai pas devant Dieu. Alors elle reçut loir: [À le Saint Viatique, er quelque tems après, elle expira. (Ces dernières

paroles restèrent gravées dans l’es-

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prit de celles qui les avaient enten.

dues, et y produisirent des fruits de salut, Produiront-elles du moins dans nous quelques réflexions salu.

taires? Pensez-y tandis qu'il est tems. c |

os afli récompe immorte sein vivans.

Pensez donné

Etert

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