‹ L'âme sanctifiée par les dons du Saint-Esprit [microforme]Chapitre 20 sur 45 · QUATRIÈME ENTRETIEN · texte numérisé non relu

QUATRIÈME ENTRETIEN

Don de force

Omnia possum in eo qui me confortat.

Je puis tout en Celui qui me fortifie.

Phil. IV, 13.

Dieu demande aux âmes qu’il appelle à son amour de pénibles travaux et de durs combats. N'’était-il pas nécessaire, disait Jésus à ses disciples, que le Christ souffrtt et entrât ainsi dans sa gloire? Nonne hœc oportuit pati Christum et ita intrare in gloriam suam ? Luc xx1v, 26. Il est nécessaire aussi que le disciple de Jésus souffre et meure. Il le faut, s’il veut vivre de la vie divine, et être transformé dans le Christ. Je lui apprendrai, disait Jésus de S. Paul, combien il devra souffrir pour mon nom : Ostendam illi quanta oporteat eum Pro nomine meo pati. Act. 1x, 16. Ce bon Maître veut donner à tous ses disciples la même leçon.

L'âme purifiée par le don de crainte, attirée à Dieu par le don de piété, portée vers Dieu par le don de science, ne tarde Pas à rencontrer la croix sur sa

route. Le démon, enflammé de haine contre elle, et jaloux de ses progrès, lui suscite des ennuis et des combats terribles ; il soulève mille obstacles à l’encontre de ses projets, de ses entreprises qui ont pour but la gloire de Dieu ; le monde la méprise et la persécute; Dieu lui-même se plaît à l’éprouver, à la faire passer par le creuset: Uram eos sicut uritur argentum. Zach. x, 9. C’est dans ce creuset de la douleur que l’âme achève de se purifier, c’est là qu’elle se détache, qu’elle pratique les vertus solides ; là. en un mot, qu’elle acquiert la sainteté. C’est là aussi que le Saint-Esprit, à qui revient le soin de sanctifier les âmes, doit se tenir plus intimement uni à elles pour soutenir son courage, enflammer son ardeur et la rendre invincible.

L'Esprit sanctificateur ne peut faillir à sa tâche. Il est avec l’âme dans la tribulation : Cum ipso sum in tribulatione. Ps. xc, 15. Il la fortifie, l’encourage, la console, lui communique une vertu divine, qui la transforme et la fait sortir victorieuse de tous les dangers et de tous les combats. C’est par le don de force qu’il opère en elle ces effets merveilleux. « Ce don, dit Isaïe, multiplie la force et la vigueur. Ceux qui sont dans la fleur de l’âge, ajoute-t-il, succomberont au travail, les jeunes gens seront accablés de fatigues ; mais ceux qui espèrent dans le Seigneur trouveront des forces toujours nouvelles, ils prendront les ailes de l’aigle, ils courront et ne se fatigueront pas, ils marcheront et ne se lasseront pas.» Qui autem sperant in Domino mutabunt fortitudinem, assument pennas ut aquilæ, current et non laborabuni, ambulabunt et non deficient. Is. xL, 29-31.

Voyons dans cet entretien en quoi consiste le don de force, quels sont les effets qui en résultent, quelle en est la nécessité, et enfin quelles sont les sources où on le puise.

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Nature du don de force

La force est un don qui remplit l’âme d’une confiance et d’un courage surhumains, pour lui faire accomplir de grandes choses pour Dieu, surmonter tous les périls et tous les obstacles, et endurer tous les genres de douleurs.

Ce don occupe le quatrième rang parmi les dons du Saint-Esprit, soit qu’on les énumère d’après leur ordre de dignité, en commençant par celui de sagesse; ou bien, d’après leur ordre d’acquisition, en commençant par celui de crainte. Ilest placé, dit Mgr Gaume, au centre de ce brillant cortège comme un roi sur son trône, ou comme un général d'armée au milieu de ses officiers. Il est comme la clef de voûte de l'édifice de la perfection que le Saint-Esprit élève dans les âmes, lui donnant toute sa fermeté, toute sa solidité.

