AVANT-PROPOS
L'âme d'un peuple ! Une question se pose d'abord : cette âme existe-t-elle et peut-on en parler avec quelque précision? Une agglomération d'êtres humains, tout à t'ait fortuite souvent et formée d'éléments hétérogènes, peut-elle avoir une même manière de sentir, de penser et d'agir, que l'on puisse considérer comme son caractère distinctif et qui soit clairement définissable ? Il me semble qu'il ne peut s'élever aucun doute sur la réponse à donner et que celle-ci doit être nettement affirmative.
Chaque nation acquiert par la force des choses, par les exigences et les ressources ambiantes une mentalité spéciale qui répond à ses besoins autant qu'à ses aspirations. Et ceci se produit sans
A VAN r 1' 1:0 PUS
ingérence de la volonté humaine, sans plan préconçu, je dirai même plus, sans logique apparente et pourtant logiquement, sûrement, sans le moindre arrêt dans le chemin cpi'a tracé l'inéluctable loi de la nécessité et toujours en s'attaquant au point de résistance le plus faible, en vue d'un développement progressif.
Mais comment approfondir et préciser cet état d'àme avec le summum d'impartialité et d'exactitude dont sont susceptibles les définitions humaines ? Gomment l'étudier ? Comment procéder pour se faire d'abord à soi-même et le retracer ensuite à autrui, un tableau net et clair de ces sentiments collectifs qui ne s'expriment qu'individuellement ou, dans les cas les plus favorables à l'observation, que par groupements ?
L'objectivité, déjà difficile dans toutes les appréciations d'ordre purement moral, l'est plus encore dans cette question-ci où le jugement de l'observateur dépend non seulement de la direction individuelle de son esprit, mais autant, si ce n'est davantage, de celle que lui ont imprimée le caractère de la race à laquelle il appartient et les idées dominantes du milieu dont il fait partie et dans lequel il vit.
Il me semble, par exemple, qu'une telle objectivité serait complètement hors de la portée de celui ([ui voudrait étudicn- la mentalité de la race à la- ([uelle le rattachent son sang et son éducation ; ce serait là nue espèce de jugement porté sur soi-