Il ne faut pas confondre le don de force avec la vertu de force. La vertu, aussi bien que le don de force, signifie fermeté, vigueur, courage ; mais le don s'élève à des hauteurs que la vertu ne peut atteindre, il la dépasse de toute la distance qui sépare le divin de l’humain.

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La vertu de force consiste dans une certaine fer. meté, par laquelle la nature, aidée d’une grâce ordinaire, peut faire face, dans des cas particuliers, aux obstacles, dangers et peines qui se rencontrent. Mais cette pauvre nature est bien vite à bout ; et une force ordinaire ne suffit pas pour la soutenir, partout et toujours, dans tous les sacrifices que le devoir impose, dans tous les dangers qu’il faut braver, dans tous les maux qu’il faut subir. Avec la vertu de force seulement, l’âme peut bien faire tel ou tel sacrifice, mais non pas tous ; endurer tel mal, affronter tel péril, mais non les endurer, les affronter tous ; elle ne peut le faire, partout et toujours, en n’importe quel temps et quelles circonstances. La raison en est, que la vertu s’appuie sur la puissance humaine, laquelle a des limites qu’elle ne peut franchir. La vertu se trouve donc circonscrite dans ces limites, impossible à elle d’aller au-delà.

Mais ce que ne peut pas la vertu, le don a le pouvoir de le faire, même avec la plus grande aisance. S'appuyant, non sur la puissance humaine, mais sur la puissance divine qui est illimitée, le don de force s'étend à tous les genres de périls, de difficultés, de maux, de sacrifices. Il communique à l’âme une vigueur extraordinaire, qui la rend capable de tout souffrir pour Dieu, de tout entreprendre pour sa gloire et de conduire à bonne fin toutes ses œuvres. Par ce don admirable, la puissance divine s'empare en quelque sorte de la faiblesse :: :maine et la transporte dans des régions inconnues. Elle donne à l’âme une confiance telle, qu’elle se rit des plus affreux dangers, des plus durs sacrifices, de la mort même.

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Bien plus, les difficultés enflamment son courage et provoquent chez elle une sorte d'enthousiasme.

Fortifié par ce don divin, David s’écriait : « Quand des armées seraient campées contre moi, mon cœur n'en serait point effrayé. Si elles se levaient pour me livrer le combat, alors même, j'espèrerais dans le Seigneur:» Si consistant adversum me castra, non timebit cor meum. Si exurgat adversum me prælium, in hoc ego sperabo. Ps. xxvi, 3. Avec le secours de mon Dieu, je passerai, sain et sauf, à travers le mur des plus grandes difficultés: Et in Deo meo transgrediar murum. Ps. XvIx, 30.

S. François-Xavier, se disposant à aller en Chine, répondait à ceux qui voulaient l’en dissuader: « L’entreprise peut sembler hardie : d’aller se jeter au milieu des peuples barbares, et d’oser paraître devant un puissant monarque pour lui annoncer la vérité et le reprendre de ses vices ; mais, ce qui nous donne du courage, c’est que Dieu lui-même nous a inspiré cette pensée, et que nous ne doutons pas de sa puissance, qui surpasse infiniment celle du roi de Chine. Ainsi, toute l'affaire étant entre les mains de Dieu, quel sujet de crainte et de défiance pouvons-nous avoir ? »

Partant pour le Japon, il disait : « Nous allons, pleins de confiance en Dieu, et nous espérons que, l'ayant pour guide, nous triompherons de ses ennemis. Nous ne craignons pas les barbares ni la puissance de tous les démons de l'enfer, nous ne craignons que d’offenser Dieu ; et, pourvu que nous ne l’offensions pas, nous nous promettons une victoire assurée. Nous ne doutons pas que l’issue de notre voyage

soit heureuse, et deux choses nous font espérer de vaincre toutes les oppositions de l'enfer : l’une est la grandeur d’une si sainte entreprise ; l’autre, le soin de la Providence qui n’a pas moins d’empire sur les démons que sur les hommes.» Il n’y a que le don de force qui puisse inspirer de tels sentiments.

$ II Nécessité du don de force

Comme tous les autres dons, celui de force est d’une absolue nécessité, au point de vue du salut, et au point de vue «le la sanctification.

1° Au point de vue du salut. Pour être convainc: que le don de force est nécessaire au salut, il suffit de se rappeler quelques-unes des paroles de Jésus- Christ et des apôtres.

« Si quelqu'un veut venir à ma suite. nous dit le Divin Maître, qu’il renorc: à lui-même:» Si quis vult post me venire, abneget semetipsum. Luc 1x, 23. « Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie, en ce monde, la conserve pour la vie éternelle.» Joa. xu, 25.

« Ceux qui sont à Jésus-Christ, dit S. Paul, ont crucifié leur chair avec ses vices et ses convoitises:» Qui autem sunt Christi carnem suam crucifixerunt cum vitiis et concupiscentiis. Gal. v, 24. « Si vous suivez les désirs de la chair, vous mourrez.» Rom. vi, 8. Pour se sauver, il faut donc, avant tout, se renoncer, assujettir ses passions, mourir à ses convoitises. Mais cela ne suffit pas. Il faut encore accomplir de bonnes

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œuvres, il faut porter des fruits de vertu : Declina a malo et fac bonum. Ps. xxx vi, 27. « Toute branche qui ne portera pas de fruit sera retranchée. jetée au feu et elle brûlera.» Joa. xv, 2-6.

Les âmes stériles en bonnes œuvres auront le sort du serviteur inutile qui fut jeté dans les ténèbres extérieures : {nutilem servum ejicite in tenebras exteriores. Matth. xxv, 30.

Ce n’est pas encore assez de se renoncer et de produire de bonnes œuvres, il faut de plus porter sa croix ; il faut souffrir et être prêt à faire tous les sacrifices, à subir les mépris et les persécutions, à affronter même la mort plutôt que de blesser sa conscience et de quitter Jésus-Christ. « Si quelqu'un veut venir à ma suite... qu’il prenne sa croix et qu'il me suive:» Tollat crucem suam et sequatur me. Luc IX,23.

{ Celui qui refuse de porter sa croix et de marcher à ma suite ne peut être mon disciple: » Qui non bajulat crucem suam et venit post me, non potest meus esse discipulus. Luc, x1v, 27.

Et pendant combien de temps faut-il ainsi se renoncer, faire le bien et souffrir ? Jusqu'à la mort. «Celui-là seul sera sauvé qui aura persévéré jusqu'à la fin » : Qui perseveraverit usque in finem, hic salvus erit. Matth. x, 22.

Ah ! vraiment Jésus a eu bien raison de s'écrier : « Quelle est étroite la voie qui conduit à la vice ! Le royaume des cieux souffre violence, et il n'y a que ceux qui se font violence qui le ravissent : » Regnum

cælorum vim patitur et violenti rapiunt illud. Matth. XI, 12.

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Mais, pour se faire violence à ce point, il faut autre chose qu’une vertu ordinaire, il faut un don tout particulier qui soutienne l'âme et la rende invincible, Sans ce don, impossible de résister longtemps aux séductions de la chair, ct de marcher, avec persévérance, à la suite de Jésus-Christ en portant sa croix.

Notre-Seigneur le savait bien ; c'est j:ur cela, qu'instituant les sacrements, il en à établi uz, la confirraation, qui a pour objet de nous dc aner le Saint- Esprit comme principe de force, de nous rendre parfaits chrétiens, doués de courage et d'énergie pour résister à tous les assauts de l'enfer et remplir, sans défaillance, les devoirs les plus difficiles.

Par le don de force, avons-nous vu, l’âme s'appuie sur la Toute-Puissance divine. Si ce don fait défaut, sur quoi s’appuiera-t-elle, sinon surelle-même ? L'âme mettra donc toute sa confiance en elle-même. Mais malheur, est-il écrit, à celui qui met sa confiance dans la créature ! Jér. xvu, 5. S’appuyer sur soi-même, c’est s'appuyer sur un roseau cassé, qui entre, pour la transpercer, dans la main de celui qui en fait son soutien : ÆEcce confidis super baculum arundineum confractum... cui si innirus fuerit homo, intrabit in manum ejus et perforabit eam. Is. xxx VI, 6. Qu'arrive-t-il fatalement ? Ce qui est arrivé à S. Pierre. Plein de confiance dans ses propres forces, il disait à Jésus : Seigneur, je suis prêt à aller avec vous, et en prison, et à la mort : Domine tecum paratus sum et in carcerem et in mortem ire. Luc xx11, 33, et quelques instants après, il reniait son maître à la voix d’une servante. Quiconque entreprend l’œuvre de son salut, en comptant trop sur lui-même, ne pourra

pas se soutenir. Il sera comme cet homme, dont parle Notre-Seigneur, lequel a commencé à bâtir et n'a pas pu achever : Quia zic homo cæpit œdificare et non potuit consummare, Lue x1v, 30.

L'âme dénuée du don de force devient nécessairement l’esclave de la crainte charnelle et mondaine, l'esclave de la lâcheté et de la pusillanimité. Dans ce triste état, elle a horreur de la peine et du sacrifice, elle n'ose # fronter aucun danger et ne peut rien endurer. La crainte de perdre quelque avantage terrestre suffit pour qu'elle renonce à ses devoirs religieux, et même, qu'elle s'enrôle parmi les ennemis de Jésus-Christ. Qu'est-ce done, si elle se voit menacée de persécutions, de supplices où de mort ? Pour éviter les mar:x du corps, elle est prête à sacrifier les biens de l’äme. Plutôt que de souffrir ici-bas des peines légères qui ne font que passer, elle préfère se jeter dans les tourments horribles de l'enfer, qui dureront éternellement.

Le don de force est surtout nécessaire aux personnes constituées en w'gnité et investies de l'autorité. Elles doivent user de cette autorité qu'elles ont reçue de Dieu pour promouvoir le bien, empêcher ou arrêter le mal. Tel est le devoir des parents vis-à-vis de leurs enfants, des maîtres vis-à-vis de leurs serviteurs, des supérieurs vis-à-vis de leurs sujets, des prêtres vis-à-vis des âmes dont ils ont : charge. Si le don de force leur manque, ils laisseron. : introduire de déplorables abus parmi ceux qu'ils avaient le devoir de surveiller et de reprendre ; le démon qui ne dort pas profitere de leur ccupable faiblesse ou insouciance pour semer l’ivraie, ie inal se développera,

les âmes se perdront. La faute et le châtiment retomberont sur ceux qui pouvaient empêcher un si grand malheur et qui ne l’auront point fait. Eternellement, ils en subiront les affreuses conséquences.

L'apôtre S. Paul savait combien le don de force est nécessaire au salut : c’est pour cela, qu'après avoir recommandé aux fidèles la patience, la douceur et l: chasteté, après avoir tracé à chacun ses devoirs d'état : aux époux, aux parents, aux enfants, aux maîtres et aux serviteurs, il leur donne le moyen d'accomplir tout ce qu’il leur demande, au nom du Bon Dieu : « Soyez remplis du Saint-Esprit », leur dit-il : Implemiu Spiritu Sancto. Eph. v, 18. Fortifiez-vous dans le Seigneur et dans la puissance de sa vertu. Revêtez-vous de l’armure de Dieu, afin que vous puissiez tenir contre les embûches du diable. Car nous n'avons point à lutter contre la chair et le sang, mais contre les princes et les puissances, contre les dominateurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits de malice répandus dans l'air. C’est pourquoi, prenez l'armure de Dieu, afin qu’au jour mauvais, vous puissiez résister, et, en toute chose, demeurer parfaits. Soyez donc fermes, ceignez vos reins de la vérité, et, revétant la cuirasse de la justice, et chaussant vos pieds de l'Évangile de la paix, armez-vous du bouclier de la foi, avec lequel vous puissiez éteindre tous les traits enflammés du malin esprit : Prenez aussi le casque du salut et le glaive de l'esprit, qui est la parole de Dieu.» Eph. vi, 10-17.

2° Après tout ce qui vient d’être dit, il est facile de comprendre la nécessité du don de force, au point de vue de la sanctification.

La condition essentielle jour se sanctifier, dit S. Bernard, c’est de le vouloir, c’est d’y tendre continuellement. La tendance continuelle à la perfection est déjà la perfection. Elle est cette faim et cette soif de la justice, auxquelles est promis le parfait rassasiement. Or, la faim et la soif de la justice se rapportent précisément au don de force, car la force, dit S. Thomas, réside dans les choses ardues. Quoi de plus ardu, ajoute-t-il, que de ne pas se contenter d'accomplir des actes de vertu, que l’on appelle communément œuvres de justice ; mais de les faire avec ce désir insatiable que dénotent la faim et la soif. !

L'âme dénuée du don de force, loin de sentir cette faim et cette soif pour la vertu, ne ressent bientôt plus pour elle que du dégoût et de l’aversion. Elle tombe, dit S. Antonin, dans un vice directement opposé à ce don du Saint-Esprit : la paresse spirituelle, qui la rend incapable d’aucun effort sérieux. Cette paresse spirituelle, observe S. Grégoire, donne naissance à la pusillanimité, qui fait que l’âme a horreur du sacrifice ; à la tiédeur qui la porte à omettre ses devoirs, ou à ne les remplir que très imparfaitement ; à la divagation de l'esprit, qui la tient continuellement distraite ; à l'instabilité du Cœur, qui lui enlève toute constance ; enfin, à un complet relâchement.

Comment allier de semblables dispositions avec la sainteté ?

O don de Force, que tu es nécessaire ! Sans toi, que sommes-nous, sinon des roseaux fragiles que le moindre souffle peut briser ?

O toi, qui communiques à de chétives créatures la force même de Dieu, viens en nous, et sauve-nous de la mollesse de ce siècie. Transforme notre cœur comme tu as transformé celui des apôtres et rends-le indomptable. Alors, nous ne craindrons plus rien, sinon le péché et ce qui peut nous y conduire. Alors, nous combattrons le bon combat ; et, soutenus par toi, nous vaincrons nos ennemis et ferons enfin la conquête du royaume des cieux.

$ III Admirables effets du don de force

Rien ne nous frappe davantage, dans l’histoire du peuple de Dieu, que les actions prodigieuses accomplies par Samson. Un jour, cet homme, suscité de Dieu, étruffe entre ses bras un lion furieux et il le met en pièces. Une autre fois, il rompt, comme un fil, sept grosses cordes qui le tenaient captif. Dans une autre circonstance, il s’élance au milieu des Philistins et en tue un millier avec une mâchoire d'âne. Enfermé dans la ville de Gaza, il en arrache les portes de fer avec leurs gonds pendant la nuit, et les transporte sur le sommet d’une montagne ; enfin il ébranle les colonnes du temple de Dagon et renverse l'édifice. D'où venait à Samson cette force extraordinaire ? De l'Esprit de Dieu qui s'emparait de lui : Zrruit super eum Spiritus Domini. Judic. x1v, 19. Si tels sont les effets de la force que le Saint-Esprit donne, quand il lui plaît, au corps d’un homme, combien plus admirables doivent être ceux qui résultent de la force

qu’il donne à une âme, quand il daigne la remplir de sa divine énergie ! Un seul mot les résume tous : l'héroisme : héroïsme dans Le combat, héroïsme dans l'action, héroïsme dans la souffrance. Ce triple héroïsme constitue la véritable sainteté.

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